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Des immigrants veulent travailler davantage, mais leur permis les en empêche

Deux hommes discutent en travaillant dans la cuisine d'un restaurant.

Le Tunisien Hedi Harrathi (à droite) est en compagnie d'Assane Sakho (à gauche), le propriétaire du restaurant Chez Omer, à Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Radio-Canada

Des travailleurs étrangers venus s'installer sur la Côte-Nord déplorent l'existence d'une politique fédérale qui les empêche d'occuper plus d'un emploi lorsqu'ils immigrent dans le cadre d'un programme destiné aux travailleurs temporaires étrangers. Ils sont contraints de signer un permis de travail fermé, ce qui leur interdit de cumuler plus d'un emploi avant d'obtenir la résidence permanente.

Le Tunisien Hedi Harrathi fait partie des nouveaux arrivants de Sept-Îles qui interpellent le ministère fédéral de l'Immigration pour qu'il modifie le règlement et fasse preuve de plus de flexibilité.

Même si M. Harrathi occupe un emploi 40 heures par semaine, il aimerait pouvoir travailler davantage, particulièrement dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre.

Hedi Harrathi est à l'extérieur dans la ville de Sept-Îles.

Le Tunisien Hedi Harrathi, 40 ans, est arrivé à Sept-Îles il y a neuf mois.

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

« J'aime bien travailler. Je n'aime pas rester à la maison chaque jour, surtout le samedi, le dimanche : tu ne fais rien! Tu ne fais rien! Surtout l'hiver. »

— Une citation de  Hedi Harrathi, nouvel arrivant à Sept-Îles

Ce nouvel arrivant veut aussi augmenter ses revenus pour soutenir sa famille en Tunisie. J'ai ma mère, j'ai mes sœurs, et il faut payer beaucoup de choses là-bas, alors j'ai besoin d'argent, explique-t-il. M Harrathi ajoute que le coût de la vie est élevé à Sept-Îles, ce qui l'empêche de contribuer comme il le souhaiterait auprès de sa famille.

Pénurie de main-d'œuvre

Au centre d'intégration des immigrants de Sept-Îles, les murs sont tapissés d'annonces d'employeurs à la recherche d'employés.

Debout devant une bibliothèque, Hélène Lejeune sourit pour la photo.

Hélène Lejeune est responsable des services aux immigrants au Centre Alpha Lira.

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Les gens qui ont un permis de travail fermé arrivent pour un emploi spécifique, pour un employeur spécifique dans une ville X. Ils sont attachés à cet employeur pour la durée de leur permis de travail, indique la responsable des services aux immigrants au Centre Alpha Lira, Hélène Lejeune.

« Certains travailleurs aimeraient aussi retourner aux études à temps partiel, mais ils n'ont pas le droit. »

— Une citation de  Hélène Lejeune, responsable des services aux immigrants au Centre Alpha Lira

Ici, je n'ai pas le droit de travailler à d'autres jobs, par exemple dans un dépanneur, un café, un resto, ou être livreur, renchérit Hedi Harrathi.

Ce Tunisien d'origine aimerait par exemple pouvoir transmettre ses talents de cuistot au sein de l'équipe de cuisine de son ami. Cette équipe compte des travailleurs étrangers qui ont eux aussi un permis fermé.

Assane Sakho se trouve dans sa cuisine.

Assane Sakho est le propriétaire du restaurant Chez Omer.

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Le propriétaire du restaurant Chez Omer à Sept-Îles, Assan Sakho, dit ne pas être contre le concept des contrats fermés, mais il juge toutefois que la rigidité du processus d'immigration est mise à l'épreuve en cette période marquée par un manque de main-d'œuvre.

Je comprends [Hedi Harrathi]. [Un contrat fermé], c'est un investissement assez lourd. Je pense qu'il faut trouver de la flexibilité pour que, si jamais ça ne marche pas, [ces nouveaux arrivants puissent] aller ailleurs, soutient-il.

Hélène Lejeune affirme toutefois que le permis de travail fermé protège l'employeur qui fait des démarches immenses pour obtenir des travailleurs. Elle ajoute que les employés temporaires qui ne se sentent pas bien à leur travail et qui font face, par exemple, à des abus psychologiques ou physiques sont protégés par des mesures pour qu'ils puissent quitter leur emploi et obtenir rapidement un permis de travail ouvert.

La réponse du ministère de l'Immigration

« Le gouvernement fédéral [...] veille à ce que les Canadiens et les résidents permanents aient la priorité pour les possibilités d'emploi. »

— Une citation de  Extrait de la réponse du ministère de l'Immigration

Le ministère de l'Immigration a refusé notre demande d'entrevue mais a indiqué par courriel qu'[il ne peut] pas spéculer [faire des hypothèses, NDLR] sur de futurs programmes ou changements en rapport avec le contrat de travail fermé.

Avec les informations de Lambert Gagné-Coulombe

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