•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’histoire oubliée des infirmières de la Première Guerre mondiale

Une photo de Jesse Brown Jaggard et ses papiers.

Pour ce projet, les élèves se sont plongés dans des documents d'archives afin de découvrir la vie des infirmières pendant la Première Guerre mondiale. Les documents d'attestation de Jesse Brown Jaggard (qu'elle a signés au moment de s'enrôler) ont fourni des indices sur sa vie à l'hôpital stationnaire canadien sur l'île grecque de Lemnos. (Bibliothèque et Archives Canada)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Au plus fort de la Première Guerre mondiale, des milliers de jeunes femmes canadiennes se sont rendues au front pour soigner les soldats blessés. Bien que les infirmières militaires, comme on les appelait, aient bravé des conditions difficiles et aient été exposées aux mêmes horreurs de la guerre que les soldats, les leçons d'histoire ont largement laissé de côté leur contribution.

Un projet de l'école secondaire Glebe Collegiate d'Ottawa vise à corriger cette mise à l’écart de l’histoire.

Dans le cadre du projet True North, des élèves de 10e année de cette école secondaire découvrent l'histoire de ces infirmières militaires, notamment celle de Jessie Brown Jaggard, de la Nouvelle-Écosse, qui était en poste sur l'île grecque de Lemnos.

Son histoire est vraiment belle. Je ne sais pas si quelqu'un sait ce qu'elle a fait, s’interroge Isabelle Medcof, 15 ans.

Sa camarade Maggie Wightman, 14 ans, s'est penchée sur les documents d'attestation et sur les journaux intimes de Mme Jaggard pour découvrir la vie des soldats dans des conditions insalubres et la construction d'un hôpital de fortune de 500 lits.

Les infirmières ont vraiment donné le meilleur d'elles-mêmes aux soldats, a déclaré Mme Medcof, choquée d'apprendre que les nuées de mouches et de puces obligeaient les infirmières à travailler en équipes de deux pour changer les bandages : l’une pour soigner les blessures, l'autre pour éloigner les insectes.

Mme Jaggard est morte de dysenterie alors qu'elle soignait des soldats sur le front en 1915.

« Je n'ai jamais cessé de me demander ce qui se serait passé si j'étais née à cette époque. Ils ne savaient pas vraiment dans quoi ils s'engageaient. »

— Une citation de  Maggie Wightman, 14 ans

Les gardiens de la mémoire

Pour Jessica McIntyre, enseignante, ce projet aide les élèves non seulement à comprendre pourquoi les infirmières se portent volontaires au risque de leur vie mais aussi à faire revivre cette période de l'histoire.

Cela fait des élèves les gardiens d'une certaine mémoire, explique Mme McIntyre. Ils ouvrent un dossier et ils apprennent à connaître la grand-mère de quelqu'un, la tante de quelqu'un, la sœur de quelqu'un. Ils apprennent aussi où elles se sont engagées.

Deux jeunes filles dans une classe.

De gauche à droite : Isabelle Medcof, 15 ans, et Maggie Wightman, 14 ans, disent qu'elles ont été choquées d'apprendre les conditions de vie de Jesse Jaggard lorsqu'elle était infirmière en Grèce pendant la Première Guerre mondiale.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

L'année dernière, la classe de la professeure McIntyre a étudié le seul bataillon canadien entièrement noir de la Première Guerre mondiale. Le bataillon de construction no 2 a servi dans les forêts du sud-est de la France, abattant des arbres et les transportant vers les usines et vers les gares ferroviaires.

Bien qu'ils n'aient pas participé aux combats, ces soldats étaient considérés comme un soutien essentiel à l'effort de guerre. Pour Mme McIntyre, il est important de se souvenir de tous ceux qui ont contribué. Nous ne voulons surtout pas minimiser l'importance des soldats sur le front, mais nous commençons à nous demander qui les a soutenus, a-t-elle déclaré.

Les élèves détectives

Benjamin Broom et Xander Slavitch, tous deux âgés de 15 ans, ont l'impression d'être des avocats qui travaillent sur une affaire dans un film lorsqu'ils dépoussièrent des dizaines de documents médicaux originaux sur l'infirmière Fanny Pugh.

« Parce qu'on parle davantage des soldats, elles sont beaucoup moins connues. Nous ne savions pas à quoi nous attendre en faisant des recherches sur les infirmières. C'est un territoire totalement inexploré. »

— Une citation de  Xander Slavitch, 15 ans

Les élèves ont été frappés par la persévérance de Mme Pugh sur le front même après qu'elle eut subi une appendicectomie d'urgence à Lemnos. Ils ont déclaré que son histoire avait changé leur façon de voir la Première Guerre mondiale.

Dans le cadre du projet True North, les expériences des infirmières seront ajoutées à une base de données. Mais ces élèves affirment que l'histoire de Fanny Pugh restera gravée dans leur mémoire.

Personnellement, elle restera dans ma tête, jure Benjamin en soulevant des questions plus vastes sur les autres voix qui manquent dans son livre d'histoire.

Au-delà des soldats et des infirmières, y a-t-il d'autres perspectives que nous pourrions examiner? Il doit y en avoir d'autres, conclut Xander.

Avec les informations d'Ash Abraham, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...