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Entrave dans le pont-tunnel L.-H.-La Fontaine : de l’attente, mais pas de catastrophe

Des voitures sur une route devant le lever du soleil.

Le trafic était plus dense qu'à l'habitude lundi matin pour se rendre au pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada

Le premier jour de la nouvelle configuration des travaux dans le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine a certes entraîné du retard pour les automobilistes et camionneurs, lundi, mais le chaos redouté ne s'est pas produit. Reste à voir si la tendance se maintiendra en milieu de semaine, une période habituellement plus chargée.

Il fallait compter environ 35 minutes d'attente en fin d'après-midi, lundi, entre l'échangeur Anjou et le pont-tunnel, où une seule voie sera ouverte en direction de la Rive-Sud pour les trois prochaines années, contre deux en direction nord.

En ce moment, on a une bonne congestion, on parle d’environ 35 minutes à partir de l’échangeur Anjou pour se rendre à l’approche du tunnel. Ça, c’est environ trois fois plus que le temps de parcours habituel quand on regarde avant la pandémie. Nous, on s’attend à une hausse qui est quatre fois les temps de parcours, expliquait vers 15 h 30 un porte-parole du ministère des Transports, Louis-André Bertrand, sur les ondes d'ICI RDI.

Selon M. Bertrand, il faudra attendre encore plusieurs jours avant d'avoir une idée de l'impact réel de ces fermetures de voies dans le tunnel qui enregistrait plus de 120 000 passages chaque jour, avant les travaux.

« Aujourd’hui, c’est la première fois qu’on découvre cette nouvelle configuration-là. Il y a un temps d’habituation qui va avoir lieu. On parle des trois prochaines semaines encore pour dresser un portrait réel de la situation. »

— Une citation de  Louis-André Bertrand, porte-parole du MTQ

Dans sa voiture de patrouille, le chroniqueur à la circulation de Radio-Canada, Yves Désautels, a également constaté l'ampleur de la file de véhicules qui s'étire de l'autoroute 40 jusqu'à l'entrée du tunnel, où se massent de nombreux camions.

Il y a tellement de camions sur l'A-25 sud… c’est une file de camions sans arrêt. Les camionneurs sont pris là-dedans. C’est ce qui cause de bons ralentissements, a souligné le chroniqueur en expliquant qu'il n'est pas facile pour les voitures d'intégrer ce flot de camions vers la droite lorsqu'on passe de trois voies à une seule, avant l'entrée du tunnel.

Une bonne congestion était aussi rapportée sur les rues Dickson et Souligny, dans l’est de Montréal, qui sont utilisées par de nombreux automobilistes pour éviter l’autoroute 40.

Trois des six voies du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine sont maintenant fermées en raison de l’immense chantier de réfection qui durera trois ans.

C'était la première journée de fermeture complète dans le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine aujourd'hui. Un reportage de nos journalistes Olivier Bachand et Hadi Hassin.

Une matinée moins lourde que prévu

Lundi matin, l’impact du chantier s'est bien entendu fait sentir sur l’autoroute 40 en direction ouest et sur l'autoroute 25, à partir de l'échangeur Anjou. Vers 7 h 15 lundi, un panneau affichait un temps d'attente de 24 minutes à partir de l'échangeur Anjou pour atteindre le pont-tunnel.

La congestion avait commencé dès 5 h, et le temps d'attente est resté d'environ une demi-heure tout au long de l'heure de pointe. La ministre des Transports du Québec, Geneviève Guilbault, a tracé un bilan positif de la matinée, même si elle a convenu que la situation était appelée à changer d'un jour à l'autre.

« C’est pas si pire [...] Je sais que, pour certains, ça a été plus long, [mais] les temps de parcours sont comparables à ce qu’on a d’habitude. »

— Une citation de  Geneviève Guilbault, ministre des Transports du Québec
Un bouchon de voitures.

Le trafic est un peu plus dense, mais pas trop compliqué, lundi matin, pour se rendre au tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

À l’inverse, la circulation était fluide pour les automobilistes qui empruntaient le pont-tunnel en direction nord. Le temps d’attente estimé pour accéder au pont-tunnel à partir de la jonction de l’autoroute 20 et de l'A-30 était d’une dizaine de minutes. Deux voies sont ouvertes en permanence en direction nord pendant les trois années que dureront les travaux.

Comme le rapportaient les journalistes de Radio-Canada sur le terrain, il y avait beaucoup de surveillance policière et de Transports Québec aux environs du pont-tunnel. Plusieurs policiers étaient d'ailleurs en moto, afin d'intervenir rapidement dans les bouchons.

