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Vaccin Pfizer et transmission de la COVID : un eurodéputé publie une vidéo trompeuse

Le but des études cliniques du vaccin Pfizer n’était pas de mesurer son efficacité sur la transmission, qui est mieux connue aujourd’hui.

La publication en question est décrite plus bas dans le texte.

Capture d'écran de la publication virale de l'eurodéputé Rob Roos

Photo : Twitter (capture d'écran)

Une vidéo publiée sur Twitter par un eurodéputé a causé un tollé sur les réseaux sociaux. Celle-ci avance que Pfizer n’a pas étudié l’efficacité de son vaccin à empêcher la transmission de la COVID-19 avant de le mettre en marché et que cela a été caché.

Or, ce fait était bien connu à l’époque de l’homologation du vaccin et il n’a jamais été question de tester son effet sur la transmission au moment de le faire approuver, selon des experts. Cela dit, des études plus récentes démontrent qu’il réduit effectivement la transmission.

ALERTE : Lors d’une audience sur la COVID, une directrice de Pfizer a admis que le vaccin n’a jamais été testé pour prévenir la transmission. "Faites-vous vacciner pour protéger les autres" a toujours été un mensonge. La seule raison pour laquelle des passeports vaccinaux ont été imposés : pour forcer les gens à se faire vacciner. La planète doit le savoir. Partagez cette vidéo!

C’est ce qu’on peut lire dans un tweet de l’eurodéputé néerlandais Rob Roos. Dans la vidéo qui accompagne ce gazouillis, M. Roos interroge Janine Small, une représentante de Pfizer, devant un comité du Parlement européen.

J’ai une courte question pour vous, pour laquelle j’aimerais une réponse claire. Je vais parler en anglais pour qu’il n’y ait pas de malentendu. Est-ce que l’efficacité du vaccin contre la COVID de Pfizer pour réduire la transmission a été testée avant sa mise en marché? demande M. Roos.

En ce qui concerne la question de savoir si nous étions au courant que le vaccin empêchait l’immunisation [sic] avant son entrée en marché, non, répond Mme Small en riant.

Vous savez, nous devions aller à la vitesse de la science pour vraiment comprendre ce qui se passait dans le marché.

Dans la vidéo, M. Roos ajoute : Je trouve que c’est choquant et même criminel.

En un peu plus de 24 heures, la vidéo a été vue près de 10 millions de fois sur Twitter. D’innombrables articles, vidéos et publications sur tous les réseaux sociaux ont relayé cette information dans de nombreuses langues.

Les publications sont décrites plus bas dans le texte.

Capture d'écran des retweets de Maxime Bernier et du compte officiel du Parti conservateur du Québec

Photo : Twitter (capture d'écran)

Plus près de chez nous, le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, a partagé la vidéo. LES CAMPAGNES DE VACCINATION ÉTAIENT FONDÉES SUR UN MENSONGE. Pfizer n’a jamais testé son "vaccin" pour savoir s’il empêchait la transmission. Nous croyez-vous maintenant? a-t-il écrit mardi après-midi.

Le compte Twitter officiel du Parti conservateur du Québec a emboîté le pas. Pfizer a admis au Parlement européen [sic] que le vaccin n'avait jamais été testé pour prévenir la transmission du virus. Ce qui nous amène à la question suivante : à quoi servait le passeport vaccinal? a écrit le parti mardi soir.

Pourtant, les experts que nous avons contactés n’y voient aucune grande révélation : c’était une information bien connue à l’époque de la mise en marché du vaccin Pfizer. D’ailleurs, dans un communiqué de la FDA (Nouvelle fenêtre) américaine diffusé au moment d’accorder une autorisation d’urgence pour le vaccin Pfizer, le 11 décembre 2020, les autorités américaines ne pouvaient pas être plus claires.

Il n’y a aucune donnée qui permet de déterminer que le vaccin prévient la transmission du SRAS-CoV-2 [le virus à l’origine de la COVID] d’une personne à une autre, peut-on lire dans ce communiqué.

