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Un autiste non verbal a été menotté par la police, dénonce son père

Majd Darwich tient son fils dans les bras.

Majd Darwich (à d.) dit que son fils Abdullah n'est plus le même depuis qu'il a été menotté par la police.

Photo : Radio-Canada / Talia Ricci

Radio-Canada

La Police régionale de Peel, en banlieue de Toronto, a utilisé un pistolet à décharge électrique sur un jeune autiste non verbal la semaine dernière. Elle l'a aussi menotté alors qu'il était torse nu à l'extérieur.

Majd Darwich raconte que son fils Abdullah, 19 ans, est sorti de la maison vendredi dernier sans qu'il s'en rende compte.

Il ne portait qu'un caleçon, ajoute son père.

M. Darwich a alors sauté dans son véhicule pour le retrouver. Il a fait face à une banderole de police quelques maisons plus loin, le long de sa rue à Mississauga. Plusieurs agents étaient sur place, dit-il.

« J'ai vu le visage ensanglanté [de mon fils]. J'ai voulu m'approcher, mais les policiers m'ont dit : "Éloignez-vous de lui." »

— Une citation de  Majd Darwich, père
Abdullah Darwich a du sang sur le visage près d'un œil.

Abdullah Darwich a été traité à l'hôpital après son arrestation.

Photo : Fournie par Majd Darwich

La Police régionale de Peel explique qu'elle a répondu à un appel au sujet d'une personne suspecte non habillée qui tentait d'entrer dans un véhicule et dans une maison, confirmant aussi l'utilisation d'un pistolet à décharge électrique.

Le service policier ajoute qu'à ce moment-là, l'identité et l'état de santé de l'individu n'étaient pas connus des agents et que le jeune homme ne répondait pas aux policiers. La police l'a emmené à l'hôpital après son arrestation.

La police avait sa photo, dit le père

M. Darwich dit que des policiers sont venus chez lui mardi soir pour lui présenter des excuses.

Néanmoins, le service de police aurait pu mieux gérer la situation, selon lui. Il compte porter plainte auprès du Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police.

Il indique qu'il avait avisé la police en 2020 au sujet de l'état de santé de son fils, l'inscrivant au registre des personnes vulnérables du service policier. Ils avaient sa photo et son adresse, lance-t-il. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire de plus.

M. Darwich raconte que son fils est devenu très renfermé depuis les événements. Il passe beaucoup de temps seul dans sa chambre en plus d'avoir peur des gens.

« On a passé les quatre dernières années à l'école à essayer de le faire avancer. Mais après ce qui est arrivé, il est devenu un garçon sous le choc. Il a peur de tout. »

— Une citation de  Majd Darwich, père

Cet homme d'origine syrienne dit qu'il n'aurait jamais pensé que [des policiers canadiens] pourraient être une source de terreur ou une menace pour son fils.

Plus de formation?

Julius Haag, professeur de sociologie au campus de Mississauga de l'Université de Toronto, qualifie ces événements de « troublants ».

Il note que des efforts ont été faits au cours des dernières années pour mieux former les policiers et les sensibiliser à de telles situations. Toutefois, la Police régionale de Peel a mal réagi dans ce cas-ci, selon lui.

Il ajoute qu'une grande présence policière peut accroître la détresse d'une personne autiste. Et l'utilisation d'un pistolet Taser ne fera qu'aggraver la situation, dit-il.

Le professeur Haag pense qu'il faut plus de formation pour les policiers, et ce, par des membres de la communauté des personnes handicapées.

D'après des renseignements fournis par Talia Ricci, CBC

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