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Comment voir plus de femmes en politique ? Cette ville canadienne a la réponse

Les conseillères municipales Jen Vasic, Julie Wright, Mary Lou Roe, Diane Freeman, Sandra Hanmer et la mairesse Dorothy McCabe posent à Waterloo.

Les conseillères municipales Jen Vasic, Julie Wright, Mary Lou Roe, Diane Freeman, Sandra Hanmer et la mairesse Dorothy McCabe.

Photo : Radio-Canada / Andréane Williams

Depuis 16 ans, à Waterloo, les femmes ont pris d’assaut la politique. De la mairie à la politique régionale, provinciale et fédérale, presque tous les élus sont maintenant des femmes. Comment la ville a-t-elle réussi à cultiver leur appétit pour la politique alors que, dans le monde, les femmes demeurent largement sous-représentées dans les rôles de leadership?

Aux prochains quatre ans! lance la conseillère municipale Diane Freeman en trinquant avec ses collègues.

Ce jour-là, les six femmes élues au conseil municipal de la ville, dont la mairesse, Dorothy McCabe, se sont donné rendez-vous dans un restaurant pour faire connaissance en cassant la croûte. Les deux seuls hommes du conseil n’ont pas été invités.

Ce dîner ne sert pas à parler d’affaires municipales, mais bien à apprendre à nous connaître et je pense que les hommes ont déjà leurs propres réseaux. C’est notre version du réseautage, explique la conseillère municipale Diane Freeman.

À l’école de la politique

La mère de famille représente le quartier électoral 4 depuis 2006. Cette année-là, le conseil municipal a fait élire 50 % de femmes alors que durant les quatre années précédentes, aucune femme n’y siégeait.

Une grande partie du crédit revient à Jane Mitchell, lance Dorothy McCabe.

La dame âgée, aujourd’hui retraitée, a siégé au conseil régional de Waterloo pendant 18 ans.

En 2004, pour pallier l’absence de candidates, elle a créé la Women’s Municipal Campaign School, un atelier de formation pour aider les femmes à se lancer en politique.

Le but était d’avoir plus de diversité et d’attirer plus de femmes parce qu’il n’y en avait pas ou très peu. On voulait atteindre la parité, raconte-t-elle.

La mairie de Waterloo.

Six des huit membres du conseil municipal de Waterloo sont des femmes.

Photo : Radio-Canada

Depuis, tous les quatre ans, les femmes qui désirent lancer leur campagne ont accès à des formations gratuites.

On leur apprend tout : comment faire des pancartes, du porte-à-porte, aller chercher le vote [...] comment s’habiller et se coiffer, comment répondre aux questions lors d’un débat, explique Jane Mitchell.

Des politiciennes d'expérience y abordent également la question de la conciliation travail-famille.

Résultat : la participation des femmes dans la région a explosé.

Aujourd’hui, six des huit membres du conseil municipal de Waterloo sont des femmes. Le conseil régional de Waterloo, qui regroupe les villes de Waterloo, de Cambridge et de Kitchener ainsi que quatre cantons, est également présidé par une femme et cinq des sept communautés qu'il représente ont élu des mairesses. Sans oublier les députées provinciales et fédérales de la région, Catherine Fife et Bardish Chagger.

Toutes ont participé à la Women’s Municipal Campaign School de Jane Mitchell.

Ça a eu un impact vraiment positif.

Une citation de Jane Mitchell, fondatrice de la Women’s Municipal Campaign School

Les femmes n’ont pas accès [aux mêmes réseaux] que les hommes. Elles ne jouent pas au golf avec les hommes. Elles travaillent souvent très fort dans leur emploi en plus de s’occuper de leur famille. Souvent, elles ne pensent même pas [à se présenter en politique], dit-elle.

Faire de la politique autrement

Le conseiller municipal sortant Jeff Henry a siégé au conseil municipal de Waterloo pendant 12 ans.

Il dit que l’arrivée de plusieurs conseillères, au début des années 2000, a changé la culture du travail au conseil municipal.

Il y avait moins d'engueulades et nous souhaitions accomplir le travail rapidement pour rentrer à la maison. La mairesse et les conseillers, à l’époque, voulaient s’assurer qu’il y ait des services de garde dans la communauté. Nous avons accordé beaucoup d’importance, dans la dernière décennie, aux parcs et aux lieux familiaux, ce que je trouve important en tant que jeune parent, raconte-t-il.

Les femmes et les filles ne circulent pas dans la ville de la même manière que les hommes. [...] Les mères avec leurs enfants veulent des toilettes publiques, par exemple. C’est le genre de choses qui montrent que les femmes pensent différemment, confirme Dorothy McCabe.

Des défis qui persistent

Depuis qu’elle a perdu ses élections en 2018, Jane Mitchell s’est retirée de la vie politique.

J’ai perdu la bataille, mais on a gagné la guerre, dit-elle, en référence au grand nombre de femmes élues le mois dernier.

Elle concède toutefois que les femmes sont toujours victimes de doubles standards.

Aujourd’hui, mes cheveux sont gris, mais quand j’étais en politique, ils étaient blonds parce qu’on ne peut pas avoir l’air vieille en politique, déplore-t-elle.

Au restaurant, certaines des six conseillères affirment quant à elles avoir réfléchi à deux fois avant de faire le saut en politique en raison du harcèlement dont sont victimes les élus.

Jen Vasic, qui représente le quartier électoral 5, dit avoir été victime d’intimidation en personne et sur les réseaux sociaux.

Les seuls gens qui m’ont claqué la porte au visage, raccroché au nez ou parlé de manière agressive, c’était des hommes d’un certain groupe d’âge. Chaque fois que je faisais du porte-à-porte et que je me retrouvais devant un homme qui correspondait à ce groupe, je devenais très tendue, raconte la jeune femme.

Elle admet même avoir été victime de crises de panique durant la campagne électorale.

Je suis une personne très privilégiée et, bien qu’il soit merveilleux d’avoir autant de femmes à la table, si ce n’est pas sécuritaire pour une personne privilégiée de faire du porte-à-porte, ça va être très difficile d’obtenir une meilleure représentation sur le plan ethnique, des classes sociales, des genres et des orientations sexuelles, ajoute-t-elle.

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