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Le chef du groupe terroriste Toronto 18 obtient une libération conditionnelle partielle

Zakaria Amara avait été reconnu coupable d'avoir voulu faire détonner des bombes en Ontario en 2006.

Une photo de Zakaria Amara.

Zakaria Amara avait été condamné en 2009 à la prison à vie sans droit de libération conditionnelle avant 10 ans.

Photo : Reuters

La Commission des libérations conditionnelles du Canada a accordé une libération partielle à Zakaria Amara, le chef de Toronto 18, parce qu'elle estime qu'il ne représente plus une menace pour le public. Il avait planifié en 2006 des attentats contre la Bourse de Toronto, le bureau des services secrets canadiens au centre-ville et une base militaire en Ontario.

La Commission a accordé une libération de jour dans une maison de transition de Toronto durant trois mois, durant lesquels il devra faire ses preuves et entamer sa réinsertion dans la société. Elle lui avait refusé toute libération il y a 18 mois.

Elle avait déjà annoncé le 27 octobre dernier la libération partielle d'Amara, mais Radio-Canada vient d'en recevoir les raisons après lui avoir soumis une demande comme le prévoit la procédure réservée aux médias.

Zakaria Amara est emprisonné depuis quelques années dans la prison à sécurité moyenne Warkworth Institution, en Ontario, après avoir été détenu à l'issue de son procès dans un établissement à sécurité maximale.

L'individu de 37 ans, qui se réclamait d'Al-Qaïda à l'époque, avait été condamné à la prison à vie sans droit de libération conditionnelle avant 10 ans. Il avait interjeté appel de sa peine, mais sans succès.

Une esquisse judiciaire de Zakaria Amara.

Zakaria Amara lors de sa reconnaissance de culpabilité en Cour supérieure de l'Ontario en 2009, à Brampton

Photo : Radio-Canada / Alex Tavshunsky

Le Jordanien de nationalité avait plaidé coupable d'accusations liées au terrorisme qui pesaient contre lui. Il a purgé plus de 16 ans de détention depuis son arrestation en 2006.

Le procès de Toronto 18 (comme il est convenu de les appeler, NDLR) avait montré que Zakaria Amara avait des cibles stratégiques au Canada pour forcer le gouvernement Harper à retirer d'Afghanistan les troupes canadiennes qui s'y trouvaient depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Leur complot avait été éventé grâce à une taupe qui avait infiltré le groupe.

Une attitude satisfaisante

Dans une décision de 10 pages, la Commission s'est appuyée sur plusieurs lettres de soutien de la famille d'Amara, sur un rapport psychologique et sur un document de l'Unité des enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale au sein de la Gendarmerie Rroyale du Canada (GRC).

Elle y explique que Zakaria Amara a commencé à véritablement changer d'attitude en 2014, lorsqu'il a pris connaissance des horreurs de l'État islamique dans les nouvelles en prison.

Un avion CC-150 Polaris décolle de la BFC Trenton en Ontario.

La base militaire canadienne visée dans le complot n'a jamais été identifiée lors du procès, mais la GRC pense qu'il s'agissait de la base de Trenton, à l'est de Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Son comportement a récemment été qualifié d'excellent en détention. Zakaria Amara est en outre respectueux et coopératif avec le personnel carcéral.

Il n'a été coupable d'aucun incident dans son pénitencier, où il est employé comme nettoyeur de la chapelle. Il a terminé les programmes dans lesquels il était inscrit.

La Commission des libérations conditionnelles du Canada estime que Zakaria affiche un taux élevé pour ce qui est de sa responsabilisation et de sa motivation, et un taux moyen quant au potentiel de sa réinsertion sociale.

Tableau indicateur devant l'édifice de la Bourse de Toronto

La Bourse de Toronto était l'une des trois cibles que les 18 de Toronto avaient choisies pour perpétrer leur attentat de façon simultanée.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Dion

Son taux de récidive a été fixé à 14. À ce stade, 4 contrevenants sur 5 ne commettent aucune infraction dans les trois années qui suivent l'obtention d'une libération conditionnelle.

Vous avez admis à votre audience que vous aviez volontairement ignoré les conséquences de votre crime, peut-on lire dans la décision.

Vous avez décrit l'imam [responsable de sa déradicalisation, NDLR] comme étant un modèle à suivre.

Gros plan sur de l'équipement électronique comme des batteries et des téléphones cellulaires.

Une photo présentée en pièce à conviction au procès montre l'équipement électronique qui devait servir à fabriquer le détonateur des bombes du groupe Toronto 18.

Photo : La Presse canadienne

La Commission cite notamment le document de la GRC, qui juge que Zakaria Amara n'est plus en mesure d'être radicalisé et que le changement de ses valeurs, de son attitude et de son comportement semble être prometteur à long terme.

Elle conclut que la GRC n'a plus de préoccupations immédiates à son sujet.

De nombreuses conditions

À sa libération, Zakaria Amara sera soumis à de nombreuses conditions lorsqu'il sera transféré dans la maison de transition, dès qu'une place sera libérée. Il devra notamment respecter un couvre-feu nocturne.

Il ne pourra en aucun cas entrer en communication avec ses coaccusés ou toute personne ayant des idéologies extrémistes. Son accès à Internet sera par ailleurs limité.

Il ne pourra posséder qu'un seul téléphone et remettre à son agent de probation les relevés de toutes ses communications, les numéros de tous ses appels et toute information de nature financière.

Zakaria Amara devra en outre poursuivre le programme de déradicalisation qu'il a entamé en prison, s'enrôler dans le programme First Steps de l'Armée du Salut et continuer à voir un psychologue.

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