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24 urgences du Québec ont des taux d’occupation des civières de plus de 150 %

Plusieurs urgences du Québec sont à ce point débordées que des médecins et des infirmières craignent de commettre des erreurs médicales.

Des ambulances.

L'urgence de l'Hôpital du Suroît affiche un taux d'occupation des civières d'environ 200 %.

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

L’occupation des civières aux urgences atteint des taux exceptionnels un peu partout au Québec à cette période de l’année.

En Montérégie-Ouest, par exemple, le taux d’occupation des civières à l’Hôpital du Suroît dépassait les 200 % lundi matin avec 65 patients sur des civières.

La majorité des patients ont d’ailleurs été invités à retourner chez eux durant la nuit.

Tous les patients ont passé au triage, mais comme il y avait peu de capacité, les cas non urgents (p4-p5) étaient invités cette nuit à retourner à la maison et à essayer de voir leur médecin de famille aujourd’hui, explique Jade St-Jean, conseillère-cadre aux communications externes ainsi qu'aux relations médias et ministérielles du CISSS de la Montérégie-Ouest.

Du personnel a même pris l’initiative d’apposer une affiche portant la mention fermeture temporaire à l’entrée de l’urgence.

Une affiche sur la porte d'un hôpital.

Une affiche annonçait la fermeture temporaire de l'urgence de l'Hôpital du Suroît dimanche soir.

Photo : Radio-Canada

En début d'après-midi lundi au Québec, 24 urgences affichaient des taux d’occupation de civières supérieurs à 150 %. Il s'agit d'une urgence sur cinq.

Quand on défonce les 150 %, il faut comprendre que tout devient dysfonctionnel, explique le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec. Les corridors deviennent pleins, les salles d'examen sont pleines.

Selon le Dr Boucher, à la même période l'an dernier, il y avait environ 30 % moins de congestion dans nos urgences, et c'est ce qui nous fait peur pour l'hiver qui s'en vient.

Un médecin en entrevue avec un journaliste.

Le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec

Photo : Radio-Canada

Les agences privées montrées du doigt

Selon Mélanie Gignac, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Ouest (SPSMO-FIQ), les problèmes aux urgences sont liés au manque de personnel ainsi qu’au recours aux agences privées d’infirmières.

Les agences qui viennent chez nous mettent une pression supplémentaire sur les infirmières qui doivent les former et leur montrer les protocoles, explique-t-elle.

Trouvez-vous normal qu'une infirmière du public qui gagne 40 $ de l’heure côtoie sa collègue du privé à 120 $ de l’heure? questionne encore Mme Gignac.

La présidente d'un syndicat en entrevue avec un journaliste.

Mélanie Gignac, présidente du Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie-Ouest

Photo : Radio-Canada

D'après Mme Gignac, plusieurs infirmières d’agence boudent aussi les quarts de travail défavorables, notamment les soirs, les fins de semaine et les jours fériés.

Les gens qui veulent travailler au privé, qu’ils aillent travailler dans les cliniques strictement privées, affirme Mme Gignac.

En Montérégie-Ouest, on affiche plus 900 emplois à pourvoir, dont plusieurs postes d’infirmière.

La présidente du SPSMO-FIQ s’étonne également du silence des ordres professionnels.

Je le dénonce haut et fort [...]. Comment [les] ordres professionnels des infirmières, des infirmières auxiliaires et des inhalothérapeutes peuvent laisser des gens travailler autant d’heures en une semaine? Pour ce qui est de soigner de façon sécuritaire, il y a des professionnelles qui sont tellement fatiguées qu’elles sont sujettes à faire des erreurs médicales sur des patients.

À l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), on rappelle les nombreuses interventions réalisées sur les conditions d’exercice, les ratios, la prestation sécuritaire des soins et le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Le président du Collège des médecins, le Dr Mauril Gaudreault, a abordé la question des urgences dans une communication aux membres vendredi dernier.

« Les médecins des urgences craignent de commettre des erreurs ou des fautes déontologiques. »

— Une citation de  Le Dr Mauril Gaudreault, président du Collège des médecins du Québec

Le Dr Gaudreault a rencontré le Regroupement des chefs d’urgence du Québec à deux reprises au cours des derniers jours.

Le Collège se penchera sur cette question, continuera de soutenir ces médecins et poursuivra les échanges avec eux, a précisé le Dr Gaudreault.

À Laval, le président du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires (SIIIAL-CSQ), Dereck Cyr, signale par ailleurs que des ambulances sont régulièrement retenues à l’hôpital, le temps qu’une civière se libère à l’urgence pour le patient qu'elles transportent. Des ambulances ne sont pas libérées pour retourner sur la route durant ce temps-là, déplore-t-il.

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