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Édifice contaminé de la GRC à Kemptville : peu de risques, conclut un nouveau rapport

Un édifice blanc avec plusieurs fenêtre sur un terrain légèrement enneigé

L’ancien Centre de formation à Kemptville a été utilisé entre 1988 et 2006. L’édifice a été démoli en 2007. (archives)

Photo : Gracieuseté

Un rapport commandé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur les dangers potentiels associés à son ancien Centre de formation à Kemptville conclut que les risques pour la santé sont faibles ou nuls.

Toutefois, la firme BluMetric Environmental d’Ottawa, qui a réalisé l’étude, note un manque de données quant au niveau d'exposition aux produits toxiques auquel les employés de la GRC auraient été soumis à l'époque.

Il n'est donc pas possible de confirmer avec une certitude totale si les maladies et les blessures pourraient être liées à des expositions et des conditions passées sur ce site, peut-on lire dans le rapport de BluMetric, dont Radio-Canada a obtenu copie.

sous-sol de l'ancien Centre de formation de la GRC à Kemptville couvert d'eau.

Le sous-sol de l'ancien Centre de formation de la GRC à Kemptville

Photo : GRC

La GRC a lancé un processus d'examen de l'ancien édifice en réaction à un reportage de Radio-Canada, publié il y a près de trois ans.

Ce reportage avait révélé la forte présence de nombreux produits toxiques dans l'ancien édifice que la GRC a occupé de 1988 à 2006.

L'enquête de Radio-Canada avait aussi permis d'identifier au moins six membres de la GRC qui sont morts prématurément de maladies neurologiques ou de cancers et qui avaient tous séjourné au Centre de Kemptville.

Escouade secrète

L'ancien bâtiment était surtout utilisé pour la formation des membres du groupe Spécial I, une escouade secrète de la GRC.

« La formation dispensée sur place était plus qu'une formation en classe : plus précisément, des opérations de formation secrètes (training ops) ont été effectuées sur ce site. »

— Une citation de  Extrait du rapport de BluMetric

Les activités de formation comprenaient : le perçage de trous dans les murs pour faciliter l'installation de microphones, de caméras et d'alarmes; l'entrée dans les espaces et cavités du plafond pour faire passer des câbles dans les murs.

Des personnes dont le visage est brouillé sont dans un couloir. L'un d'entre eux est sur un escabeau et tient des câbles sortant du plafond.

Au début des années 2000, des agents de la GRC au Centre de formation de la GRC font un exercice à l’intérieur de l’immeuble.

Photo : Gracieuseté

Le rapport reconnaît que le perçage et la découpe de ces matériaux de construction auraient entraîné une certaine exposition à l'amiante, au plomb et/ou à la silice cristalline.

La firme de consultants s’est référée à des rapports de 1988 à 2009 qui portaient notamment sur la présence d'une série de contaminants sur l'ancien site, comme l’amiante et la silice dans certains matériaux de construction, le plomb dans l’eau et la peinture, et les moisissures et les spores fongiques dans le bâtiment.

Mais selon le rapport, l'exposition à différents produits toxiques aurait été faible ou inexistante.

Cependant, la firme BluMetric explique qu'elle a dû estimer les expositions passées faute d'analyses sur les véritables niveaux d'expositions à ces contaminants par les membres de la GRC à l'époque.

Pour ce faire, BluMetric dit avoir eu recours à des études scientifiques effectuées sur des activités similaires.

Colère et déception

Je ressens un peu de colère et beaucoup de déception, a réagi un agent de la GRC que nous appelons Mike en raison de la nature sensible de son travail.

Un homme anonyme, de dos, devant le terrain de la GRC

« Mike » sur les lieux où se trouvait le Centre de formation de la GRC à Kemptville, Ontario. Il souffre de problèmes de santé et est très déçu du rapport BluMetric Environmental.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Mike, qui a passé plusieurs semaines à Kemptville et qui souffre d'importants troubles de santé, affirme que le rapport sous-estime le niveau d'exposition auquel les membres ont été soumis.

Nous avons été directement exposés à de l’amiante friable dans les plafonds, dit-il. Dans l’une de nos formations, on a appris à souffler sur la poussière d’amiante pour dissimuler l’empreinte de nos mains.

Nous avons percé de grands trous dans des blocs de ciment de la fondation qui contenait de la silice et nous n’avions aucun équipement de protection. Il manque du contexte au rapport, estime Mike.

En décembre 2021, la GRC avait annoncé qu’un rapport avait été produit par la firme de consultant, mais des révisions ont eu lieu et le rapport final a été remis à la GRC le 4 novembre 2022.

La GRC a envoyé ce rapport aux agents qui ont séjourné dans l’édifice de Kemptville et a invité les employés à consulter leur médecin s’ils avaient des problèmes de santé.

Brigitte Bureau

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