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Demande record dans les banques alimentaires au Canada, dit un rapport

Au Québec, le nombre d'utilisateurs, y compris des familles, a bondi de 33 % depuis 2019.

Des bénévoles placent des aliments sur les tablettes de la banque alimentaire Guru Nanak à Surrey, en Colombie-Britannique.

Le nombre de visites dans les banques alimentaires au Canada ont augmenté de 35 % depuis 2019, selon un rapport (archives).

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Radio-Canada

Les banques alimentaires canadiennes ont recensé près de 1,5 million de visites en mars dernier, soit 15 % de plus qu’à la même période l’an dernier et 35 % de plus qu’en mars 2019 avant la pandémie, selon un rapport.

Pour son bilan annuel publié jeudi, le groupe Banques alimentaires Canada se fonde sur les données de plus de 4750 banques alimentaires et organismes.

Kirstin Beardsley, PDG de Banques alimentaires Canada, qualifie le rapport 2022 de bouleversant.

Le nombre d’utilisateurs n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire canadienne, note-t-elle.

Elle montre du doigt une combinaison de facteurs, y compris la hausse marquée du prix des denrées alimentaires, la forte inflation et des prestations d’aide sociale peu élevées. C’est sans parler, dit-elle, des aînés à revenu fixe qui n’arrivent plus à faire face à l’inflation.

« Des aînés se tournent vers les banques alimentaires pour la première fois de leur vie, parce qu’ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts. »

— Une citation de  Kirstin Beardsley, PDG, Banques alimentaires Canada

Mme Beardsley cite aussi l’exemple des employés au salaire minimum comme les étudiants dont le chèque de paie ne suit pas l’inflation.

La situation s'aggrave dans les banques alimentaires

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Un chariot de supermarché dans une allée d'épicerie.

Le rapport indique qu’environ un demi-million de clients des banques alimentaires, soit le tiers, sont des enfants, alors que ceux-ci forment 20 % de la population du pays. C’est l’avenir de notre pays, lance-t-elle. Lorsqu’un enfant va à l’école affamé, il ne peut pas se concentrer et apprendre.

Selon Banques alimentaires Canada, le problème d’insécurité alimentaire est aussi particulièrement criant dans le Grand Nord.

Le rapport recommande d’instaurer un revenu minimum garanti, de fournir plus de logements abordables et de réformer les programmes d’assurance-emploi et d’allocation canadienne pour les travailleurs.

Sonnette d’alarme au Québec

Le réseau des Banques alimentaires du Québec fait état lui aussi d’un achalandage record.

Le réseau aide aujourd'hui 671 000 personnes par mois, soit une hausse de 33 % par rapport à il y a trois ans et 9 % de plus que l'an dernier, précise le rapport Bilan-Faim 2022 publié jeudi.

En seulement un an, le nombre mensuel de demandes d'aide alimentaire auxquelles répond le réseau a bondi de 375 000, passant de près de 1,9 million à plus de 2,2 millions, soit une hausse de 20 %.

Et ces chiffres sous-estiment probablement l'ampleur réelle de la situation, selon le directeur général des Banques alimentaires du Québec, Martin Munger. Ces données-là ont été recueillies en mars, précise-t-il. D'après ce qu'on me dit sur le terrain, ça continue.

« Ce sont des sommets pour la demande qui n'ont jamais été atteints par le passé. Notre réseau n'a jamais répondu à une telle demande de son histoire. »

— Une citation de  Martin Munger, directeur général, Banques alimentaires du Québec

Environ les deux tiers des quelque 1200 organismes desservis par le réseau indiquent avoir manqué de denrées par leurs sources d'approvisionnement habituelles au cours de la dernière année.

Confrontés aux problèmes actuels de la chaîne d'approvisionnement, les donateurs habituels du réseau, comme les producteurs et les transformateurs alimentaires, ont entrepris de mieux gérer leurs stocks, ce qui signifie qu'en fin de compte ils avaient moins de surplus à donner, explique M. Munger.

D'une part, la demande augmente d'une manière considérable, et d'autre part, on a plus de difficultés à s'approvisionner, résume-t-il. Le réseau a été contraint pour une très rare fois de son histoire de dépenser des centaines de milliers de dollars pour acheter de la nourriture.

Selon rapport Bilan-Faim 2022, 34 % des bénéficiaires de l'aide alimentaire au Québec sont des enfants. Environ 40 % des demandeurs de dépannage alimentaire sont des personnes vivant seules ou des ménages avec des enfants (18 % sont des ménages monoparentaux et 24 % sont des ménages biparentaux).

On n'a jamais vécu ça dans le passé, martèle M. Munger. L'effet de l'inflation, l'effet de la pandémie, ça dépasse les moyens du réseau des banques alimentaires.

Avec les informations de La Presse canadienne

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