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Paris réquisitionne des grévistes pour débloquer des stocks de carburant

Un ruban rouge et blanc bloque l'entrée d'une station-service fermée à Saint-Jean-de-Luz, dans le sud-ouest de la France.

Un ruban rouge et blanc bloque l'entrée d'une station-service fermée à Saint-Jean-de-Luz, dans le sud-ouest de la France, le mercredi 12 octobre 2022.

Photo : Associated Press / Bob Edme

Agence France-Presse

Le gouvernement français a mis sa menace à exécution : face aux pénuries et aux grévistes de groupes pétroliers déterminés à poursuivre leur mouvement pour les salaires, il a procédé à une première réquisition pour débloquer un dépôt de carburant d'Esso-ExxonMobil dans le nord-ouest du pays.

Comme la première ministre Élisabeth Borne l'avait annoncé la veille, le ministère de la Transition énergétique a procédé à la réquisition de quatre salariés grévistes chez Esso-ExxonMobil pour libérer du carburant au dépôt de la raffinerie de Port-Jérôme, dans le nord-ouest du pays.

L'arrêté a été notifié par le directeur du site aux quatre salariés, deux pour mercredi et deux pour jeudi, qui se verront contraints de venir rouvrir les vannes, sous peine de sanctions pénales.

Philippe Martinez, leader du syndicat CGT venu soutenir les salariés d'ExxonMobil, a dénoncé une décision scandaleuse et annoncé le dépôt d'un recours en justice jeudi.

La réquisition ne vise pas les opérations de la raffinerie et donc la production de carburant. Elle va permettre d'assurer l'expédition des produits, normalement aujourd'hui vers la région parisienne par oléoduc, a précisé une porte-parole d'Esso France.

Les grévistes du dépôt de Flandres de TotalÉnergies, près de Dunkerque, seront les prochains à faire l'objet de réquisitions, a assuré le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran.

Le président Emmanuel Macron a quant à lui prévu un retour à la normale dans la distribution de carburants dans le courant de la semaine qui vient lors d'un entretien sur la chaîne France 2 mercredi soir, appelant à la responsabilité la direction de TotalÉnergies et la CGT.

Des travailleurs et des syndicalistes en France.

Des travailleurs en grève et des syndicalistes de la CGT devant la raffinerie de pétrole Esso à Fos-sur-Mer, dans le sud de la France.

Photo : Getty Images / NICOLAS TUCAT

Six raffineries sur sept en grève

Six des sept raffineries de France étaient en grève mercredi : les quatre de TotalÉnergies et les deux d'Esso-ExxonMobil. Seule celle de Lavéra (groupe Petroineos) n'est pas bloquée.

Et Force ouvrière (FO), quatrième syndicat parmi les salariés du raffinage chez TotalÉnergies, a rejoint la grève.

Les pénuries pourraient donc être prolongées, malgré la promesse d'amélioration du gouvernement.

Mercredi en fin d'après-midi, 30,8 % des stations-service manquaient d'un ou plusieurs carburants (31,3 % mardi), selon les autorités. La situation est pire dans le nord du pays, en région parisienne et dans le centre.

Partout, les automobilistes racontent leur galère et les files monstres : Ce matin, j'ai perdu une heure et demie pour trouver une pompe de gazole [...] sur mon jour de repos, se plaint Albertine Morais, infirmière à Clichy-la-Garenne, près de Paris. Et il faudra recommencer d'ici deux jours : Je suis déjà en panique.

Des hommes lèvent la main.

Des syndicalistes et des salariés votent la reconduction de la grève devant le site d'ExxonMobil à Port-Jérôme-sur-Seine, près du Havre, dans le nord-ouest de la France.

Photo : Getty Images / LOU BENOIST

La raison de la colère

La cause du conflit : les salaires. La CGT, qui a lancé la grève le 27 septembre chez TotalÉnergies, revendique 10 % d'augmentation pour 2022, contre les 3,5 % obtenus en début d'année, afin de compenser l'inflation et de profiter des bénéfices exceptionnels du groupe.

Chez TotalÉnergies, pour la première fois, la direction a accepté de recevoir la CGT mercredi. Jusqu'à présent, elle exigeait comme préalable la levée des blocages pour voir le deuxième syndicat du groupe. À l'issue de cette première entrevue, la CGT a affirmé que la direction était désormais ouverte à des négociations si les livraisons de carburants reprenaient.

La direction ne parle plus de levée de la grève mais simplement d'une reprise des livraisons de produits, a indiqué aux journalistes Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité TotalÉnergies Europe, devant le siège du groupe dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris.

Le président Emmanuel Macron a dit espérer un accord.

Chez Esso, un accord a été signé avec deux syndicats majoritaires, dont la CFDT, mais pas avec la CGT. La grève continuait dans ses deux raffineries.

Chez TotalÉnergies, la grève dure depuis le 27 septembre. Elle concerne la raffinerie de Normandie, près du Havre, le dépôt de Flandres, près de Dunkerque, la bioraffinerie de La Mède, la raffinerie de Feyzin et celle de Donges.

Face aux automobilistes exaspérés, le gouvernement est de plus en plus critiqué par les oppositions.

La députée écologiste Sandrine Rousseau a appelé mercredi à la grève générale et Mathilde Panot (La France insoumise, extrême gauche) s'est rendue parmi les grévistes d'ExxonMobil.

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