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Jimi Hendrix ressuscite dans un album pour ses 80 ans

Jimmy Hendrix chante et joue de la guitare sur scène, sur une photo d'archives datant de 1969.

Un concert de Jimi Hendrix a été enregistré au Forum de Los Angeles le 26 avril 1969.

Photo : Gracieuseté

Un des plus grands guitaristes du 20e siècle aurait eu 80 ans le 27 novembre prochain. Jimi Hendrix (1942-1970) est mort au sommet de sa gloire à l'âge de 27 ans, mais sa mémoire et son œuvre demeurent toujours aussi vivantes, comme en témoigne la sortie, la semaine prochaine, de l’enregistrement devant public d’un concert légendaire. Et c'est en partie grâce à Eddie Kramer, son ingénieur de son et gardien du feu sacré.

Au bout du fil, Eddie Kramer est convaincu que le meilleur de Jimi Hendrix était à venir parce qu'il ne cessait de pousser la note encore plus loin. À quelques jours de ce qui aurait été le 80e anniversaire de son ami, une certaine tristesse habite l'ingénieur de son, mais il se console en se disant qu'encore aujourd'hui on écoute la musique du maître de la Fender Stratocaster.

Je me sens privilégié d'avoir travaillé avec lui pendant quatre ans. Nous partageons la même année de naissance. Je suis né en avril, il est né en novembre 1942. Mais il est vivant, sa musique n'arrête jamais, nous dit Eddie Kramer.

Le génie de Jimi Hendrix résidait dans sa capacité à inventer de nouveaux sons et à sortir des sentiers battus, concert après concert. Ça s'entend bien sur les enregistrements inédits que l'ingénieur de son ressuscite au compte-gouttes.

Après l'album Live at Maui, enregistré en concert en 1970 et sorti en 2020, voici donc le disque Jimi Hendrix Experience Los Angeles Forum: April 26, 1969, qui sera lancé à l’occasion du 80e anniversaire de naissance de la légende.

Ce concert est particulièrement bon et il était dans les voûtes depuis un bon moment déjà. Lorsque je l'ai écouté, j'ai senti qu'on avait quelque chose de vraiment spécial, même si tout a été enregistré sur sept pistes, explique Eddie Kramer.

Jimi Hendrix communique vraiment bien avec le public, il fait même des blagues à propos de la forte présence policière à ce spectacle. Les gens étaient aussi craintifs parce qu'il y avait eu un tremblement de terre à Los Angeles et Jimi calmait tout le monde.

15 minutes de musique instrumentale pour commencer

Enregistré le 26 avril 1969 au Forum de Los Angeles, le concert débute avec l'interprétation d'une quinzaine de minutes de Tax Free, une pièce d'un duo suédois de jazz instrumental. Un pari inusité, mais tellement à l'image de Jimi Hendrix, qui était d'une éternelle jeunesse.

Qui à part lui commencerait un concert avec une pièce instrumentale de 15 minutes? C'est incroyablement bien joué, il y a là-dessus le rêve de tout guitariste au niveau de la technique de jeu. Après ça, il y a une version incroyable de Red House. J'entends des choses que je n'avais jamais entendues.

Pendant ce concert avec Mitch Mitchell à la batterie et Noel Redding à la basse, Hendrix s'est aussi attaqué à ses classiques Foxey Lady et Purple Haze. On y entend aussi une mouture électrifiée de l'hymne national américain The Star-Spangled Banner, quatre mois avant celle qu’il jouera au Festival de Woodstock en août 1969.

C'est une bonne version qui annonce la mythique interprétation à Woodstock, dit Eddie Kramer.

Les temps changent. Les billets pour ce fameux concert au Forum de Los Angeles se vendaient à l'époque 6,50 $... bien loin des quelque 300 dollars exigés aujourd'hui pour voir un spectacle de rock dans un aréna. Qu'en aurait pensé Jimi Hendrix aujourd'hui? Selon Eddie Kramer, il aurait été choqué de voir de tels prix.

Il aurait dit "Si un idiot veut payer 500 $, laissez-le faire." Mais il aurait dit aux agents : "Sortez d'ici et nous allons vendre les billets à 50 $ ou à un autre prix raisonnable."

Des albums originaux remixés?

Jimi Hendrix avait construit son propre studio, l'Electric Lady, dans Greenwich Village, à New York, quelques mois avant sa mort. Il aimait travailler avec le meilleur son possible. À l'époque, les audiophiles devaient débourser un montant exorbitant pour avoir une chaîne stéréo haute-fidélité et obtenir ainsi le meilleur des enregistrements.

Aujourd'hui, grâce aux nouvelles technologies, les vieux enregistrements sonnent très bien même avec une chaîne stéréo de moyenne gamme. Nous avons pris les rubans d'il y a 50 ans pour les combiner à l'analogique et au numérique, raconte Kramer. En plus du stéréo, il y a une version en Dolby Atmos. Ça sonne encore mieux et nous donne une nouvelle approche avec le son.

Un homme tient un micro dans sa main, attablé devant un ordinateur portable.

Eddie Kramer lors du NAMM Show, un salon professionnel de l’industrie musicale en Californie, en janvier 2019

Photo : getty images for namm / Jesse Grant

Une œuvre artistique demeure vivante tant et aussi longtemps qu'elle est vue ou entendue. En cette époque de musique en continu et de réalité virtuelle, le fantôme de Jimi Hendrix et ses notes stridentes – gracieuseté de ses pédales – nous hantent toujours.

Depuis la sortie en 2018 de l'album d'inédits Both Sides of the Sky, les personnes qui gèrent la succession de Jimi Hendrix sortent surtout des archives des enregistrements en concert.

Est-ce que du nouveau matériel en studio pourrait voir le jour? Eddie Kramer devient alors peu bavard. C'est une excellente question. Je ne peux rien dire, mais attendez, il va y avoir du bon matériel, prévient-il

Imaginez si les albums originaux étaient remixés en Dolby Atmos. Si Hendrix était vivant aujourd'hui, il me dirait : "Kramer, amène ton cul dans le studio et fais du mixage en Dolby Atmos pour moi!"

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