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Des manifestants réclament à nouveau la régularisation des sans-papiers

Trois femmes brandissent le poing et des affiches afin de réclamer un statut pour tous les sans-papiers.

Une manifestation a eu lieu le 16 octobre 2022 devant le bureau de la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, à Toronto. Les participants réclamaient la régularisation du statut des personnes sans papiers.

Photo : Radio-Canada / Michael Cole

Radio-Canada

Des manifestants se sont rassemblés à Toronto dimanche devant le bureau de la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, pour demander au gouvernement fédéral de régulariser le statut des sans-papiers au pays.

La majorité des personnes sans papiers contribuent à l'économie du pays, disent-ils, malgré un statut d’immigration qui n'est plus valide.

Ottawa envisage de créer un programme massif de régularisation à l'échelle du Canada. Mais les manifestants rappellent qu’il y a dix mois déjà, en décembre 2021, cette idée figurait dans la lettre de mandat du premier ministre Justin Trudeau envoyée au ministre de l’Immigration, Sean Fraser.

Dans ce document, il est demandé au ministre de poursuivre l’exploration de moyens de régulariser le statut des travailleurs sans papiers qui contribuent aux communautés canadiennes.

Syed Hussan, directeur général de l'organisme Migrant Workers Alliance for Change, souligne que le temps file. Depuis dix mois, nous attendons que cette promesse se réalise et nous n’avons vu aucun changement significatif. En attendant, chaque jour, il y a des gens qui sont déportés, qui tombent malades et dont les droits au travail sont bafoués.

Syed Hussan brandit un porte-voix lors d'une manifestation à Toronto.

Syed Hussan est le directeur général de l'organisme Migrant Workers Alliance for Change.

Photo : Radio-Canada / Michael Cole

Les personnes sans papiers n’ont pas accès aux soins de santé ni aux services d'’éducation, sont à risque d’exploitation au travail et peuvent se faire arnaquer par les propriétaires des logements qu’ils louent, affirme-t-il.

Pourtant, ces personnes sont essentielles et des milliers de migrants ont été aux premières lignes lors de la pandémie de COVID-19, travaillant dans des fermes, dans des résidences pour personnes âgées, sur des chantiers de construction, et faisant des livraisons, rappelle Migrant Workers Alliance for Change.

« Si nous voulons une société juste, nous devons avoir des droits égaux pour tous. »

— Une citation de  Syed Hussan, directeur, Migrant Workers Alliance for Change

Si on tentait d'expulser tous ces gens, l’économie du Canada aurait de graves problèmes, renchérit Raoul Boulakia, un avocat spécialisé en immigration, en entrevue avec Radio-Canada.

Nous avons un problème de main-d'œuvre dans tout le pays [...] et ce n’est pas vraiment une bonne chose que tous ces gens soient ici au moment où nous avons besoin d’eux mais où nous ne leur donnons même pas de papiers.

Manifestations partout au pays

Des manifestations semblables étaient organisées par diverses associations devant les bureaux de presque tous les ministres fédéraux au pays dimanche, y compris devant le bureau de circonscription du premier ministre Justin Trudeau à Montréal.

Les manifestants demandent en définitive un programme complet de régularisation du statut de quelque 500 000 personnes sans papiers au Canada et de leurs familles ainsi que l’octroi de la résidence permanente à plus de 1,2 million de migrants qui ont un statut temporaire.

Les protestataires ont également invité tous les membres du cabinet Trudeau à une rencontre avec des migrants sans papiers à Ottawa en novembre.

L’avocat Raoul Boulakia souhaiterait lui aussi que soit créé un programme fédéral ambitieux.

Il y a seulement des rumeurs et c’est très difficile de savoir ce que [le gouvernement] va envisager de faire, note-t-il.

Il faut une volonté dirigée par les politiciens. Il fait que le ministre et le premier ministre prennent l’initiative au lieu d’être passifs et de dire : ''On va continuer à écouter notre ministère'', et attendre et attendre, dit-il, ajoutant qu’il craint un manque de courage et un manque de vision de la part du gouvernement Trudeau.

Le cabinet du ministre Sean Fraser a déclaré plus tôt ce mois-ci qu'Immigration Canada est en contact depuis tout récemment avec des spécialistes universitaires et avec des intervenants de l’industrie et que le travail se poursuit.

Avec les informations de Yanick Lepage

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