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Envoyé spécial

Licenciements à Meta : des Québécois poussent un soupir de soulagement

Le logo de Meta, la compagnie qui est propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, devant son siège sociale à Menlo Park en Californie.

Meta a annoncé cette semaine le licenciement de 13 % de ses effectifs. C'est le plus grand licenciement dans le secteur des technologies aux États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Tony Avelar

Des employés québécois qui travaillent pour Meta, la maison mère de Facebook, ont vécu la première vague de compressions de l’histoire de l’entreprise avec beaucoup d’angoisse et plusieurs poussent aujourd’hui un soupir de soulagement.

J’ai survécu finalement, mais ce n’est pas vrai pour tout le monde dans mon équipe et mon département. Journée morose, a dit Christian (nom fictif), lors d’un échange avec Radio-Canada.

Un autre employé qui a requis l’anonymat a aussi été épargné par le couperet, mais il a avoué avoir ressenti beaucoup d’inquiétudes, tout comme plusieurs de ses coéquipiers.

Je n’ai pas perdu ma job aujourd’hui. Je pousse un soupir de soulagement, mais c’était intense, a souligné Patrick (nom fictif).

Aux prises avec des difficultés financières importantes et une perte massive de sa valeur en bourse (plus de 600 milliards de dollars), Meta a annoncé la mise à pied de 11 000 de ses travailleurs, 13 % de ses effectifs, le plus grand licenciement dans le secteur des technologies aux États-Unis.

En comparaison, le réseau social Twitter, maintenant la propriété d’Elon Musk, a remercié la moitié de ses 7500 salariés, lors d’une autre annonce tonitruante la semaine dernière.

Une mesure prévisible, croit un ancien employé

Ce plan d’austérité était toutefois prévisible, croit un autre Québécois, Robin Lavallée, qui a travaillé dans l’entreprise de Mark Zuckerberg entre juillet 2021 et avril 2022.

On a tellement embauché durant la pandémie, c’est le retour du balancier. Et il y a une très forte concurrence de TikTok qui a fait mal à Facebook. Je n’ai pas les statistiques, mais la jeune génération n’utilise pas Facebook. C’est un truc de vieux, a expliqué M. Lavallée.

Robin Lavallée sourit à bord d'un bateau.

Robin Lavallée a travaillé pour Meta un peu moins d'un an.

Photo : Avec la gracieuseté de Robin Lavallée

Pendant son passage à Facebook, ce dernier a travaillé sur le projet phare du fondateur, les métavers. En près de deux ans, cette division qui mise sur la réalité virtuelle a englouti la somme de 21 milliards de dollars.

Metaverse, c’est un pari risqué. Zuckerberg y croit beaucoup, c’est évident. Je pense que ça va peut-être marcher, mais il est probablement 10-15 ans trop tôt. D’ici là, c’est un pari qui coûte cher, a-t-il ajouté.

Même s’il a quitté Meta il y a quelques mois pour fonder sa propre entreprise de ports de jeux vidéo sur consoles, Robin Lavallée croit toutefois que l’entreprise de la Silicon Valley a encore plusieurs atouts pour rebondir.

Il y a beaucoup de talents dans la compagnie et les outils de développement les plus géniaux que j’aie vus. Ils ont vraiment de la bonne technologie, a-t-il affirmé.

D’autres mises à pied à venir

Avec le ralentissement économique et l’inflation, les annonceurs sont maintenant frileux et les recettes publicitaires ont diminué pour les groupes comme Twitter ou Meta. D’autres mises à pied sont donc à prévoir.

San Francisco, c’est un cimetière de start-ups! Je crois que ce n’est que le début des licenciements et il y en aura beaucoup en 2023, a analysé Jean-Sébastien Royer, programmeur pour Reddit, un site de discussions fondé en 2005 à San Francisco.

L’entreprise ne prévoit pas supprimer de nouveaux effectifs dans les prochains mois, mais selon le Québécois qui est en Californie depuis cinq ans, les plus petits groupes pourraient faire les frais du ralentissement.

C’est sûr qu’il y aura un écrémage. Il y en aura qui vont tomber, mais il ne faut pas oublier que d’autres entreprises ont été fondées pendant les crises, c’est le cas d’AirBnb par exemple, a-t-il dit.

Si plusieurs groupes technos comme Microsoft, Shopify, Lyft ou Opendoor ont annoncé des mises à pied ces dernières semaines, c’est Tesla qui avait lancé le bal en juin dernier en éliminant 10 % de ses effectifs hors production.

Ça a été une surprise, on a vraiment été tous choqués. Certains auraient aimé avoir deux mois de préavis. Ça a créé beaucoup de remous à l’interne, a affirmé Simon, un jeune programmeur québécois qui s’était rendu en Californie pour évoluer au sein de l’entreprise d’Elon Musk.

Ce dernier n’aura finalement passé que cinq mois à Tesla après un processus long et fastidieux.

Ça a été décevant, l’embauche c’est long, deux mois au total avec des entrevues et des examens. Quand les licenciements sont arrivés, je me suis retourné de bord et j’ai trouvé rapidement. Mais d’autres collègues ont des maisons, des enfants, ça a été compliqué pour eux, a conclu le jeune homme qui travaille maintenant en télétravail… de la Colombie.

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