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La Fonderie Horne présente ses projets de modernisation aux citoyens inquiets

Une foule assise dans une salle de réception écoute trois personnes assises à une table sur une scène.

Le plan de la Fonderie Horne pour réduire ses émissions d'arsenic à 15 nanogrammes par mètre cube d'air d'ici 2027 s'élève à 500 millions de dollars.

Photo : Radio-Canada

Plus d’une centaine de personnes ont assisté à une rare rencontre d’information organisée par la Fonderie Horne mercredi soir. L’entreprise a pu y présenter ses projets de modernisation et répondre aux questions de la population.

L’essentiel de la séance d'information a été consacré à la présentation du projet AERIS, qui représenterait des investissements de plus de 500 millions de dollars.

Sommairement, ce projet implique le remplacement de la portion de l’usine dans laquelle se fait la transformation du cuivre, afin de mettre en place un nouveau procédé conçu dans le cadre du projet VELOX. Cette nouvelle technologie, une fois bien implantée, permettrait de réduire les émissions d’arsenic de 45 à 50 %.

Il est également question de l’ajout d’un dispositif d’épuration d’air qui contribuerait à réduire les émissions d’arsenic de 15 à 20 %, ainsi que de la construction d’une nouvelle roue de coulée énergétique.

Selon les estimations de l’entreprise, il sera possible d’atteindre une concentration annuelle de 65 nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air en 2023. Cette concentration pourra ensuite être réduite à 45 nanogrammes entre 2024 et 2026, et à 15 nanogrammes en 2027.

Marie-Élise Viger, assise derrière un ordinateur portatif, parle dans un microphone.

Marie-Élise Viger a souvent été sollicitée par des citoyens inquiets au cours de la soirée.

Photo : Radio-Canada

Qualité de l'air à Rouyn-Noranda

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Des maisons du quartier Notre-Dame près de la Fonderie Horne.

La Fonderie Horne se dit toutefois incapable de réduire le délai dans lequel elle pourrait atteindre le seuil de 15 nanogrammes, d'après Marie-Élise Viger, directrice du volet environnemental des opérations de Glencore en Amérique du Nord.

Le projet qu’on présente aujourd’hui est normalement prévu sur huit ans, mais on vient le compresser sur cinq ans. Compresser encore plus les délais n’est absolument pas faisable.

Une citation de Marie-Élise Viger, directrice du volet environnemental des opérations de Glencore en Amérique du Nord

On précise tout de même que le seuil de 15 nanogrammes est une cible intermédiaire et que l’entreprise souhaite réduire davantage ses émissions d’arsenic dans l'avenir.

Des citoyens peu rassurés

À l’issue de la période de questions, qui a duré près de deux heures, plusieurs citoyens se disent insatisfaits des explications offertes par la Fonderie Horne.

La volonté n’est pas là. Vous préférez continuer de faire des centaines de millions de dollars sur le dos de la santé de la population. Vous dites que vous voulez investir 500 millions de dollars, mais vous refusez de réduire l’alimentation ou de revoir les intrants qui viennent dans l’usine, déplore Clément Boulet, résident du quartier Notre-Dame et ancien travailleur de la Fonderie Horne.

Nicole Desgagnés, debout dans une foule, parle dans un microphone.

Nicole Desgagnés, la porte-parole du comité ARET, est intervenue à de multiples reprises au cours de la période de questions, préoccupée par le délai proposé dans le cadre des projets de modernisation

Photo : Radio-Canada

Bien qu’elle apprécie l’effort de transparence de l’entreprise, Nicole Desgagnés, porte-parole du comité citoyen Arrêt des rejets et émissions toxiques (ARET), estime que les délais proposés par l’entreprise auraient intérêt à être raccourcis.

Je pense qu’on ne peut pas bâtir une maison et vivre dedans en même temps. Peut-être que s’ils ralentissaient temporairement pendant les travaux, ça irait plus vite.

Une citation de Nicole Desgagnés, porte-parole du comité citoyen Arrêt des rejets et émissions toxiques

Je pense qu’on est convaincus que tout le monde travaille fort. Le problème, c’est que le plan d’affaires de Glencore se décide ailleurs. C’est la décision d’une grosse multinationale, ajoute-t-elle.

D’autres résidents ont profité de leur intervention pour saluer les projets de modernisation mis en avant par la fonderie, soulignant tout de même un certain scepticisme par rapport à l’efficacité de ceux-ci.

Une division qui perdure

Deux citoyens rencontrés sur place, résidents de Rouyn-Noranda depuis plus de 40 ans, se disent plutôt préoccupés par les impacts d’une potentielle fermeture de l’entreprise, mais hésitent à aborder le sujet avec leurs proches.

On ne veut pas trop parler, parce qu’on a un membre de notre famille qui y travaille et un autre qui veut à tout prix que ça ferme. Nous, on est ici depuis longtemps et on sait bien que la fonderie ne peut pas baisser ses émissions du jour au lendemain, raconte l'un d'eux.

Pour ces deux résidents, il est important d’avoir accès directement à l’information sur cet enjeu. Ils affirment d’ailleurs être rassurés par les projets de modernisation présentés par l’entreprise, espérant que cela lui permettra de rester en activité.

Une autre citoyenne, de retour à Rouyn-Noranda après plusieurs années dans la région de Montréal, est du même avis. La mine fait vivre pas mal plus de monde que seulement les travailleurs. On a juste à penser à tous les commerces et aux autres entreprises qui en dépendent. J’espère de tout cœur que ça va s’arranger, affirme-t-elle.

Ne voulant pas être nommée, la résidente se réjouit de pouvoir échanger directement avec des représentants de l’entreprise. Une initiative qu’elle qualifie de nécessaire puisque, selon elle, personne ne veut d’une fermeture.

Pas de modification des intrants à prévoir

Selon Marie-Élise Viger, la présence d’arsenic dans les concentrés de cuivre transformés par la Fonderie Horne est nécessaire pour la production de cuivre pur à 99,99 %.

La fonderie recevrait d’ailleurs des anodes pures à 99,1 % contenant moins d’arsenic, en provenance d’autres usines. Afin de les purifier davantage, il serait nécessaire de les combiner avec des anodes produites aux installations de Rouyn-Noranda, davantage concentrées en arsenic.

C’est nécessaire d’en avoir dans le procédé, on ne peut pas changer ça. Nous offrons un service aux mines pour traiter leur concentré et en faire du cuivre, ce qu’elles ne peuvent pas faire dans leurs propres installations, explique Mme Viger.

Guillaume Dion parle dans un microphone.

Guillaume Dion, directeur du développement technique et des projets stratégiques pour la Fonderie Horne

Photo : Radio-Canada

Guillaume Dion, directeur du développement technique et des projets stratégiques pour la Fonderie Horne, soutient aussi qu’il ne serait pas envisageable de revoir la concentration d’arsenic acceptable dans les concentrés traités par la fonderie.

En fait, l’approche qu’on a dans le développement, c’est vraiment d’améliorer l’efficacité de captage des émissions. La question des concentrés n’est alors plus vraiment pertinente, étant donné que la plupart des émissions sont captées, soutient-il.

Il importe de préciser que la transformation de concentrés ayant une plus forte concentration d’arsenic est plus lucrative pour l’entreprise, en raison de sa complexité.

M. Dion précise que le modèle d’affaire de l’entreprise ne lui permettrait pas de traiter n’importe quelle matière, étant donné les coûts d’opération élevés et les normes environnementales plus strictes.

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