•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Forêt Montmorency : la vétusté des installations au coeur du problème

La salle de fartage vu de l'extérieur.

Le bâtiment principal de la forêt Montmorency aura besoin de rénovations pour pouvoir rouvrir ses portes.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Si la fermeture au public de la forêt Montmorency est due à des coupes nécessaires aux travaux de recherche, cet hiver, ce n’est pas ce qui compromet l’avenir des activités récréotouristiques sur le site. La vétusté des infrastructures est plutôt montrée du doigt, un problème qui complique aussi les activités d’enseignement.

C’est là l’un des principaux constats tirés de la toute première assemblée générale annuelle de la forêt Montmorency, tenue mardi après-midi au pavillon Kruger de l’Université Laval.

Prenant la parole publiquement pour la première fois au sujet de la fermeture du site au public, la doyenne de la faculté de Foresterie, Nancy Gélinas, a rapidement senti le besoin de faire un mea culpa sur la manière dont l’annonce avait été faite à la population.

Au niveau des communications, on sait qu’on l’a échappé, a-t-elle admis à un parterre d’intervenants du monde du ski de fond, mais aussi de forestiers, de citoyens et d’étudiants de la Faculté.

Une piste fraichement tracée dans un décor enneigé.

Les sentiers de la forêt Montmorency seront fermés cette année.

Photo : Ski de fond forêt Montmorency

Parce que la grande majorité des pistes de ski de fond sont tracées sur des chemins forestiers sur lequel circulera de la machinerie jusqu’en janvier, la décision de fermer le site aux fondeurs était inévitable pour la saison 2022-2023, a expliqué l’aménagiste de la forêt Montmorency, Jean-François Lamarre.

Les coupes partielles dans le secteur, liées à la conservation, sont toutefois exceptionnelles. Ensuite, pour 25-30 ans, on va avoir la paix, rassure M. Lamarre.

Des installations vétustes

Pourquoi alors l’Université Laval est incapable de promettre une réouverture du centre de ski de fond la saison prochaine?

La doyenne Nancy Gélinas a confirmé mardi ce que l’Université n’avait pas voulu dire jusque-là. Le vétuste bâtiment d’accueil de la forêt Montmorency, principale option d’hébergement sur le site, ne peut plus être utilisé. La ventilation serait à blâmer.

Un des chalet de la forêt Montmorency, Le Boréal

La réfection des infrastructures d'hébergement est à l'ordre du jour à la forêt Montmorency.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

Sa réfection ou reconstruction est à l’ordre du jour, mais pour rénover de la bonne façon, la Faculté veut d’abord déterminer de quelle manière l'exploitation récréotouristique peut être rentable, relate Mme Gélinas. Un groupe de travail incluant des acteurs du milieu sera prochainement assemblé à ce sujet.

Il ne faut pas s’attendre à ce que le bâtiment soit rénové l’hiver prochain, mais une solution mitoyenne pourrait être trouvée pour les fondeurs. L’installation de roulottes, par exemple.

Les erreurs du passé

D’ici là, l’absence d’hébergement est également un obstacle pour ceux qui fréquentent le site dans un cadre scolaire. Une représentante du cégep Sainte-Foy et une étudiante de la faculté de Foresterie ont pris le micro pour exprimer leurs inquiétudes à ce sujet.

Dehors, elle tient une branche se sapin enneigée dans sa main

La directrice scientifique de la forêt Montmorency, Évelyne Thiffault

Photo : Radio-Canada / David Remillard

Directrice scientifique de la forêt Montmorency, Évelyne Thiffault reconnait que l’hébergement est essentiel à la mission première du site : la recherche et l'enseignement.

On ne peut pas faire le procès du passé. Il y a des investissements qui auraient dû être faits qui n’ont pas été faits [...]. On la connaît l’urgence. On la vit, énonce-t-elle.

Quel avenir pour la forêt Montmorency?

Directeur général de ski de fond Québec, Claude-Alexandre Carpentier demeurait perplexe à sa sortie de l’assemblée générale. On se demande encore pourquoi la décision a été si tardive et si abrupte. On aurait eu des solutions à proposer. Là, on comprend que c’est fini pour la saison 2022-2023.

M. Carpentier s'est toutefois dit optimiste au sujet de l’avenir de la forêt Montmorency, un site de ski de fond unique dans la province. Si le problème est la vétusté des installations, l’Université Laval va devoir le régler qu’il y ait des fondeurs ou non. Il me semble donc qu’elle devrait tout faire pour conserver la clientèle de fondeurs, diversifier ses activités et augmenter ses revenus.

Deux fondeurs skient sur une piste de pas de patin

Des fondeurs à la forêt Montmorency, l'hiver dernier

Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Le président de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, François Laliberté, a aussi livré un plaidoyer en faveur du retour de l'offre récréotouristique. Selon lui, les étudiants doivent apprendre l’aménagement multiressources.

Ce n’est plus juste produire du bois, c’est toutes les ressources qu’on aménage de manière à ce qu’elles aient une valeur pour la population.

Cette valeur de la forêt Montmorency pour les fondeurs, c’est justement ce qu’étaient venus verbaliser bien des gens à la direction de la faculté de Foresterie, mardi après-midi.

L’année prochaine, on se parlera et on trouvera des solutions, leur a notamment dit la doyenne Nancy Gélinas.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !