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Grève dans les écoles ontariennes : la loi spéciale du gouvernement Ford est adoptée

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, répond à une question en Chambre.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, a rappelé qu'il s'agirait d'une grève illégale.

Photo : CBC / Carlos Osorio

Radio-Canada

Le gouvernement de Doug Ford a adopté jeudi une loi spéciale qui rend illégal le débrayage des 55 000 employés de soutien des écoles ontariennes vendredi. Malgré les lourdes amendes prévues, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) maintient que la grève durera « aussi longtemps que nécessaire ».

Le projet de loi 28, qui impose une convention collective aux syndiqués, a été adopté, malgré l'objection des députés d'opposition en Chambre.

Nombre de conseils scolaires, y compris le Conseil public anglais de Toronto (TDSB) et MonAvenir, avaient indiqué que leurs écoles seraient fermées vendredi en raison de l'arrêt de travail du SCFP.

Un couloir vide dans une école secondaire.

De nombreux conseils scolaires ontariens prévoient fermer leurs écoles vendredi.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Nous utiliserons tous les moyens à notre disposition pour mettre fin à cette perturbation inacceptable pour les élèves, a répété à plusieurs reprises le ministre de l'Éducation Stephen Lecce lors d'un point de presse jeudi après-midi. Il a rappelé que le débrayage sera illégal.

Le ministre a déclaré qu'il avait informé les conseils scolaires que les écoles devaient demeurer ouvertes le plus possible.

Le ministère demande aux conseils scolaires de préparer un plan de contingence où tous les efforts sont faits pour garder les écoles ouvertes au plus grand nombre d’enfants possible, a écrit le ministère dans une note de service envoyée aux conseils scolaires.

Selon la directive, le conseil scolaire doit soutenir les élèves dans une transition rapide vers l’apprentissage à distance [...] en mode synchrone s'il ne peut assurer un fonctionnement sécuritaire en raison du conflit de travail.

Des amendes très lourdes

Parmi les membres du SCFP, on trouve des aides-enseignants, des concierges, des bibliothécaires et des employés administratifs.

Je demande à Doug Ford de venir me parler, pas de faire des déclarations aux médias, pas d'envoyer M. Lecce, a affirmé la présidente du syndicat, Laura Walton, peu avant l'adoption du projet de loi.

Laura Walton, présidente du syndicat des employés de soutien des écoles en point de presse à Queen's Park.

Laura Walton, présidente du syndicat des employés de soutien des écoles

Photo : Radio-Canada

La loi spéciale prévoit des amendes pouvant atteindre 4000 $ par travailleur (500 000 $ pour le syndicat) pour chaque jour de débrayage.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) demande à ses membres de l'informer, si une amende leur est imposée. Il compte la contester, éventuellement devant les tribunaux, et possiblement la payer.

Mme Walton affirme que si le gouvernement avait mis autant d'efforts à négocier qu'à préparer son projet de loi spéciale, il y aurait une entente.

Les deux parties ne s'entendent pas sur les salaires, notamment. Le projet de loi spéciale limite les augmentations annuelles à 2,5 % pour les employés de soutien gagnant moins de 43 000 $ et à 1,5 % pour les autres.

Sans donner de pourcentage précis, Mme Walton a affirmé que la contre-offre du syndicat rejetée mercredi par le gouvernement contenait des concessions importantes. Elle a déclaré que le syndicat avait réduit ses demandes de moitié, dans le but d'en arriver à une entente.

Le ministre Lecce avait affirmé que la province ne pouvait pas négocier avec le SCFP tant que le syndicat maintenait sa menace de grève.

Les parents ontariens face à la grève

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Y a pas deux matins pareils

Y a pas deux matins pareils, Ici première

Un autre syndicat se joint au SCFP

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO), qui représente 8000 travailleurs en éducation, incite ses membres dans les écoles à ne pas se présenter au travail non plus vendredi en guise de solidarité avec leurs collègues du SCFP.

Le projet de loi 28 n'est pas juste une attaque contre le droit des travailleurs de l'éducation à la négociation collective, c'est une attaque contre les droits de tous les travailleurs, déclare la présidente du SEFPO, JP Hornick, dans un communiqué.

Le Syndicat dit qu'il couvrira toute amende possible.

Pour sa part, la Fédération des enseignants des écoles secondaires (FEESO), qui représente également des employés de soutien dans les écoles, affirme par courriel que ses membres seront au travail vendredi, mais qu'ils prendront part à des « activités » en soutien aux syndiqués du SCFP, sans donner de détails.

Le gouvernement a aussi utilisé la disposition de dérogation, communément appelée clause dérogatoire, de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne pour court-circuiter tout recours judiciaire contre sa loi spéciale.

Le président de la division ontarienne du SCFP estime qu'il s'agit d'une mesure sans précédent dans l'histoire des relations de travail au pays.

Adopter l'"approche nucléaire" aux négociations contractuelles est inacceptable, a affirmé Fred Hahn. Il pense que le recours à la disposition de dérogation dans le présent conflit aura des répercussions sur les droits des travailleurs des secteurs public et privé.

Le premier ministre Justin Trudeau avait discuté avec Doug Ford mercredi soir et lui avait indiqué que le recours à la disposition de dérogation dans ces circonstances était malvenu et inapproprié.

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