Dans un autre communiqué de la FDA (Nouvelle fenêtre), celui-ci publié plus tôt, en mai 2021, même chose : En ce moment même, nous ne possédons que des données limitées à savoir si le vaccin peut empêcher la transmission d’une personne à une autre.

Une question de protocole des études cliniques

Selon le Dr Alain Lamarre, expert en immunologie et virologie à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), la question du député était orientée de façon à produire une réponse d’apparence choquante, et la vidéo présente l’information de façon carrément trompeuse.

En effet, les études cliniques sur le vaccin Pfizer avant sa mise en marché concernaient son efficacité pour empêcher une personne vaccinée de développer la forme grave de la COVID et non pour réduire sa transmission, explique-t-il.

C’est trompeur de montrer ça comme quelque chose qui a été caché ou quoi que ce soit. La première étude clinique de Pfizer, et c’est pareil pour Moderna, c’était bien compris que le protocole d’étude clinique avait été mis au point pour regarder les événements symptomatiques. Le but n’était pas de regarder les cas asymptomatiques, donc la transmission potentielle, assure-t-il.

Il ajoute que des études pour déterminer si le vaccin pouvait empêcher la transmission de la COVID auraient été nettement plus complexes et auraient retardé pendant des années la mise en marché du vaccin dans le contexte d’une crise sanitaire qui était alors à son paroxysme.

Ce n’était pas caché du tout, c’était bien clair, et à l’époque, ça n’avait pas été considéré comme étant la priorité numéro un. C’était vraiment de réduire les symptômes et les hospitalisations.

Une citation de Le Dr Alain Lamarre, expert en immunologie et virologie à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS)

Même son de cloche chez Benoît Barbeau, professeur au Département de sciences biologiques de l’UQAM et spécialiste en virologie. À l’époque de la mise en marché des vaccins, la priorité était d’étudier l’efficacité pour protéger des symptômes et non pour réduire la transmission, renchérit-il.

D’ailleurs, M. Barbeau ajoute que si des études n’avaient pas été menées à l’époque pour mesurer l’effet des vaccins sur la transmission, plusieurs ont été publiées depuis.

Ce n’est pas parce qu’une compagnie pharmaceutique n’a pas mené des études qui visent à démontrer que le vaccin bloque la transmission que ça veut dire que le vaccin ne le fera pas, illustre-t-il.

Dès trois ou quatre mois après l’homologation [du vaccin Pfizer], on avait déjà des données qui démontraient que les infections asymptomatiques étaient réduites d’au moins 80 % et que la transmission par le fait même était réduite, ajoute M. Lamarre.

Un effet déjà connu

De plus, les deux experts sont d’accord pour dire que même si Pfizer n’avait pas étudié l’efficacité de son vaccin pour réduire la transmission, l’idée qu’il aurait probablement un effet salutaire ne sortait pas de nulle part.

On avait des données d’autres infections qui démontraient clairement que si on prévient les infections symptomatiques, eh bien, en général, ça veut dire qu’on réduit la charge virale chez les gens vaccinés, et en faisant ça, on réduit le risque de transmission, explique-t-il. On ne se basait pas sur rien. On avait des données pour d’autres infections respiratoires.

Ça ne veut pas dire que tout est basé sur ces premiers tests et que le passeport vaccinal était complètement basé sur aucune donnée. On avait quand même des données qui démontraient qu’il y avait une protection contre le risque d’être infecté, ajoute M. Barbeau.

Pour le Dr Alain Lamarre, il faut aussi prendre en considération le fait que le vaccin Pfizer a été homologué dans un tout autre contexte sanitaire.

À cette époque-là, c’était très clair qu’on protégeait les autres [en se faisant vacciner]. Aujourd’hui, avec les nouveaux variants, la protection contre l’infection a diminué par rapport à ce qu’on avait à cette époque-là. Mais ça protège une certaine partie de la transmission. Pas complètement. Il n’y a jamais rien de 100 % en biologie. Mais c’est encore vrai que ça protège encore de la maladie et de la transmission, dit-il.

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