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En pénurie d’infirmières, Vitalité fait appel à des agences privées

« Ces infirmières-là sont payées une fois et demie ou, des fois, deux fois le salaire d’une infirmière qui est sur la même unité »

Deux infirmières dans un couloir d'hôpital. Une met sa main sur l'épaule de l'autre.

Les infirmières d'agence sont payées plus cher que leurs collègues permanentes.

Photo : Reuters / Diego Vara

Le Réseau de santé Vitalité se tourne vers des agences privées pour faire face à la pénurie d’infirmières. Une décision critiquée par le syndicat, puisque les infirmières d’agences sont mieux rémunérées que leurs collègues permanentes.

Radio-Canada Acadie a appris que des infirmières itinérantes ont récemment commencé à œuvrer au sein du Réseau de santé Vitalité. L'information est confirmée par la régie francophone.

La pratique de faire appel aux infirmières itinérantes est récente au Réseau de santé Vitalité, affirme par courriel la vice-présidente principale aux programmes cliniques et soins infirmiers de Vitalité, Sharon Smyth-Okana.

Des contrats ont été signés avec trois agences privées, soit Canadian Health Labs, Goodwill Staffing et Agence SPI.

Les premières infirmières dépêchées par ces agences ont commencé à travailler dans deux hôpitaux — soit le CHU Dumont de Moncton et l’Hôpital régional de Campbellton — en septembre 2022, selon Vitalité.

Vitalité indique que les données sur le nombre d'heures travaillées ne sont pas encore disponibles, mais il précise que la mesure n'est pas mise en œuvre à grande échelle.

De prime abord, l’embauche d’infirmières itinérantes n’est pas une pratique préconisée par le Réseau. Nous le faisons en dernier recours seulement et pour des périodes de temps le plus court possible, a noté Sharon Smyth-Okana.

Le Réseau de santé Horizon — soit la régie anglophone de la province — signale pour sa part qu’il ne fait pas du tout appel aux services d'agences privées pour répondre à ses besoins.

Horizon n’a pas embauché d’infirmières par l’entremise d’agences privées. Nous poursuivons nos efforts intensifs pour recruter du personnel infirmier en suivant nos propres stratégies internes, affirme par courriel la vice-présidente aux soins infirmiers et cheffe du personnel infirmier, Brenda Kinney.

C’est un manque de respect

Le fait que Vitalité ait recours à des infirmières d’agence ne plaît pas à tout le monde dans les hôpitaux néo-brunswickois.

Maria Richard dehors avec un micro de Radio-Canada tendu devant elle.

Maria Richard est première vice-présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Pierre Richard

C’est ce que signale la première vice-présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick, Maria Richard. Le salaire versé aux infirmières d’agence dérange, dit-elle.

Les infirmières disent "ben là, c’est un manque de respect." [...] Ces infirmières-là sont payées une fois et demie ou, des fois, deux fois le salaire d’une infirmière qui est sur la même unité, par notre gouvernement, a-t-elle dit lors d'une entrevue avec Radio-Canada Acadie en septembre.

Radio-Canada Acadie a demandé à Vitalité quel salaire horaire est versé aux infirmières d’agence qui travaillent au CHU Dumont et à l’Hôpital régional de Campbellton. Le réseau de santé n’a pas répondu à notre question.

Nous ne sommes pas en mesure de fournir le taux horaire payé aux infirmières puisque les compagnies établissent des tarifs globaux qui incluent, en plus du salaire payé aux infirmières, des frais administratifs, a affirmé le vice-président à l’expérience employé, Frédéric Finn.

Jusqu'à 100 $ l'heure

Le salaire évoqué par Maria Richard semble toutefois être fidèle à la réalité. C’est ce que l’on constate en consultant des offres publiées en ligne par l’agence Canadian Health Labs au cours des derniers jours.

L’entreprise cherchait alors des infirmières immatriculées itinérantes spécialisées dans les soins urgents et les soins aigus afin de travailler dans des hôpitaux du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le salaire offert est de 80 $ à 100 $ l’heure. L’agence précise dans les offres qu’elle couvre les frais d’hébergement et les coûts liés aux déplacements.

C’est plus que le salaire de base versé aux infirmières immatriculées qui travaillent dans le système de santé publique néo-brunswickois. En vertu de leur convention collective, elles gagnent de 35,34 $ à 61,35 $ l’heure.

Leur salaire dépend de leur ancienneté et des responsabilités qui leur sont confiées. L’échelle salariale des infirmières praticiennes est plus élevée.

Maria Richard affirme qu’elle sait bien qu’il y a une pénurie d’infirmières. Mais selon elle, les agences privées sont une solution coûteuse, inefficace et à court terme.

Nous autres on se dit qu’il y a d’autres façons. On est en train de payer beaucoup plus cher pour des services, des soins infirmiers. [...] Nous, on est préoccupés par cette tendance-là, dit-elle.

Avec des informations de Nicolas Steinbach

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