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Produits marins : report des restrictions à l’exportation sur le marché américain

Des bouées et des cordages.

Afin de protéger les baleines noires des empêtrements, les bouées et les cordages sont identifiés (Archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les pays exportateurs de produits marins sur le marché américain, dont le Canada, profiteront d’un an de plus pour se conformer et pour prouver qu’ils respectent les normes américaines en matière de protection des mammifères marins.

Ces dispositions d’importation sont édictées en vertu du Marine Mammal Protection Act (MMPA), une loi qui, aux États-Unis, interdit l’importation de produits de la pêche issus d’activités de pêche commerciale pouvant occasionner des décès accidentels ou des blessures graves aux mammifères marins.

Initialement, un sursis de cinq ans avait été accordé aux pays exportateurs pour leur permettre de mettre au point des techniques qui correspondent aux exigences américaines.

Le 20 octobre dernier, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a annoncé qu’un an supplémentaire serait nécessaire pour déterminer quels pays étrangers qui pêchent et qui exportent leurs produits de la mer recevront un  constat de comparabilité  des normes en matière de pêche, leur garantissant ainsi un accès aux marchés américains. La date butoir a été repoussée au 31 décembre 2023.

La National Oceanic and Atmospheric Administration, ou Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, est l'homologue américain de Pêches et Océans Canada.

Le directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, O’Neil Cloutier, affirme que l’industrie des pêches a sollicité au printemps dernier le gouvernement fédéral pour qu’il demande un peu plus de temps aux Américains. M. Cloutier voit ce report d’un bon œil.

 Quand on sait que 80 % des produits marins canadiens sont exportés aux États-Unis, ça serait un désastre épouvantable de ne plus avoir accès à ce marché-là , affirme-t-il.

NDLR : le Canada exporte 80 % de ce qui est pêché dans le golfe du Saint-Laurent sur le marché américain.

Du temps pour peaufiner et adapter

Selon la NOAA, ces délais accorderont aux pays  plus de temps pour mettre en œuvre les programmes de réglementation afin de répondre aux exigences des dispositions d’importation de la MMPA..

Dans une déclaration par courriel, le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) assure  tenir compte de toutes les préoccupations et recommandations de la MMPA et qu’une mise au point sera faite pour la saison 2023.

O’Neil Cloutier, qui est également pêcheur professionnel, estime que le sursis alloué permettra aux flottilles de peaufiner les mesures et les équipements imposés par le MPO en vertu des restrictions de la NOAA.

Un exemple : les cordages à faible résistance qui seront obligatoires à bord des crabiers et des homardiers à partir de 2023. Ces lignes, approuvées par la NOAA, permettent aux mammifères marins, notamment les baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent, de se libérer.

Une baleine noire est empêtrée dans un lourd cordage.

Les baleines noires peuvent s'empêtrer dans les cordages de pêche qui sont à l'eau (Archives).

Photo : Gracieuseté : International fund for animal welfare

Le pêcheur indique qu’en 2022, 30 % des lignes mises à l’eau par les pêcheurs gaspésiens de homards étaient dotées de ce mécanisme.

 Le fait que les Américains aient retardé d’un an la mise en application de la loi sur la protection des mammifères marins ne veut surtout pas dire qu’il ne faut rien faire en 2023 , précise M. Cloutier.

 On est prêts à faire des efforts pour se rendre ou même pour dépasser le 50 % d’ici la fin 2023, mais pour ça, il nous faut du temps.

Une citation de O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie

M. Cloutier rappelle que les homardiers américains doivent voyager au large pour pêcher le homard, tandis qu’en Gaspésie, il s’agit d’une pêche qui se fait près de la côte, une zone qui n'est  aucunement fréquentée  par les baleines noires.

Futures discussions avec Pêches et Océans

Le directeur de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), Jean-Paul Gagné, accueille favorablement le report de ces restrictions.

Parallèlement aux équipements, une modification du calendrier des pêches comme celle du crabe serait nécessaire pour prévenir les accidents avec les baleines noires, selon M. Gagné.

La fin de la période de pêche au crabe coïncide souvent avec l’arrivée des baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent. Dès qu’une d’entre elles est repérée, les zones de pêche sont fermées.

Ça fait plusieurs années qu’on le demande, mais on veut que le gouvernement fédéral nous permette une ouverture hâtive de la pêche au crabe pour éviter de se retrouver en même temps et à la même place que les baleines noires, explique Jean-Paul Gagné.

Une pêche hâtive du crabe, c’est la mesure la plus simple à court terme et globalement.

Une citation de Jean-Paul Gagné, directeur de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche

Au moment d’écrire ces lignes, le MPO n’avait pas répondu à toutes nos demandes d’informations.

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