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Des Autochtones de la Colombie-Britannique espèrent être entendus à la COP27

Un panneau sur l'autoroute annonce la conférence à Charm el-Cheikh.

La station balnéaire de Charm el-Cheikh se trouve à près de 500 km au sud du Caire.

Photo : Reuters / SAYED SHEASHA

Des membres de la First Nations Climate Initiative (FNCI) de la côte nord de la Colombie-Britannique présenteront leur nouveau plan d’action climatique à la COP27, à Charm el-Cheikh, en Égypte.

Près de 200 pays seront présents à la 27e conférence de l’ONU sur les changements climatiques qui se tient du 6 au 18 novembre. Et le Canada n’est pas en reste. Un groupe de représentants de peuples autochtones de la Colombie-Britannique fait partie de la délégation canadienne.

Une initiative pour la décarbonation et la décolonisation

La First Nations Climate Initiative est dirigée par trois nations : Haisla, Metlakatla et Nisga’a. Ces trois dernières années, la FNCI a élaboré un plan d’action climatique en collaboration avec cinq autres Premières Nations. Des climatologues, des spécialistes des technologies et des représentants de l’industrie énergétique, mais aussi des organisations de la société civile ainsi que d’autres ordres de gouvernement ont contribué à cet effort.

On comprend alors la présence canadienne à Charm el-Cheikh. Du côté de la FNCI, il y a Darlene Hunter, la cheffe de la nation Halfway River, et son représentant technique David Myers. Candice Wilson, la directrice environnementale de la nation Haisla, et le médiateur à la FNCI Alex Grzybowski font aussi partie du voyage.

Candice Wilson prendra la parole mardi. Je vais faire une présentation sur les solutions basées sur la nature, dit-elle. Elle évoquera, par exemple, le projet de Cedar LNG, à Kitimat, qui doit acheminer du gaz naturel liquéfié vers les marchés de l’Asie-Pacifique. Ce projet est toujours à l’étude, et Ottawa devrait prendre sa décision en 2023.

« Je parlerai brièvement des nouveaux systèmes énergétiques et de la façon dont les grands projets menés par les Autochtones peuvent aider à atténuer les impacts du changement climatique. »

— Une citation de  Candice Wilson, directrice environnementale, nation Haisla
Candice Wilson.

Candice Wilson, de la nation Haisla, sur la côte nord de la Colombie-Britannique, se dit heureuse de participer à un événement de l'envergure de la COP27.

Photo : Candice Wilson

Le plan d’action de la FNCI s’articule autour de sept propositions de politique et d'investissement pour parvenir à la décarbonation et à la décolonisation. La vision de la FNCI est d’atténuer le changement climatique, de réduire la pauvreté et de fixer les cadres qui mèneront à une économie à faible émission de carbone en Colombie-Britannique et au Canada.

« Je pense que certains des projets qui sont d'excellents puits de carbone protègent et restaurent des sections de notre écosystème qui ont été détruites pendant cette période coloniale et autour de tous les territoires de notre nation. »

— Une citation de  Arthur Renwick, chef adjoint, nation Haisla

Lorsque nous parlons d'initiatives climatiques, nous devons également tenir compte du fait que beaucoup de choses qui ont été menées sur nos territoires avant que nous ayons le contrôle de nos territoires l'ont été sans notre consentement ou notre permission, précise Arthur Renwick, le chef adjoint de la nation Haisla.

Maintenant, nous sommes dans la position d’avoir cette occasion d'examiner le reboisement, la restauration de l'habitat et la manière de construire des puits de carbone plus locaux et fonctionnels pour notre peuple, poursuit-il.

Sommet sur le climat en Egypte

Les connaissances autochtones au service de la planète

Cette initiative climatique présente des connaissances autochtones locales qui fournissent une voie vers certaines solutions climatiques dans la région du Nord-Ouest et qui fournissent également des solutions à l'échelle mondiale pour aider à soutenir la communauté mondiale , explique Andrew Robinson, de la nation Nisga'a Lisims.

C'est l'une des choses auxquelles les communautés autochtones aspirent réellement, dit pour sa part le directeur des relations avec l'industrie du gouvernement Nisga'a Lisims. Ces dernières considèrent les initiatives climatiques comme une initiative communautaire mondiale.

« Nous sommes en première ligne dans la lutte contre le changement climatique. Et les voix des Premières Nations doivent être entendues. Et ce n'est pas seulement en Amérique du Nord, mais [...] à l'échelle mondiale. »

— Une citation de  Arthur Renwick
Hautes cheminées rouges et blanches crachant de la fumée.

Le chef adjoint de la nation Haisla estime qu'il est possible de développer des projets énergétiques de manière responsable et que cela doit se faire en collaboration avec les peuples autochtones qui maîtrisent l'environnement.

Photo : Reuters / Peter Andrews

Candice Wilson reconnaît que la COP27 offre une occasion de se faire entendre, mais aussi d’apporter la perspective haisla à une scène mondiale.

« Le message que nous voulons faire passer est que les peuples autochtones devraient être les premiers à atténuer le changement climatique, car nous avons ce lien naturel avec la terre et nous voulons restaurer les écosystèmes qui ont été touchés par le développement dans nos territoires traditionnels. »

— Une citation de  Candice Wilson, directrice environnementale, nation Haisla

D’après Arthur Renwick, la First Nations Climate Initiative se positionne comme un moyen de pression sur les gouvernements et les gens à un niveau plus large pour qu'ils prennent au sérieux le changement climatique et veuillent impliquer l'industrie et reconnaître l'importance d'impliquer les communautés des Premières Nations [dans] tout type de développement.

Réconciliation et équité

Convaincues du rôle prépondérant que jouent les peuples autochtones dans la gestion de la crise climatique, ces nations comprennent aussi que leur implication participe au processus de réconciliation.

Le plan d'action climatique de la FNCI estime en effet que le consentement et l’autodétermination des peuples autochtones sont essentiels dans la nouvelle économie décarbonée vers laquelle le gouvernement du Canada et les Premières Nations veulent tendre. Ottawa a notamment adopté en juin 2021 la Loi sur la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Il faut des solutions d'action pour le climat et l'équité pour une transition juste vers les zéro émissions nettes , affirme Candice Wilson.

« Nous ne voulons pas non plus atteindre les zéro émissions nettes. Nous voulons aller au-delà et être dans des émissions négatives. »

— Une citation de  Candice Wilson, directrice environnementale, nation Haisla

C'est une visée atteignable si les partenariats avec les nations autochtones sont équitables, croit la directrice environnementale de la nation Haisla.

Avec l'initiative climatique des Premières Nations, l'un de nos objectifs est la réconciliation, et plus particulièrement la réconciliation économique. Nous espérons que le monde pourra le voir. De nation à nation, de gouvernement à gouvernement, la communication est ce qu'il faut pour avancer vers la réconciliation, conclut-elle.

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