•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Entraînement des cyberathlètes : « on n’est pas toujours sur nos chaises à ne rien faire »

Un cyberathlète fait une partie du jeu Rocket League.

Pour exceller dans les jeux vidéos, les cyberathlètes tentent eux aussi d'avoir un esprit sain dans un corps sain.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Sy

Il est assez facile de s'imaginer le genre d'exercices que font les athlètes de sports traditionnels, comme le hockey, le soccer ou le basketball, pour s'améliorer. Mais qu'en est-il des cyberathlètes? Au risque d'en surprendre certains, ils ont eux aussi besoin d'entraînements physiques réguliers afin d'exceller au plus haut niveau.

Pour une deuxième année, les Griffons du Cégep de l’Outaouais compétitionnent dans la Ligue Collégiale de sports électroniques (LCSE) dans le jeu Rocket League, une sorte de partie de soccer virtuelle avec un ballon géant dans laquelle les joueurs sont remplacés par des voitures.

Un mardi sur deux, les étudiants en question se regroupent pour un entraînement dans un gymnase, où ils enchaînent plusieurs exercices visant à améliorer leur posture, leur coordination et leurs réflexes.

Maxime Tanguay pose pour la caméra.

Sous la supervision de Maxime Tanguay, les cyberathlètes se prêtent à un entraînement fait sur mesures pour leur discipline.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Je pense que la priorité est de faire en sorte que les étudiants-athlètes développent une endurance musculaire au niveau des muscles posturaux, mais aussi des éléments rattachés à la prise de décision, précise Maxime Tanguay, leur préparateur physique.

« On s’est dit que nos athlètes de sports électroniques doivent aussi avoir de saines habitudes de vie et exercer un équilibre dans leur sport, leur vie sociale, leurs études, leur travail et toutes les autres choses qu’un étudiant de 17 à 22 ans peut faire. »

— Une citation de  Alexandra Roy, conseillère à la vie étudiante au Cégep de l'Outaouais

Aux dires des cyberathlètes des Griffons, ils sont déjà en mesure de constater les bénéfices de cette démarche lorsqu'ils analysent leurs performances dans le jeu depuis le début des entraînements physiques.

C’est sûr que certains exercices sont plus utiles que d’autres. Les affaires pour les réflexes, c’est vraiment le fun et ça l’aide à mieux réagir dans le jeu, devenir plus vite et devenir meilleur, estime Médéric Durand, un étudiant en Sciences de la nature.

Médéric Durand pose pour la caméra devant son ordinateur.

Médéric Durand représente les Griffons dans des matchs du jeu Rocket League organisés par la Ligue Collégiale de sports électroniques (LCSE).

Photo : Radio-Canada / Ismaël Sy

On voit des différences. Par exemple, il y a des balles dans le jeu qui arrivent plus vite que d’autres et ce qu’on fait en ce moment ici, ça aide, c’est sûr que ça aide, renchérit Philippe Thomann, l'un de ses coéquipiers qui étudie en Soins infirmiers.

Il est assez facile de s'imaginer le genre d'exercices que font les joueurs de sports traditionnels comme le hockey, le soccer ou le basketball pour s'améliorer. Mais qu'en est-il des cyberathlètes? Au risque d'en surprendre certains, ils ont eux aussi besoin d'entraînements physiques réguliers afin d'exceller au plus haut niveau, comme nous le dit Ismaël Sy.

De la théorie à la pratique

Évidemment, les équipes s’entraînent également à Rocket League. Une séance virtuelle de trois heures avec leur entraîneur est à l’horaire chaque lundi et les matchs de la ligue ont lieu les mercredis soir.

C'est un jeu d'équipe, alors il faut aussi apprendre à communiquer entre les joueurs, insiste Marc-André Michaud, un entraîneur du jeu Rocket League à l'Académie Esports du Canada qui est chargé d'encadrer les équipes des Griffons.

J’adore ça. On travaille en équipe, toujours avec les mêmes joueurs. On s’améliore et on devient plus fort, confie Philippe Thomann.

Lors de ces pratiques, les cyberathlètes analysent les enregistrements de leurs parties récentes afin de décortiquer leur performance, comme le font les athlètes de haut niveau dans les sports traditionnels.

En ce moment, on a une équipe de 13 joueurs, séparés en trois sous-équipes. Elles sont présentement formées de garçons, mais le Esports est une discipline mixte, donc on pourrait avoir des filles qui s’ajoutent à ça, explique Alexandra Roy, la conseillère à la vie étudiante.

Alexandra Roy pose pour la caméra.

À travers ses tâches de conseillère à la vie étudiante au Cégep de l'Outaouais, Alexandra Roy supervise également le programme de sports électroniques.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Les étudiants jouent ensemble depuis leur domicile pour l’instant, mais le Cégep de l’Outaouais compte leur offrir un local dédié d’ici le mois de janvier. C'est que l'établissement recevra prochainement une livraison de nouveaux ordinateurs pour offrir une cure de jouvence au laboratoire informatique utilisé par les étudiants en Technique d'intégration multimédias.

On attend nos nouvelles machines. Ce sera vraiment un partage entre le programme et les Griffons pour permettre aux étudiants de pratiquer ensemble dans le Cégep, précise Mme Roy.

Déconstruire les stéréotypes

Paresseux, inactifs, asociaux… Voilà plusieurs fausses conceptions souvent étiquetées aux amateurs de jeux vidéo. Avec un encadrement plutôt similaire à celui offert aux équipes de sports traditionnels, les cyberathlètes des Griffons se tiennent bien loin des stéréotypes auxquels ils peuvent parfois être injustement associés.

C’est un peu gratuit comme stéréotype. On bouge, on s’échauffe et moi, je m’entraîne à l’extérieur aussi, souligne Philippe Thomann.

« Tout le monde est athlétique, tout le monde est capable de bouger. On n’est pas toujours sur nos chaises à ne rien faire, on a tous des vies à l’extérieur. »

— Une citation de  Médéric Durand, membre du programme de sports électroniques des Griffons

Pour que les cyberathlètes aient un esprit sain dans un corps sain, des précautions sont également prises pour que les étudiants ne développent pas une dépendance à leur jeu vidéo favori.

Si on n'encadre pas un jeune et qu'il fait juste jouer, c'est sûr que c'est néfaste. On essaie de mettre des 15 minutes de pause par heure de jeu, élabore l'entraîneur de Rocket League des Griffons.

Capture d'écran du jeu Rocket League, où des voitures jouent au soccer.

Des tournois officiels de Rocket League ont lieu depuis 2016 (archives).

Photo : Psyonix

Avec de telles mesures en place, ceux qui militent pour faire grandir les sports électroniques au pays espèrent rassurer les parents qui auraient des réticences à laisser leurs enfants intégrer un programme de Esports.

On voit d'année en année que l'intérêt au Québec est vraiment important, mais c'est sûr qu'il y a encore du travail à faire, reconnaît M. Michaud.

Le Cégep de l'Outaouais n'échappe pas à cette tendance. Il y a notamment une forte demande pour la création d’équipes du jeu League of Legends au sein de la population étudiante. Ainsi, le programme de Esports des Griffons pourrait s’agrandir dès l’an prochain – signe que les sports électroniques semblent être là pour rester.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !