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Mashteuiatsh et Essipit s’entendent sur un chevauchement de leurs territoires

Deux hommes signent un document avec un panache sur la table.

Le chef d'Essipit, Martin Dufour, et celui de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, ont signé le document en présence des médias.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Radio-Canada

Les chefs de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, et d'Essipit, sur la Côte-Nord, ont procédé jeudi après-midi à la signature d'une entente territoriale et de gouvernance. Elle permet entre autres de délimiter le Nitassinan, le territoire ancestral innu. Les territoires des deux Premières Nations se chevauchaient sur une portion au nord de la rivière Saguenay.

Cette situation créait des ambiguïtés concernant les droits de pratiques de certaines activités, mais aussi concernant le développement de potentiels projets.

Il y a certaines pratiques qui vont relever de notre autorité. D'autres, si elles sont dans le bassin d'Essipit, nos membres vont devoir respecter les encadrements émis par cette communauté. Donc ça, c'est réglé. On va être capable, lorsqu'arrive un projet, de déterminer qui est le porteur du projet. Est-ce que c'est Essipit? Est-ce que c'est Mashteuiatsh? Ça va donner un éclairage beaucoup plus soutenu à ce niveau-là et ça va rendre la vie plus facile aux promoteurs, a expliqué en conférence de presse le chef du conseil de conseil de bande de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique.

Le territoire visé se trouve au nord de Saint-Fulgence.

Une carte de territoires.

Le chevauchement entre les territoires d'Essipit et Mashteuiatsh est au nord de la rivière Saguenay.

Photo : Gracieuseté de Mashteuiatsh

Selon Gilbert Dominique, il y avait une partie du territoire d'Essipit qui n'était pas délimitée de façon claire, ce qui donnait lieu à certaines ambiguïtés concernant les droits de pratique dans ce secteur.

Pour le chef d'Essipit, Martin Dufour, ce sont les bonnes relations entre les deux communautés qui ont mené à cette entente.

Pourquoi on est rendu ici aujourd'hui ? C'est parce qu'il y a vraiment un lien de confiance qui s'est établi entre nos deux Premières Nations au cours des 10 dernières années, a-t-il exposé.

Deux hommes sourient avec des documents dans les mains.

Les chefs d'Essipit, Martin Dufour, et de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, étaient souriants à la suite de la signature de l'entente.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Larouche

Le communiqué précise aussi que l’entente vise à structurer leurs relations pour renforcer leur pouvoir d’intervention auprès des gouvernements, des instances régionales, des promoteurs et des autres nations.

Dans le cadre de cette entente, les deux communautés s’engagent également à convenir d’une entente spécifique à l’égard du Nitassinan commun, la Partie sud-ouest, est-il aussi écrit à propos du territoire situé au sud du Saguenay, dans la réserve faunique des Laurentides.

Ce territoire ancestral est également revendiqué par les Hurons-Wendat de Wendake, le Nionwentsïo.

L'Entente de principe d'ordre global de 2004 délimite les territoires de quatre Premières Nations innues, dont Mashteuiatsh, en vert. La portion bleue est la partie sud-ouest revendiquée par les Innus et se trouve en plein cœur du Nionwentsïo, territoire ancestral de la Nation huronne-wendat délimité en rouge.

L'Entente de principe d'ordre global de 2004 délimite les territoires de quatre Premières Nations innues, dont Mashteuiatsh, en vert. La portion bleue est la partie sud-ouest revendiquée par les Innus et se trouve en plein cœur du Nionwentsïo, territoire ancestral de la Nation huronne-wendat délimité en rouge.

Photo : Conseil de la Nation huronne-wendat

À partir du moment où la Nation Wendat a toujours exprimé le fait que c'est un territoire exclusif à la Nation, inévitablement, ça ouvre très peu de portes et de perspectives à un règlement. Nous, on a proposé à maintes reprises l'hypothèse qu'on puisse s'entendre et le gros bon sens nous indique qu'on a avantage à s'entendre, a poursuivi Gilbert Dominique.

Rappelons que les Innus avaient dénoncé un saccage commis dans ce secteur en juin dernier.

La réaction des Hurons-Wendat

Le Conseil de la Nation huronne-wendat (CNHW) a réagi en fin de journée jeudi dans un communiqué, en disant qu'il compte travailler de bonne foi pour régler ce conflit territorial, malgré les refus de collaboration passés et récents des deux communautés innues.

En campagne électorale, le premier ministre François Legault avait parlé d’un traité historique à venir avec les Innus d’Essipit, de Nutashkuan et de Mashteuiatsh. Elle avait alors été dénoncée par Wendake.

Jeudi, leur position en ce sens a été réitérée.

Je veux être clair : Essipit et Mashteuiatsh ne peuvent pas s'arroger unilatéralement des droits sur le territoire de la Nation huronne-wendat. De toute manière, aucun traité ne sera signé avec les communautés innues avant qu'une entente entre elles et la Nation huronne-wendat ne soit conclue , a déclaré jeudi le grand chef Rémy Vincent.

Le CNHW prétend qu’une entente signée en 2004 entre Québec, Ottawa et les Innus ne s’applique pas, car ils n’ont pas été inclus. Les Hurons-Wendat se rabattent plutôt sur un traité datant de 1760.

D'après un reportage d'Andréanne Larouche

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