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Un avenir incertain pour les agriculteurs de Hay River, à la suite des inondations de mai

Une grande serre en verre sur un terrain recouvert de neige le 25 octobre 2022 à Hay River.

Cette serre a été installée sur le terrain d'Andrew Cassidy et Helen Green à l'automne 2021. Endommagée par les inondations de mai 2022, ses propriétaires n'ont jamais eu la chance de l'utiliser.

Photo : Radio-Canada / Julie Plourde

Dans la vallée de Paradise Gardens réputée pour ses terres fertiles, à Hay River, aux Territoires du Nord-Ouest, la crue des eaux de mai dernier a laissé désolation et destruction sur son passage. La douzaine d’agriculteurs de la région fait face à l’avenir avec incertitude : partir ou rester?

Cette question demeure sans réponse pour le moment pour Andrew Cassidy et Helen Green, propriétaires de Greenwood Gardens, une ferme qui produit des fruits, des légumes et des fleurs.

Leur maison, leur machinerie agricole, leurs serres, tout a été endommagé ou complètement détruit en mai. La maison modulaire voisine de la leur, qu’ils avaient mise en location, est inhabitable et doit être détruite.

« Les inondations ont causé tellement de dommages. Elles ont emporté la terre à jardin, nos plates-bandes surélevées, une clôture. Nos six serres ont été touchées. Certaines [ont été] complètement écrasées, d’autres rendues inutilisables. Il ne nous en reste qu’une qui est récupérable. »

— Une citation de  Andrew Cassidy, co-propriétaire, Greenwood Gardens

Au moment des inondations, leurs fleurs et jardinières suspendues étaient prêtes à être mises en vente. Ils estiment avoir perdu près de 40 000$ en profits seulement avec les fleurs.

Après le choc initial, et les travaux urgents pour décontaminer leur maison, ils ont décidé d’essayer de faire pousser une récolte sur une partie de leurs terres qui était encore en état.

Nous avons dû aller chercher nos réservoirs d’eau qui avaient été emportés par les flots chez nos voisins, puis retrouver les tuyaux et les raccords. Ça a été difficile, parce que tout avait disparu, explique Andrew Cassidy.

Finalement, ils ont pu récolter et vendre environ le quart de ce qu’ils auraient pu faire pousser normalement, une perte importante pour Helen Green, dont c’est le revenu principal.

Deux adultes et un enfant assis, avec un petit chien sur leurs genoux, le 25 octobre 2022, à Hay River.

Andrew Cassidy et Helen Green, avec leur fils Connor, dans leur maison située à Paradise Gardens, à Hay River.

Photo : Radio-Canada / Julie Plourde

Une zone inondable

La vallée de Paradise Gardens est bordée de part et d’autre par la rivière Hay. Les berges sont à environ sept mètres et demi de hauteur. En mai, l’eau a atteint plus de neuf mètres.

Cette vallée a été le premier secteur de Hay River inondé en mai.

De mémoire de résidents et d’anciens résidents de la vallée, la rivière n’est jamais sortie de son lit de façon aussi dramatique. Il y a environ 75 ans d’histoire à Paradise Gardens, explique Greg Haist, un cultivateur de pommes de terre qui vit dans la région depuis le début des années 2000. Il n’y a jamais eu d’inondation comme ça.

Au cours de l’été, les résidents ont rencontré des évaluateurs du gouvernement territorial pour faire le bilan des dommages.

Une personne debout devant une rivière, en hiver, qui illustre de la main une hauteur au niveau des épaules, le 25 octobre 2022 à Hay River.

Andrew Cassidy indique à quelle hauteur l'eau de la rivière Hay est montée, en mai 2022, quand elle est sortie de son lit, inondant tout le secteur de Paradise Gardens.

Photo : Radio-Canada / Julie Plourde

Une autre évaluation sur l'atténuation des risques a conclu que la meilleure option pour les résidents est de relocaliser leurs maisons et leurs bâtiments. On nous a dit : vous vivez maintenant dans une zone inondable, raconte Andrew Cassidy. Pourrait-elle être inondée à nouveau? Très probablement.

Si les fermiers choisissent de rester dans la vallée, les maisons et bâtiments devront être surélevés au-dessus du niveau de la crue des eaux. Pour un agriculteur, cette option semble irréaliste.

« Avec les serres et les granges, il serait vraiment difficile de les soulever au-dessus du niveau de l’inondation, car il faudrait les surélever à environ 10 pieds du sol [soit trois mètres], ce qui n’est pas faisable quand vous avez des animaux, des plantes et de la terre à jardin. Nous travaillons dans le sol. »

— Une citation de  Helen Green, co-propriétaire, Greenwood Gardens

Et maintenant, où aller?

Helen Green et Andrew Cassidy ne peuvent se résoudre à mettre des efforts et de l’argent dans des structures qui pourraient être à nouveau inondées. Ils cherchent à voir si d'autres terres seraient disponibles à Hay River, mais aussi du côté de Fort Smith ou Fort Simpson.

Greg Haist, de son côté, a perdu plus de 2700 kilogrammes de pommes de terre lors des inondations. « Ma première option [...] est de continuer à cultiver ici, mais en plaçant mes bâtiments et mon équipement sur des terres plus élevées », explique-t-il.

Une personne avec une veste, devant une structure en bois.

Greg Haist, propriétaire d'une ferme à Paradise Gardens, doit évaluer s'il peut reconstruire ou déménager son entreprise, durement touchée par les inondations de mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Julie Plourde

Il a déjà fait une demande pour louer une terre de 6 hectares à proximité de Paradise Gardens.

Andrew Cassidy, lui, craint de ne pas pouvoir retrouver le sentiment de communauté qui anime cette vallée. Paradise Gardens, c’est environ [65 hectares] de terre. Est-ce qu’il y a [65 hectares] disponibles pour une douzaine de petites fermes ailleurs dans la région?

Malheureusement, les terres agricoles sont très rares dans le Nord.

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