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Boris Johnson ne se lancera pas dans la course au 10 Downing Street

Boris Johnson.

L'ex-premier ministre Boris Johnson est rentré d'urgence de vacances dans les Caraïbes pour jauger ses appuis en vue d'une nouvelle course à la chefferie du Parti conservateur britannique.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Agence France-Presse

L'ex-premier ministre britannique Boris Johnson s'est retiré dimanche soir de la course au 10 Downing Street dans un coup de théâtre spectaculaire à quelques heures de la clôture des mises en candidature.

Alors que ces mises en candidature doivent se clore lundi à 14 h, heure locale, M. Johnson a affirmé dans un communiqué qu'il avait obtenu les 100 parrainages nécessaires pour se présenter.

Toutefois, a-t-il déclaré, ces derniers jours, je suis arrivé à la triste conclusion que ce ne serait tout simplement pas la bonne chose à faire. On ne peut pas gouverner efficacement si on n'a pas un parti uni au Parlement, a-t-il ajouté.

Il s'est dit convaincu qu'il aurait eu, s'il avait été candidat, une bonne chance [...] de retourner à Downing Street et s'est estimé bien placé pour mener son camp lors des prochaines législatives, prévues dans deux ans.

Ce retrait pourrait ouvrir la voie à la nomination de l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak dès lundi : il est pour l'instant le seul candidat à disposer des 100 soutiens nécessaires. L'autre candidate, la ministre des Relations avec le Parlement Penny Mordaunt, en est loin.

Lors d'une fin de semaine d'intenses tractations, M. Sunak, 42 ans, s'est lancé dimanche dans la course pour succéder à Liz Truss, qui a démissionné après seulement 44 jours au pouvoir.

Je veux redresser notre économie, unir notre parti et agir pour notre pays, a-t-il déclaré en annonçant sa candidature sur Twitter, promettant intégrité, professionnalisme et responsabilité.

Le camp de Boris Johnson avait affirmé tout le week-end que l'ex-premier ministre de 58 ans, revenu samedi de vacances dans les Caraïbes, avait lui aussi atteint les 100 soutiens, contredisant au moins trois décomptes officieux qui lui donnaient dimanche soir entre 57 et 76 soutiens déclarés.

J'ai parlé à Boris Johnson et il va certainement se présenter, avait affirmé un de ses proches, le ministre Jacob Rees-Mogg.

Rishi Sunak.

Vendredi soir, Rishi Sunak était le premier à avoir atteint les 100 parrainages de députés conservateurs nécessaires pour poursuivre la course.

Photo : Reuters / HENRY NICHOLLS

La deuxième candidate déclarée, la ministre des Relations avec le Parlement Penny Mordaunt, avait selon son entourage été approchée par Boris Johnson, qui lui aurait demandé de se désister en sa faveur. Mme Mordaunt a déclaré sur la BBC qu'elle était candidate pour gagner.

Le soutien à Rishi Sunak augmente d'heure en heure, avait aussi déclaré Dominic Raab, ancien vice-premier ministre de Boris Johnson.

Parmi ses récents soutiens les plus remarqués, on note celui de l'ancienne ministre de l'Intérieur Suella Braverman, influente dans l'aile droite du parti et depuis des années fidèle à Boris Johnson.

Boris, trop englué dans les scandales?

Même s'ils ne le soutiennent pas, de nombreux députés conservateurs ont pris le soin de professer leur affection pour Boris Johnson, contraint à démissionner début juillet après un trop-plein de scandales et de mensonges. Cet éternel optimiste et ancien héros du Brexit reste populaire auprès de la base du parti.

Cependant, pour beaucoup, y compris dans son camp, il est trop controversé pour revenir à Downing Street, d'autant qu'il fait toujours l'objet d'une enquête parlementaire, qui doit démarrer prochainement, pour établir s'il a menti au Parlement au sujet du partygate, ces fêtes illégales à Downing Street durant le confinement anti-COVID.

Ce serait un désastre garanti, a déclaré dimanche Steve Baker, ministre pour l'Irlande du Nord, prédisant qu'un gouvernement Johnson imploserait en quelques mois.

Liz Truss parle lors d'une conférence de presse.

La première ministre britannique Liz Truss a annoncé sa démission le 20 octobre 2022 devant le 10 Downing Street, à Londres.

Photo : Getty Images / Rob Pinney

Rishi Sunak, gardien de l'orthodoxie budgétaire et bourreau de travail, leur apparaît comme un meilleur choix au moment où le pays traverse une profonde crise économique et sociale, encore aggravée par les errements calamiteux de Liz Truss, qui ont déstabilisé les marchés et fait chuter la livre.

M. Sunak avait régulièrement mis en garde cet été contre le plan économique de Liz Truss. Il n'avait pas convaincu les militants du parti, qui avaient le dernier mot et l'avaient élue.

La campagne pour la remplacer ne durera au mieux que quelques jours.

Si Penny Mordaunt ne se retire pas et atteint les 100 parrainages, les députés conservateurs voteront lundi après-midi, de manière indicative, pour indiquer à la base du parti qui est leur préféré.

Les membres pourront ensuite voter en ligne jusqu'au 28 octobre. Le vote indicatif des députés n'existait pas cet été, quand les quelque 140 000 votants du parti avaient élu Liz Truss, alors que les députés lui préféraient Rishi Sunak.

Le prochain premier ministre conservateur sera le troisième en deux mois et le cinquième depuis 2016.

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