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Arrestations musclées : un policier de Québec accusé de voies de fait

Jacob Picard portant un polo blanc qui sourit pour la caméra.

Reportage de Camille Carpentier.

Photo : Facebook

Un policier du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a été accusé de voies de fait causant des lésions et de voies de fait. Jacob Picard, 27 ans, doit comparaître le 28 novembre au palais de justice de Québec.

Les accusations sont le fruit d’une enquête menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) sur deux événements survenus à l’automne 2021.

Dans la nuit du 16 au 17 octobre, des images d'une intervention du policier au bar le District Saint-Joseph ont été captées par des caméras de sécurité. On y voit le policier pousser violemment Mathieu Gamache tête première contre un mur.

Trois captures d'écran d'une quatrième vidéo montrant une intervention musclée du SPVQ.

Trois captures d'écran d'une vidéo montrant une intervention musclée du SPVQ.

Photo : Gracieuseté

L'avocat de M. Gamache, François-David Bernier, n’est pas surpris de voir le policier accusé au criminel par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Dans ce dossier-là, il y a une vidéo qui est accablante, dans laquelle on voit une force excessive, une violence, c'est ce qui constituait pour nous une voie de fait avec lésion, commente-t-il.

Les accusations de voies de fait constituent selon l’avocat une reconnaissance que ce qu’a vécu son client n’était pas normal.

Le policier peut exercer une force s'il y a une menace pour lui ou pour autrui, mais on n’était pas du tout dans ce cas-là, analyse Me Bernier alors que son client semblait reculer les mains en l’air lorsqu’il a été poussé contre le mur.

Mathieu Gamache affirme avoir subi une commotion cérébrale dont il conserve des séquelles à ce jour. Il réclame d'ailleurs près de 400 000 dollars à la Ville de Québec en dommages et intérêts compensatoires. Son avocat souligne toutefois que le procès criminel qui attend le policier pourrait retarder la poursuite civile.

De son côté, la Fraternité des policiers rappelle dans un communiqué que la décision du DPCP d’accuser un policier ne doit pas être interprétée comme étant la confirmation de la culpabilité de ce policier. Le syndicat ajoute que la ligne est parfois mince entre l’utilisation d’une force nécessaire et l’utilisation d’une force excessive dans le cadre du travail d’un policier.

Deuxième arrestation violente

Le DPCP accuse aussi Jacob Picard d'avoir commis des voies de fait sur un autre individu une semaine plus tard, le 24 octobre.

Lors d'une intervention dans le secteur de la Grande Allée, une autre vidéo montre le policier menaçant un homme avec un aérosol capsique avant de le pousser violemment contre une autopatrouille.

Le policier Jacob Picard est actuellement affecté à des tâches administratives.

Le système fonctionne

Soucieux de ne pas interférer dans le processus judiciaire en cours, le maire de Québec n'a pas souhaité commenter le cas du policier Jacob Picard.

Bruno Marchand estime néanmoins que les accusations tombées aujourd'hui démontrent que le système fonctionne, même s'il faut parfois être patient.

« Je pense que les gens aujourd'hui peuvent voir qu'il n'y a pas de cachette. »

— Une citation de  Bruno Marchand, maire de Québec

Ces processus-là prennent du temps. Pour être bien faits, ils prennent du temps. Dans ce cas-ci, le BEI a fait son travail. Il a analysé la situation [de manière indépendante]. C'est ce dont on avait besoin, a commenté le maire de Québec.

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