Les transports en commun modérément utilisés

Tôt lundi matin, les stationnements incitatifs proposés par Transports Québec sur la Rive-Sud étaient un peu plus occupés que la semaine dernière, mais étaient loin d'afficher complet.

Un stationnement vide au lever du soleil.

Cinq stationnements incitatifs sont offerts aux résidents qui souhaitent prendre le transport en commun. Ci-dessus, le stationnement incitatif de Mortagne, à Boucherville.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon Gilles Payer, porte-parole du MTQ, qui se trouvait au stationnement incitatif de Mortagne, à Boucherville, celui-ci était occupé à environ 20 % ou 25 % vers 7 h 45. Je vois un flux constant de bus et de navettes, a-t-il dit, assurant que les options de transport en commun fonctionnaient bien. Celles-ci sont toutefois demeurées peu achalandées.

Les usagers des navettes arrivant au métro Radisson lundi matin se disaient toutefois satisfaits des trajets proposés. Ça s’est très bien passé, je le conseille à tout le monde. C’est plus facile, c’est plus rapide, a déclaré l'un d'entre eux. Ça a pris environ 20 minutes et j’étais seule à bord, s'est réjouie une autre.

Une passagère monte dans un autobus.

Peu de passagers montaient à bord des navettes allant de la Rive-Sud à Montréal lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon Gilles Payer, la situation pourrait être différente dès mardi, puisque la circulation était déjà un peu moins lourde les lundis depuis l’avènement du télétravail. En effet, beaucoup de travailleurs en mode hybride choisissent les lundis et vendredis pour travailler de la maison.

Il faut aussi tenir compte de l’effet Halloween, a-t-il ajouté, en mentionnant que plusieurs parents avaient peut-être choisi de rester à la maison lundi pour célébrer cette fête avec leurs enfants.

Il y aura une analyse en temps réel avec des bilans quotidiens de cet immense chantier, a indiqué M. Payer.

Les stationnements incitatifs montréalais étaient quant à eux achalandés lundi matin.

Navettes et stationnements incitatifs

Des mesures incitatives sont proposées aux automobilistes. Cinq navettes gratuites ont été créées pour traverser le pont-tunnel à partir des stationnements incitatifs de Boucherville, de Belœil et de Sainte-Julie. Ces cinq stationnements totalisent 2400 places.

Les lignes 520 et 521 du transporteur exo empruntent l’axe de l'autoroute 20. Elles partent de Belœil et font des arrêts à Sainte-Julie et à Boucherville avant de terminer leur parcours à la station de métro Radisson, dans l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Une navette au départ du stationnement incitatif de Mortagne, à Boucherville.

Cinq navettes gratuites ont été mises en place pour traverser le pont-tunnel à partir des stationnements incitatifs de Boucherville, de Belœil et de Sainte-Julie.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La ligne 532, elle aussi exploitée par exo, emprunte la route 132 à partir de Varennes et traverse le pont-tunnel pour se rendre à la station de métro Radisson.

Les lignes 61 et 461, qui relèvent toutes deux du Réseau de transport de Longueuil (RTL), assurent le lien entre Boucherville et la station Radisson.

Ces navettes sont offertes gratuitement pendant les travaux.

Jusqu’au 27 novembre, des titres de transport gratuits sont offerts aux usagers de ces navettes qui veulent poursuivre leur route dans le métro montréalais.

De plus, les voitures avec trois passagers et plus peuvent emprunter la voie réservée aux autobus et aux taxis sur l’autoroute 20 en direction de Montréal, entre le chemin du Fer-à-Cheval, à Sainte-Julie, et la route 132, à Boucherville.

Un taxi collectif.

Des taxis collectifs sont notamment disponibles pour les résidents de Longueuil qui cherchent un plan B pour aller à Montréal malgré les travaux dans le pont-tunnel.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« On ne vivra pas ça durant trois ans »

Sur le terrain, nos journalistes ont rencontré des résidents qui ont malgré tout décidé de prendre leur automobile lundi matin pour traverser le fleuve, mais qui demeuraient sceptiques.

[Je suis] nerveux, on verra comment ça va se passer, a lancé l'un d'entre eux.

Ça peut peut-être influencer ma décision pour changer de carrière. Si c’est l’enfer, on va trouver des solutions, parce qu’on ne vivra pas ça durant trois ans, certain, a dit une autre automobiliste.

Gilles Payer a fait appel à la patience des résidents de Montréal et de la Rive-Sud : Les experts disent que ça prend deux ou trois semaines pour s'habituer à un plan B, a-t-il expliqué en entrevue à l'émission Tout un matin, lundi.

Avec des informations de Karine Bastien, de Charlotte Dumoulin et d'Elyse Allard

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