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Québec prêt à accueillir plus d’immigrants, s’ils sont francophones

Le gouvernement Legault réfléchit à créer une autre voie d’immigration pour les travailleurs et les diplômés francophones déjà installés au Québec, a appris Radio-Canada.

François Legault à l'Assemblée nationale

L'équipe de François Legault étudie différentes possibilités concernant les prochains seuils d'immigration, pour privilégier notamment les immigrants francophones.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Il pourrait bientôt y avoir plus d’immigrants permanents au Québec. Mais uniquement s’ils sont francophones.

Le gouvernement Legault, qui s’était pourtant récemment fermement opposé à une hausse des seuils d’immigration, songe à la création d’un nouveau programme ou d’une nouvelle catégorie qui viserait spécifiquement les immigrants déjà installés au Québec.

On parle par exemple des diplômés d’une institution francophone – dans les universités et les cégeps – ou de travailleurs temporaires francophones bien intégrés au Québec depuis plusieurs années.

Cette idée est dans les cartons, nous ont confirmé plusieurs sources, tant du côté de Québec que d'Ottawa. Des discussions vont avoir prochainement lieu sur ce sujet.

L’objectif serait de garder ces familles, ces étudiants et ces travailleurs dans la province, en créant ainsi une autre voie plus rapide vers la résidence permanente.

Un inventaire toujours très important

Le Québec accueillera cette année un nombre record d’immigrants permanents. Outre les quelque 50 000 personnes initialement prévues, un rattrapage de 18 000 immigrants supplémentaires a été programmé, en raison de problématiques liées à la pandémie. Ces objectifs, selon des informations provenant d’Ottawa, sont en passe d’être remplis. Selon nos informations, ces seuils ne suffisent cependant pas à vider l’inventaire de demandes, toujours très important. À l’heure actuelle, plus de 40 000 travailleurs qualifiés québécois attendent leur résidence permanente, qui leur est délivrée en fonction des cibles de Québec.

Urgence de protéger la langue française

Selon nos informations, l’équipe de François Legault aurait pris conscience de l’urgence de protéger la langue française en attirant ainsi plus d’immigrants francophones de manière durable au Québec.

Voir les leviers qu’on a pour choisir plus de francophones, ça me semble être une priorité, nous a glissé une source gouvernementale, alors qu’Ottawa compte attirer 500 000 nouveaux résidents permanents par an d’ici 2025.

Le nombre d’immigrants admis au Québec comme résidents permanents, actuellement aux alentours de 50 000, pourrait ainsi augmenter, mais rien n’est encore formellement décidé, nous a-t-on précisé.

Aucun chiffre sur d’éventuels nouveaux seuils ne circule non plus. On est en train de brasser ça, a mentionné une autre source.

Le gouvernement Legault pourrait notamment proposer différentes options dans les prochains mois à Ottawa, mais aussi aux acteurs québécois du milieu de l’immigration.

Repoussées en raison de la campagne électorale, des consultations publiques sont prévues l’année prochaine pour définir le prochain plan triennal d’immigration au Québec.

Ça va aboutir assez vite, affirme-t-on, tout en soutenant qu’il faut également évaluer rigoureusement l’impact sur les logements et services sociaux.

Legault reste prudent

Interrogé après la publication de ce reportage, le premier ministre François Legault n’a pas nié ces informations. Il est cependant resté prudent, en mentionnant que son gouvernement n’est pas prêt, pour le moment, à augmenter ses cibles d’immigration. Il faut trouver le moyen dans les 50 000 [immigrants] d’en avoir plus qui parlent français. Une fois qu’on aura atteint cet objectif-là, on pourra se parler [et voir si] c’est possible d’accueillir plus d’immigrants francophones. La ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, est en train de regarder actuellement différentes options, notamment concernant les étudiants étrangers francophones, a-t-il reconnu.

Québec a déjà les pouvoirs, mais…

En réalité, rien n’empêche, à l’heure actuelle, Québec de revoir déjà ses critères de sélection et de choisir plus d’immigrants francophones dans les catégories économiques. Selon l’accord Québec-Ottawa en immigration, le gouvernement provincial dispose de ces pouvoirs.

Imposer une obligation de connaître la langue française pour immigrer au Québec n’est cependant pas à l’étude. Cette idée se heurte au monde des affaires – bien connu par la nouvelle ministre de l’Immigration Christine Fréchette – qui a déjà fait connaître son opposition.

Le milieu entrepreneurial privilégie, tout comme le gouvernement Legault, une francisation des immigrants, dès leur arrivée, à travers notamment les entreprises. Ainsi, ces dernières peuvent recruter plus aisément des travailleurs très convoités, anglophones, dans des secteurs de pointe.

Québec ne peut pas demander non plus à Ottawa de délivrer en priorité des résidences permanentes aux candidats francophones. Cette éventualité, nous a-t-on indiqué, pourrait se heurter aux tribunaux.

La création cependant d’un nouveau programme spécifique avec d’autres critères, comme l’envisage Québec, pourrait régler cette situation et faciliterait grandement les négociations avec Ottawa, qui verrait cette éventualité d’un bon œil.

Le plan d’immigration au Québec pour 2023 devrait être déposé d’ici la mi-décembre. Le prochain plan triennal, pour 2024-2026, sera quant à lui connu dans un an.

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