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Un programme de langues à Brandon pour des survivants de la rafle des années 60

Julia Brandon utilise des marionnettes dans le cadre de ses ateliers de langue anishinabe à Brandon, au Manitoba.

Julia Brandon utilise des marionnettes dans le cadre de ses ateliers de langue anishinabe à Brandon, au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Radio-Canada

À Brandon, la deuxième plus grande ville du Manitoba, des survivants de la rafle des années 60 participent à un programme d’apprentissage de langues autochtones afin de renforcer leur identité.

Le programme Reclaim and Reconnect est une initiative du Brandon Friendship Centre, une extension de son programme de guérison familiale pour les survivants de la rafle des années 60.

L’anishinabe, le cri, le dakota et le michif sont les langues inscrites dans le cadre de cette formation offerte chaque semaine jusqu'à la fin du mois de juin.

Julia Brandon enseigne la langue anishinabe à des enfants.

Julia Brandon enseigne la langue anishinabe à des enfants.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Selon l’enseignante d’anishinabe et membre de la Première Nation Waywayseecappo, Julia Brandon, plusieurs personnes hésitent à parler leur langue après le traumatisme des pensionnats et de la rafle des années 60.

C'est triste pour moi de savoir que notre peuple ne veut pas apprendre la langue ou qu'il ne veut tout simplement pas utiliser sa […] langue donnée par le créateur, donnée par Dieu, à cause des systèmes, a-t-elle dit.

Pendant la rafle des années 60, des milliers d'enfants autochtones ont été retirés de leur foyer et placés dans des familles non autochtones.

Julia Brandon tient des cartes de prononciation en langue anishinabe lors d’un atelier le 10 novembre 2022.

Julia Brandon tient des cartes de prononciation en langue anishinabe lors d’un atelier le 10 novembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Julia Brandon est, elle-même, une survivante du système. Elle a appris l'anishinabe dans son enfance, mais a perdu la langue pendant de nombreuses années après avoir été placée dans un pensionnat et à l'orphelinat Maples de Brandon.

Elle est retournée dans sa communauté en 1994 et a recommencé à apprendre sa langue auprès des aînés, explique-t-elle.

J'étais simplement attirée par eux parce qu'ils parlaient la langue [...] [que] je voulais trouver moi-même.

Les élèves Rae Merasty (à gauche) et Rachelle Wilk (à droite), assemblent une offrande de tabac pour l’Aginjibagwesi, un Roselin doré qui aide avec l’apprentissage des langues.

Les élèves Rae Merasty (à gauche) et Rachelle Wilk (à droite), assemblent une offrande de tabac pour l’Aginjibagwesi, un Roselin doré qui aide avec l’apprentissage des langues.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Au fil des années, elle a repris la confiance qu’elle a perdue pour parler sa langue. Aujourd’hui elle l’enseigne aux autres.

Sa classe est un endroit sûr, sans jugement, où les gens sont liés par l'objectif commun de renforcer leur langue, dit-elle.

Il s'agit aussi d'une occasion de valoriser l'anishinabe, chose rare dans une société dominée par l'anglais, dit Mme Brandon.

Une étudiante prend des notes en cri lors des ateliers.

Une étudiante prend des notes en cri lors des ateliers.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Reconquérir son identité

Diana Morrisseau en plein atelier cri, lors d’un cours présenté le 9 novembre 2022.

Diana Morrisseau en plein atelier cri, lors d’un cours présenté le 9 novembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Selon l’enseignante de langue crie, Diana Morrisseau qui participe au programme, il faut redonner vie à ce qui est caché chez les apprenants.

Les gens disent qu'ils ont perdu la langue. Pour moi, elle n'est pas perdue. Elle s'est endormie , a déclaré Mme Morrisseau originaire de la nation crie de Mosakahiken, près de The Pas, dans le nord-ouest du Manitoba.

Son objectif est de créer un environnement d'apprentissage détendu loin d'un modèle colonial, dit-elle.

"En la [la langue] décolonisant, on obtient une expérience plus humaine de la langue. Vous conversez avec les gens et vous établissez des liens."

Former des relais

Des cartes de bingo en langue anishinabe utilisées dans le cadre des ateliers.

Des cartes de bingo en langue anishinabe utilisées dans le cadre des ateliers.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Diana Morrisseau croit que lorsque les gens développent leurs compétences linguistiques, ils peuvent devenir des enseignants dans leur communauté et faire partie de ce qu'elle appelle un mouvement de revitalisation de la langue.

Ils prennent des initiatives […] en promouvant et en essayant de revitaliser des langues qui ont été perdues.

La coordinatrice du programme Reclaim and Reconnect, Julia Stoneman, indique qu’il est nécessaire d’inclure les générations à venir dans les enseignements linguistiques.

Amaya Cook, 3 ans, avec sa mère, Rebecca Brandon, lors d’un cours de langue anishinabe.

Amaya Cook, 3 ans, avec sa mère, Rebecca Brandon, lors d’un cours de langue anishinabe.

Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp

Les enfants sont ceux qui vont apprendre et poursuivre ce processus, dit-elle

Nous voulons nous assurer que nous brisons les cycles dès le début , ajoute-t-elle. Ils ont l'occasion de voir leurs aînés et leur famille guérir et se rassembler.

Selon elle, il est important que tout le monde se mette ensemble pour reconquérir la communauté et les modes d’apprentissages autochtones.

Avec les informations de Chelsea Kemp

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