•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des chercheurs étudient l’impact du sel de voirie sur le saumon

Un homme, Chris Wood, debout près du ruisseau Stoney Creek, montre un saumon du doigt.

Le zoologiste et chercheur de l'UBC Chris Wood, aidé de ses collègues et de dizaines de bénévoles, entame une recherche de cinq ans pour étudier l'effet du sel utilisé pour déglacer les routes de Metro Vancouver sur les saumons de la région.

Photo : Université de la Colombie-Britannique (UBC)

Radio-Canada

Un groupe de chercheurs entame une étude d'une durée de cinq ans pour tenter de déterminer si le sel utilisé l'hiver sur les routes du Grand Vancouver a un impact sur les saumons de ses rivières.

Le groupe de chercheurs, qui comprend des employés de Pêches et Océans Canada, de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), de l'Université Simon Fraser (SFU) et de l'Institut de technologie de la Colombie-Britannique (BCIT) ainsi que des bénévoles de groupes de gardiens des cours d'eau du secteur, est mené par l'enquêteur principal Chris Wood, un zoologue de l'UBC.

Selon le groupe, des recherches ont déjà démontré que des concentrations élevées de sel de voirie dans l'eau des rivières où les saumons entament leur vie peuvent être nuisibles pour ces derniers. Toutefois, la quantité de sel qui aboutit dans les rivières et les ruisseaux du Grand Vancouver est inconnue. De plus, même si l'impact de la salinité de l'eau a été étudié pour le saumon de l'Atlantique, il ne l'a pas été pour le saumon du Pacifique.

Nous croyons que certains des niveaux de salinité déjà enregistrés dans les ruisseaux de Vancouver et de la vallée du Fraser pourraient facilement affaiblir ou même tuer les [saumons], explique Chris Wood.

Deux saumons fraient dans le ruisseau Stoney Creek.

Une concentration élevée de sel dans l'eau des ruisseaux et des rivières pourrait nuire aux saumons qui y naissent, selon des recherches existantes.

Photo : Université de la Colombie-Britannique (UBC)

Selon Chris Wood, les populations de saumons du Pacifique connaissent un déclin marqué et inquiétant aux causes multiples. Il croit que le sel utilisé sur les routes et qui se retrouve dans les ruisseaux et les rivières pourrait être une de ces causes.

Le sel répandu sur les routes est emporté par l'eau de la pluie et de la neige qui fond et aboutit dans les bouches d'égout. Cette eau est rejetée dans les cours d'eau sans traitement.

Un camion étend du sel sur la chaussée.

Un camion étend du sel sur la chaussée.

Photo : iStock

Chris Wood explique que des membres de 13 groupes de gardiens des cours d'eau de la région vont accomplir plus de 7000 heures de bénévolat pour les besoins de l'étude au cours des cinq prochaines années.

Une armée de bénévoles

Depuis plus de 15 ans, le comité environnemental de Stoney Creek s'intéresse au ruisseau du même nom, qui prend sa source sur le campus de l'Université Simon Fraser et rejoint la rivière Brunette avant de se jeter dans le fleuve Fraser.

Samedi dernier, des bénévoles du groupe ont compté plus de 400 saumons chum et 30 saumons coho dans le ruisseau Stoney Creek au cours d'un relevé de frai. Ils y mesurent aussi la concentration de sel dans l'eau et font des relevés des invertébrés qui s'y trouvent afin d'évaluer la qualité de la nourriture disponible pour les saumons.

J'ai très hâte, dit un des bénévoles, Alan James. Il explique que son groupe fait de la science citoyenne depuis plusieurs années, mais qu'il a besoin de chercheurs comme Chris Wood pour confirmer ses résultats et produire des études révisées par les pairs.

Le chercheur Chris Wood explique que la salinité du ruisseau Stoney Creek dépasse de sept fois le seuil établi par la province pour la toxicité aiguë et de 28 fois celui pour la toxicité chronique.

Nous pensons que cela pourrait avoir causé des dommages [à la population de saumons], dit-il. Il est possible de mieux contrôler la quantité de sel qui abouti dans les [cours d'eau].

Tout le sel n'est pas mauvais, le sel peut avoir de nombreux bénéfices. Les routes sont plus sécuritaires quand nous y mettons du sel, explique-t-il, mais nous pensons qu'il y a une tendance à sa surutilisation et à son application sans réflexion.

Chris Wood ajoute que, lorsque des mottes ou même des cristaux sont visibles sur les routes et les trottoirs, cela veut dire qu'on y a répandu trop de sel.

Avec les informations de Rafferty Baker

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...