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Vedettes espionnées : les victimes resteront anonymes

Pascal Desgagnés.

Pascal Desgagnés aurait eu accès au contenu de plusieurs cellulaires, dont ceux de certaines vedettes.

Photo : Radio-Canada

Les médias ne pourront identifier les personnes dont Pascal Desgagnés aurait infiltré les téléphones cellulaires, en plus d’avoir un accès limité à la preuve.

Le procès de l’informaticien de Québec qui aurait agi par « défi personnel » s’est ouvert lundi au palais de justice de Québec.

L’homme de 48 ans aurait espionné des centaines de personnes, dont des personnalités publiques, en accédant au contenu de leur téléphone cellulaire.

La poursuite qui entend faire témoigner une vingtaine de victimes a demandé et obtenu une ordonnance de non-publication sur leur identité, pour protéger leur vie privée.

Pour la même raison, la juge Rachel Gagnon a également accueilli la requête du DPCP pour limiter l’accès aux pièces déposées en preuve.

Plaignante connue

L'enquête a été menée par la police de Longueuil puisque la première plainte est venue d'une résidante de cette ville, en mai 2018.

Le sergent détective Sébastien Boudreau a rencontré la plaignante qui éprouvait des difficultés avec ses réseaux sociaux depuis plusieurs mois.

Elle me rapporte avoir des problèmes de connexion, a expliqué l’enquêteur Boudreau.

Une femme utilise un téléphone devant un clavier d'ordinateur portable.

La plaignante avait des difficultés à se connecter à ses différents réseaux sociaux

Photo : Getty Images / vorDa

Cette personnalité publique a par la suite fourni la liste des adresses IP qui s'étaient connectées à son compte Facebook.

Dans cette liste, deux adresses IP ne lui appartenant pas éveillent des soupçons.

L'une d'elles a conduit l'enquêteur Boudreau à la résidence de Pascal Desgagnés, à Québec.

L'autre adresse IP menait à un hôtel de Montréal où Desgagnés a séjourné au moment où un accès suspect au compte Facebook de la victime a été découvert.

Forte de ces informations, la police a pu perquisitionner la résidence de Desgagnés, où du matériel informatique a été saisi.

Selon la police, l'analyse du matériel informatique a permis de constater que le suspect avait un accès, complet ou partiel, aux données de centaines de personnes.

« Amusement » et « défi personnel »

Après le passage des policiers, Desgagnés a transmis un courriel à l'enquêteur principal.

Mes actions ont été réalisées uniquement dans un contexte d’amusement et de défi personnel, écrit Desgagnés dans sa déclaration, tout en s’excusant auprès de la victime.

Pascal Desgagnés à sa sortie du palais de justice de Québec

Pascal Desgagnés à la sortie du palais de justice de Québec, après sa comparution en décembre 2019.

Photo : Radio-Canada

L'informaticien a d'ailleurs annoncé au début du procès qu'il reconnaissait sa culpabilité à une des sept accusations.

Il a admis avoir obtenu frauduleusement des services d'ordinateurs, en mars 2018.

Selon l'acte d'accusation, il aurait commis cette infraction sur une période beaucoup plus longue, soit de décembre 2013 à janvier 2019.

Malgré l'admission de Desgagnés, la poursuite entend quand même démontrer, durant le procès, que Desgagnés a commis l’infraction durant plus de cinq ans.

L'informaticien est aussi accusé des méfaits à l'égard de données informatiques, de vols d'identité et d’avoir eu en sa possession des renseignements identificateurs.

Sans avocat

Se défendant seul, Pascal Desgagnés s’est opposé à certaines questions, soulevant que l’enquêteur n’avait pas les connaissances informatiques pour y répondre.

La juge a rejeté ses objections, estimant que le témoin expliquait la technique d’enquête.

L'accusé a été arrêté en décembre 2019, alors qu'il arrivait chez Revenu Québec où il fournissait des services informatiques.

Desgagnés, qui est en liberté pendant le processus judiciaire, doit respecter certaines conditions.

Par exemple, son utilisation d'appareils électroniques est surveillée et il a un accès limité à Internet.

En plus de certaines victimes, le DPCP a prévu les témoignages de deux experts en informatique, au cours du procès qui doit durer 20 jours.

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