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Fiona est la tempête la plus coûteuse de l’histoire du Canada atlantique

Un arbre déraciné renversé sur une clôture dans une cour.

De nombreuses réclamations d'assurances ont été faites après le passage de la tempête Fiona, le mois dernier.

Photo : Radio-Canada / Kirk Pennell

Radio-Canada

La tempête Fiona a causé 660 millions de dollars en dommages assurables, ce qui en fait la tempête la plus coûteuse de l’histoire du Canada atlantique.

Le Bureau de l’assurance du Canada (BAC) a dévoilé ces données mercredi. Selon le BAC, il s’agit du dixième plus important événement météorologique au Canada en ce qui concerne les dommages assurables.

Total des dommages assurables par province :

  • Nouvelle-Écosse : 385 millions $
  • Île-du-Prince-Édouard : 220 millions $
  • Nouveau-Brunswick : 30 millions $
  • Québec : 11 millions $
  • Terre-Neuve-et-Labrador : 7 millions $

Il est à noter que de nombreuses maisons et des édifices se trouvaient dans des endroits à risques élevés et n’étaient pas admissibles à une couverture d’assurances. Cela signifie qu’une grosse partie des coûts des dommages devra être prise en charge par les gouvernements.

Alors que nous commençons à voir l'étendue des dommages causés par l'ouragan Fiona, il est clair qu'il faut faire beaucoup plus pour améliorer notre résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes et bâtir une culture de préparation pour l'avenir, a déclaré Amanda Dean, vice-présidente pour l’Atlantique du BAC.

Pour un fonds commun d'assurance

L’organisme milite pour la création d’un programme public-privé d’assurance qui permettrait, selon le BAC, d’offrir une couverture plus abordable pour les personnes vivant dans les secteurs à risques.

Le Canada doit accorder la priorité à l'élaboration d'une stratégie nationale d'adaptation, y compris un fonds commun d'assurance contre les inondations à haut risque, afin de faire face aux catastrophes liées au climat telles que les chaleurs extrêmes, les incendies de forêt, les inondations, les tempêtes de vent et la grêle, indique l’organisme dans son communiqué de presse.

Des débris, dont le toit d'un bâtiment, flottent dans l'eau. Une excavatrice au loin est en marche.

Le 27 septembre 2022, le nettoyage des dommages causés par l'ouragan Fiona était en cours à Burnt Islands, Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

La tempête Fiona a déferlé sur les provinces atlantiques le 24 septembre dernier. La tempête a causé d'importants dommages, des milliers d’arbres ont été déracinés, des maisons endommagées ou emportées et des centaines de milliers de personnes ont été privées de courant pendant plusieurs jours, surtout en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les gouvernements provinciaux ont chacun annoncé des programmes d’aide pour les citoyens touchés par la tempête. De son côté, Ottawa a annoncé un nouveau Fonds de rétablissement de l’ouragan Fiona de 300 millions de dollars.

Une météo qui appartient au passé

« L'ensemble de notre société est mal adaptée aux changements climatiques et se fait frapper de plus en plus fort. »

— Une citation de  Alain Bourque, directeur général, Ouranos

Nos communautés et notre économie sont de moins en moins adaptées aux conditions météorologiques, souligne Alain Bourque, directeur général d'Ouranos, un consortium qui se consacre à la climatologie régionale et à l'adaptation aux changements climatiques.

Il demande que l'on revoie la façon dont nous occupons le territoire. La prise de conscience, plaide-t-il, commence avec les individus et s'étend aux gouvernements qui auront un rôle structurant à jouer dans cette transition.

Au cours des 30 ou 40 dernières années, tout a été fait en fonction d’une météo qui a changé, et n’est tout simplement plus celle que nous avons actuellement, mentionné Alain Bourque dans une entrevue, mercredi.

« Faut vraiment repenser l'ensemble de notre relation avec la météo et le climat, et ça, c'est une relation qu'on a beaucoup prise pour acquis par le passé. »

— Une citation de  Alain Bourque, directeur général, Ouranos

Le climat de l’époque permettait de vivre avec certains risques, comme la proximité de l’océan et des rivières, même de construire des bâtiments qui étaient plus ou moins adaptés à la chaleur accablante, parce qu'on ne vivait pas beaucoup ça au Canada, a-t-il déclaré.

Pour l'instant, les chiffres montrent de façon assez claire qu'on a plutôt tendance à reconstruire un peu comme c'était avant, observe Alain Bourque. Ça fait en sorte que l'impact des désastres naturels prennent toujours de l'ampleur, parce qu'on ne tire pas bien les leçons des événements historiques récents, et on ne tire pas bien les leçons de ce que la science des changements climatiques nous dit.

Les gouvernements ont la responsabilité de bien faire comprendre à ceux qui développent des infrastructures que l’on ne peut plus agir sans effectuer de bonnes analyses de risques qui s’appuient sur la science.

C'est pas juste le gouvernement , plaide-t-il cependant. C'est chacun d'entre nous, quelque part, qui s'est mis en position de vulnérabilité, en position de risque. Il faut corriger ça.

Avec des renseignements de Sarah Déry

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