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Des défenseurs des réfugiés implorent Ottawa de cesser de déporter des mères de famille

Halima Abdi avec son mari et leurs trois enfants.

Halima Abdi a vu son mari et ses enfants pour la première fois en trois mois la semaine dernière, alors qu'elle se cache pour éviter la déportation vers son pays natal.

Photo : gracieuseté Dunia Nur

Radio-Canada

Une résidente d’Edmonton originaire du Kenya se cache et vit éloignée de sa famille depuis qu’une ordonnance d’expulsion a été émise contre elle, le 28 juin dernier. Halima Abdi espère éviter d’être séparée de son mari et de leurs trois enfants.

Un mandat d’arrêt a été lancé contre elle.

Des défenseurs des droits des réfugiés demandent à Ottawa de suspendre la déportation de la jeune femme de 32 ans, avant que son lien avec ses trois enfants soit irrémédiablement compromis.

Halima Abdi a pris un vol du Kenya vers les États-Unis et a franchi la frontière canado-américaine à pied, par un froid matin d’hiver, en février 2017. Elle fuyait un conflit ethnique qui entraîne l’exécution extrajudiciaire de Somaliens dans son pays, où son frère a été tué et sa famille, forcée de se cacher.

À l'époque, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a conclu que sa vie n’était pas en danger, a refusé de lui accorder un statut de réfugié et a rejeté son examen des risques avant renvoi.

Dunia Nur est la présidentede l'African Canadian Civic Engagement Council (ACCEC), un organisme qui appuie les personnes d'ascendance africaine établies en Alberta. Selon elle, Halima Abdi n'était pas en mesure, à son arrivée, de bien articuler son histoire et sa demande de réfugiée.

À Edmonton, la route d’Halima Abdi a croisé celle d’un autre Kenyan, Fowsi Abdi Yusuf, qu’elle avait connu dans son pays. Ils se sont mariés en 2018 et ont fait une demande de parrainage d’un conjoint. Ils ont maintenant trois enfants en bas âge.

Selon Dunia Nur et d’autres défenseurs des droits des réfugiés, Halima Abdi devrait pouvoir rester au Canada pour des raisons humanitaires et par compassion, pendant que sa demande de parrainage est analysée.

Halima Abdi est déterminée à rester au moins jusqu’à ce que son aîné se remette d’une intervention chirurgicale au nez et à la gorge prévue le 24 octobre. Je ferai tout ce qu’il faut, je dois être là, à l’hôpital, a-t-elle déclaré lors d’une entrevue accordée à CBC, qui a eu lieu cette semaine dans un parc situé sur l'avenue Alberta.

Sa famille était aussi présente et c’était la première fois en trois mois qu’elle voyait ses enfants. Le plus jeune, qui a deux ans, n’a pas voulu aller vers sa mère et est resté près de sa tante qu’il appelait maman (hooyo en langue somalienne).

L'histoire de Salli Mohamed

Sali Mohamed comprend comment Halima Abdi peut se sentir, elle qui a été séparée de ses deux enfants pendant cinq ans. Elle a été déportée dans son pays d’origine, le Niger, en janvier 2018, alors qu’elle vivait au Canada depuis 11 ans.

Sa demande de parrainage de conjoint a par la suite été acceptée et elle a pu rentrer au Canada en septembre 2021.

Elle raconte avoir fait de son mieux pour élever ses enfants à 11 000 km de distance, tandis que son mari, qui travaillait de nuit à temps plein, devait aussi voir aux tâches de la maison.

Sa fille embrasse Sali Mohamed alors que son garçon regarde, derrière elles.

Les deux enfants de Sali Mohamed reçoivent une aide psychologique pour les aider à surmonter les effets de l'absence de leur mère, qui a duré cinq ans.

Photo : gracieuseté Ibrahim Karidio

Cet éloignement a eu des conséquences sur sa relation avec ses enfants. Je ne suis pas aussi près d'eux qu’avant, dit-elle. Elle raconte que son fils lui demande parfois : Maman, pourquoi m’as-tu quitté quand j’avais 5 ans pour revenir plus tard? Tu as tout changé.

Ibrahim Karidioa, qui est venu en aide à Sali Mohamed, pense qu’il faut revoir le système d’immigration et de déportation canadien, qui criminalise de nouveaux Canadiens vulnérables qui doivent surmonter des défis sociaux.

Ce ne sont pas des criminels, dit-il, mais de simples familles qui tentent de vivre ensemble, d'élever leur famille, de contribuer à la société canadienne.

L’Agence des services frontaliers du Canada a déclaré à CBC/Radio-Canada qu’elle tenait toujours compte de l'intérêt des enfants avant une déportation. L’Agence ajoute qu’elle a l’obligation juridique de renvoyer tous les étrangers et les résidents permanents qui ne sont pas admissibles à entrer au Canada selon la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés.

Pour Ibrahim Karidioa, ce qu’il en coûte aux enfants, aux familles, aux communautés et même au système dépasse de loin les avantages de la déportation.

De son côté, Dunia Nur note que le gouvernement fédéral met en place des mécanismes pour traiter les arriérés dans les demandes, alors qu’il doit gérer la COVID-19 et les demandes accrues de réfugiés en provenance de l’Afghanistan et de l’Ukraine.

Elle espère que les dossiers des réfugiés d’origine africaine ne seront pas mis de côté et que les demandes, quelle que soit leur provenance, seront traitées avec équité.

Avec les informations d’Andrea Huncar

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