•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Déversement d’eaux usées : 3 municipalités gaspésiennes parmi les pires au Québec

Des eaux usées sortent d'un tuyau situé dans des herbes hautes.

En termes d'intensité de déversement, ces municipalités de la Gaspésie arrivent en tête du palmarès de la Fondation Rivières (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Trois municipalités gaspésiennes figurent en tête du classement des municipalités de la Fondation Rivières. Elles font donc partie des mauvais élèves au Québec en matière de déversements d’eaux usées dans les rivières, en 2021.

Caplan, Chandler et Paspébiac ont la plus forte intensité de déversement par habitant du palmarès provincial de la Fondation.

La situation s’est détériorée pour les trois municipalités par rapport au palmarès de l’année 2020.

Intensité de déversements d’eaux usées par habitant en 2020 et en 2021

MunicipalitéRang dans le palmarès provincial 2021Indice d'intensité des déversements d'eaux usées par habitant pour 2021Rang dans le palmarès provincial 2020Indice d'intensité des déversements d'eaux usées par habitant pour 2020
Caplan178,8253,6
Chandler256,22419,7
Paspébiac345,1834,4

Source : Fondation Rivières

Ce palmarès classe les municipalités en fonction de l’intensité des déversements enregistrés par rapport à leur population. Ce classement permet de distinguer celles qui se sont améliorées depuis l’année précédente de celles où les déversements ont empiré. L'objectif étant d’encourager les élus à corriger les problèmes.

De façon plus générale, la Fondation Rivières constate tout de même que la situation s’est améliorée au Québec depuis 2017.

À l’échelle du Québec, le nombre de déversements est passé de 61 000 à 36 000 en 2021, une bonne nouvelle, selon le directeur général de la Fondation Rivières, André Bélanger.

 Globalement, ce qu’on constate, c’est une diminution en nombre, mais aussi en intensité, qui tient compte de la grosseur des ouvrages et de la grosseur des débordements. Et ça nous fait comprendre qu’en intensité, ça a diminué de manière plus importante , explique M. Bélanger.

Le signal, c’est que les Municipalités s’occupent du problème, de plus en plus, et elles s’y attaquent aux endroits où ça fait le plus mal.

Une citation de André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières

Un rapport qui ne rend pas justice selon Caplan

Caplan figure en première position du palmarès pour l’année 2021, ce qui signifie qu’elle a enregistré la plus forte intensité de déversement par habitant du palmarès provincial.

La mairesse de Caplan, Lise Castilloux, considère que le classement n'est pas établi avec des données pertinentes.

Lise Castilloux parle à une foule. Devant elle sont installés plusieurs microphones.

Lise Castilloux est mairesse de Caplan depuis près de 9 ans. Auparavant, elle a été directrice générale de la Municipalité pendant 14 ans (archives).

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Elle affirme que ces données n’étaient que des estimations en raison de l’absence d’un système d’enregistrement électronique.

 À Caplan, on répertorie les déversements avec les pluies, ce que d’autres municipalités ne font pas, donc on n'a pas la même mesure dans ce qui est répertorié , ajoute Mme Castilloux.

C’est un rapport qui date de plusieurs mois et bien qu’on ne soit pas aux normes, ces informations-là ne permettent pas de classer Caplan à son juste rang.

Une citation de Lise Castilloux, mairesse de Caplan

La Municipalité de Caplan utilise un traitement primaire pour ses eaux usées. Un système de bassins plus adapté serait nécessaire pour assurer un traitement adéquat des eaux.

Initialement, la mise à niveau du système était prévue pour 2020, mais la mairesse Castilloux indique que de nombreux obstacles ont ralenti le processus.

 J’espère et j’estime que les travaux pourraient s’enclencher en 2023 pour être terminés et être fonctionnels en 2024, mais on est encore à l’étape des travaux préliminaires , précise la mairesse.

Mme Castilloux indique que la mise à niveau de ces infrastructures demeure une priorité pour la municipalité.

Une amélioration à Matane

Parmi les villes de 10 000 à 100 000 habitants, Gaspé est celle qui a fait le moins bien, alors que Matane occupe le 25e rang et Rimouski le 28e.

À Matane, on se réjouit toutefois de voir que l’intensité de ses déversements diminue puisque la Ville travaille à cet effet pour séparer le réseau sanitaire du réseau pluvial.

 On sait qu’on s’améliore d’année en année, mais évidemment le réseau est tellement vaste, tellement grand que même si on fait des actions annuelles, ça va prendre quelques années pour voir les résultats , explique le directeur du Service génie et environnement, Jérôme Caron.

On voit déjà que la progression est très bonne depuis 2017. On s’attend dans le futur que de meilleurs résultats arrivent encore.

Une citation de Jérôme Caron, directeur du Service génie et environnement à la Ville de Matane

Environ 80 municipalités au Québec ne disposent toujours pas d’installations pour traiter les eaux usées qu’elles rejettent directement dans les cours d’eau et ne figurent donc pas au palmarès de la Fondation Rivières. En Gaspésie, c'est le cas de Murdochville notamment.

La Fondation Rivières demande avant tout à Québec d’aider ces municipalités et villages à se doter d’installations sanitaires.

Avec les informations de Pierre Chapdelaine de Montvalon, Charles-Étienne Drouin et Marie-Christine Rioux.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

En cours de chargement...

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.