•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pénurie de vaccins contre le choléra force l’administration d’une seule dose

Deux hommes assis sur des chaises sont penchés par en avant au-dessus de seaux et tiennent des tasses.

Des patients qui souffrent de symptômes s'apparentant à ceux du choléra attendent dans une clinique de Médecins sans frontières, à Port-au-Prince, le 7 octobre 2022.

Photo : Associated Press / Odelyn Joseph

Radio-Canada

La pénurie de vaccins contre le choléra force les instances sanitaires à n'administrer qu'une seule dose – au lieu des deux recommandées – au moment où, dans le monde, le nombre de foyers de la maladie fait un bond sans précédent.

Ce changement de stratégie permettra de fournir des doses à plus de pays, explique l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui participe au Groupe de coordination internationale (ICG) avec Médecins sans frontières, la Croix-Rouge et l'UNICEF, responsables des distributions d'urgence de ces vaccins.

Depuis janvier, 29 pays ont signalé des cas de choléra, dont Haïti, le Malawi et la Syrie, qui sont confrontés à d'importantes épidémies.

Une situation tout à fait exceptionnelle, l'OMS rappelant qu'au cours des cinq années précédentes, moins de 20 pays en moyenne ont signalé des flambées.

Le choléra est généralement contracté à partir d'aliments ou d'eau contaminés et provoque diarrhées et vomissements.

Le choléra est extrêmement dangereux et peut tuer en un jour, a mis en garde le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelant que l'accès à l'eau potable et l'assainissement sont essentiels pour prévenir et contrôler sa transmission.

Tedros Adhanom Ghebreyesus porte des lunettes et a la bouche ouverte.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Photo : Reuters

Une efficacité démontrée

L'Organisation estime que les épidémies de choléra sont de plus en plus nombreuses, plus étendues et plus graves à cause d'inondations, de sécheresses, mais aussi de conflits, de mouvements de population ou d'autres facteurs qui limitent l'accès à l'eau potable.

Elle juge que la stratégie à dose unique a montré son efficacité par le passé pour combattre les flambées épidémiques, même si on ne sait pas combien de temps elle protège.

Bien que l'interruption temporaire de la stratégie à deux doses entraîne une réduction et un raccourcissement de l'immunité, cette décision permettra de vacciner davantage de personnes et de leur assurer une protection à court terme si la situation mondiale du choléra devait continuer à se détériorer, insiste l'Organisation.

L'approvisionnement actuel en vaccins contre le choléra est extrêmement limité.

Sur les 36 millions de doses au total qui devraient être produites en 2022, 24 millions ont déjà été expédiées pour des campagnes préventives (17 %) et réactives (83 %) et 8 millions de doses supplémentaires ont été approuvées par l'ICG pour le deuxième cycle de vaccination d'urgence dans 4 pays, souligne l'OMS dans son communiqué.

« Comme les fabricants de vaccins produisent à leur capacité actuelle maximale, il n'y a pas de solution à court terme pour augmenter la production. »

— Une citation de  Organisation mondiale de la santé

Incertitudes dans la production

La décision par un fabricant indien de vaccins contre le choléra, filiale du français Sanofi, d'arrêter la production d'ici la fin de l'année a ajouté à l'inquiétude.

Mais, explique un porte-parole de Sanofi, la pénurie actuelle est due à une recrudescence des cas et non à un arrêt de la production de vaccins par Sanofi, puisque nous continuons actuellement à livrer des doses du vaccin Shanchol.

Le groupe rappelle avoir annoncé dès 2020 sa décision d'arrêter la production à cause du faible nombre de doses produites et du fait que d'autres acteurs avaient alors annoncé une augmentation de leurs capacités de production. Il a aussi signé un accord de transfert de compétences afin de faciliter l'arrivée de nouveaux producteurs de vaccins.

Pour Médecins sans frontières (MSF), le passage à une dose est une décision de dernier recours qui permet d'éviter de faire le choix impossible d'envoyer des doses dans un pays plutôt qu'un autre, souligne la docteure Daniela Garone, coordinatrice médicale internationale de l'ONG dans un communiqué.

La vaccination à dose unique offrira une protection plus courte, mais c'est le moyen juste et équitable d'essayer de protéger autant de personnes que possible, alors que nous sommes confrontés à des épidémies de choléra simultanées, a-t-elle souligné.

Mais, insiste-t-elle, cette solution n'est que temporaire et la pénurie actuelle d'approvisionnement est une grave préoccupation pour toute réponse à court et moyen terme nécessaire pour de nouvelles épidémies de choléra cette année.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...