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Un nouveau jeu de table pour sensibiliser les jeunes à la colonisation

Des adultes essaient un jeu de table.

Le jeu de table de M. Corbiere vise à sensibiliser les jeunes aux conséquences de la colonisation pour les peuples autochtones.

Photo : Avec l'autorisation de James Darin Corbiere

Radio-Canada

Un artiste et enseignant originaire de la Première Nation de Wiikwemkoong, dans le Nord de l’Ontario, espère sensibiliser les élèves du secondaire à la colonisation à l’aide d’un jeu de table. Le créateur de The Truth in Truth & Reconciliation, James Darin Corbiere, tente d’amasser les fonds nécessaires pour produire des milliers d'exemplaires, qu’il distribuerait gratuitement.

M. Corbiere, qui habite aujourd’hui en Colombie-Britannique, a eu l’idée de ce jeu alors qu’il était enseignant au secondaire à Sault-Sainte-Marie.

Mon objectif était d’éduquer, partage-t-il.

Le jeu met en vedette une carte qui représente l’île de la Tortue. Le jeu compte 10 personnages autochtones, de même que l’Église et la Couronne.

Ces personnages commencent le jeu avec un certain nombre de cartes de devises, ou ressources, qui se classent dans quatre catégories : la culture, la langue, les terres et l’identité.

Durant le jeu, il faut piger des cartes-questionnaires sur l’histoire autochtone, qui contiennent de possibles conséquences pour le joueur qui les pige. Celles-ci servent notamment à faire perdre des cartes de ressources.

Portrait de James Darin Corbier.

L'enseignant et artiste James Darin Corbiere.

Photo : Avec l'autorisation de James Darin Corbiere

L’Église et la Couronne ont pour but de priver le joueur autochtone de ces devises. Ce dernier doit pour sa part récolter quatre plumes d’aigle avant qu’il ne lui reste plus de cartes, explique M. Corbiere.

Si les quatre plumes sont récoltées, les joueurs sont des survivants. En cas d’échec, ils perdent et disparaissent.

J'espère que si les gens ressentent quelque chose en jouant, ce sera de la compassion. Et peut-être qu'ils comprendront mieux les conditions dans lesquelles les peuples autochtones ont vécu.

Une brève collaboration

Le prototype du jeu de table – fabriqué à la main à l’aide de marqueurs et de carton – a été conçu lors d’une longue fin de semaine en 2017. M. Corbiere s’en servait surtout pour aider ses élèves du secondaire à étudier pour leur examen.

Plus tard la même année, il a assisté à une conférence sur l’éducation à London, dans le Sud de l’Ontario, où il a choisi de présenter son idée.

C’est là qu’il a rencontré un représentant de Nelson Education, une compagnie qui se spécialise dans la publication de ressources éducatives.

L'ébauche d'un jeu de table en papier et en carton.

James Darin Corbiere a lui-même conçu la première version du jeu table.

Photo : Avec l'autorisation de James Darin Corbiere

Ils ont travaillé ensemble dans l’espoir d’offrir le jeu dans les salles de classe, mais la collaboration entre Nelson et l’enseignant a pris fin après quelque temps en raison d’un désaccord.

L’Église et la Couronne reçoivent des cartes de honte comme conséquence, indique M. Corbiere. Je tenais à ce qu’elles demeurent dans le jeu.

La directrice des communications de Nelson, Colleen Aguilar, affirme que la compagnie a collaboré avec l’enseignant, mais qu’il n’y a jamais eu d’entente formelle.

Nelson a reçu une grande variété de commentaires dans le cadre de son étude de marché, notamment au sujet du nom des cartes de honte. Nelson a fourni des suggestions à M. Corbiere pour l’encourager à continuer de développer ce concept, a-t-elle dit dans un courriel.

Malgré cela, M. Corbiere ne se laisse pas décourager.

En publiant le jeu de façon indépendante, il espère que ceux et celles qui l’essaieront en apprendront davantage sur l’histoire autochtone et la verront ainsi de façon différente.

Avec les informations de Sarah MacMillan de CBC

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