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La carte de statut d’Indien, une importante source de racisme, selon un rapport

Premier constat : le racisme est « quasi universel » à un moment ou à un autre pour ceux qui utilisent la carte.

Un homme, Maxwell Johnson, tient deux cartes de statut d'Indien.

Maxwell Johnson montre sa carte de statut d'Indien et celle de sa petite-fille qu'il a tenté d'utiliser pour ouvrir un compte bancaire.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms (CBC)

Une étude révèle qu'une forte proportion des détenteurs de carte de statut d'Indien subiront de la discrimination ou du racisme lorsqu'ils la présentent dans des commerces ou pour obtenir des services. Ses auteurs font 17 recommandations pour changer la donne.

L'étude a été commandée par l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique (UBCIC) après l'arrestation et la détention injustifiée de Maxwell Johnson et de sa petite-fille qui tentaient d'ouvrir un compte bancaire avec leur carte de statut d'Indien.

Elle a donné lieu à un rapport de 84 pages intitulé Ils soupirent ou vous jettent un regard désobligeant. La discrimination et l'usage de la carte de statut (Nouvelle fenêtre)(traduction libre de They Sigh or Give You the Look. Discrimination and Status Card Usage).

Pour en arriver à leurs conclusions, les auteurs ont fait un survol de la littérature et une analyse du contenu publié par les grands médias anglophones, mené un sondage publié sur le site de l'UBCIC, et dirigé une étude terrain faite par sept enquêteurs formés pour évaluer et enregistrer leurs interactions avec des commerçants et des points de services.

Six grands constats

Premier constat : le racisme est quasi universel à un moment ou à un autre pour ceux qui utilisent la carte.

Le sondage en ligne et les recherches terrain ont confirmé les diverses formes de discrimination lors de transactions, explique le rapport. Les commis sont impolis ou brusques, agissant comme si la carte de statut n'était pas une forme d'identification acceptable ou encore comme si c'était vraiment un inconvénient de l'accepter, note le rapport.

Deuxième constat : les incidents de racisme ont un impact psychologique et comportemental à long terme pour les détenteurs de cartes.

Les auteurs expliquent que certains détenteurs de carte adoptent des comportements pour se protéger quand ils utilisent la carte : se préparer mentalement, être très courtois, modifier sa façon de s'exprimer, cacher son identité ou se faire accompagner, par exemple.

Une caissière pendant un achat.

Le rapport dénonce le manque d'information et de formation du personnel des commerces.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Troisième constat : les cas de racisme ont un impact plus prononcé pour les personnes LGBTQ2+ et les jeunes. Ces personnes vivent les effets cumulés de l'oppression en raison de l'appartenance ethnique, du genre et/ou de l'identité sexuelle, souligne le rapport.

Quatrième constat : la perception des détenteurs de carte de statut d'Indien est que le gouvernement du Canada se décharge de sa responsabilité de créer un environnement permettant aux détenteurs d'utiliser leur carte de statut à l'abri d'incidents racistes et discriminatoires.

« Les entreprises avaient une connaissance limitée de la carte de statut et [...] leur personnel n'était pas adéquatement formé ou instruit au sujet de son usage et de ses applications [...] Il revenait donc aux détenteurs de la carte d'informer les autres à ce sujet. »

— Une citation de  extrait de l'étude

Cinquième constat : les articles médiatiques touchant les cartes de statut d'Indien ouvrent la porte aux commentaires anti-Autochtones dans les médias sociaux.

Ce secteur perpétue les stéréotypes nuisibles, en particulier ceux en lien avec l'utilisation et l'exploitation de cartes contrefaites et la fausse idée qu'elle donne accès à des "biens gratuits", soulignent les auteurs du rapport.

Le rapport dénonce, entre autres, la pauvre qualité ou l'absence de modération des commentaires qui suivent la publication des articles en ligne.

Sixième et dernier constat : le problème est connu, mais pas très étudié. Les auteurs notent que les études utilisent les incidents concernant l'utilisation de la carte de statut comme exemple quand ils s'intéressent au racisme anti-Autochtones, mais que seulement quelques-unes se sont intéressées à ce que vivaient les détenteurs qui en font usage.

Ce manque de données spécifiques fait obstacle à la conception et la mise en oeuvre de mesures d'amélioration, affirme le rapport.

17 recommandations en tout

Les auteurs font 8 recommandations devant mener à l'établissement de normes de base par le gouvernement fédéral.

Le gouvernement fédéral peut démontrer son leadership en adoptant des améliorations pour les détenteurs de cartes, que ce soit des améliorations au processus d'obtention de la carte ou à l'organisation et la distribution des informations au sujet de son utilisation auprès du public, des commerçants et des pourvoyeurs de services, affirme le rapport.

Les auteurs font également 9 recommandations pour améliorer la formation des commerçants et des fournisseurs de service, pour améliorer la qualité de la couverture médiatique et pour assurer un suivi des améliorations apportées.

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