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Le chef de l’ONU réclame le déploiement d’une force « armée » internationale en Haïti

Une manifestation à Port-au-Prince.

Des actes de pillage ont été constatés dans plusieurs villes.

Photo : Associated Press / Odelyn Joseph

Agence France-Presse

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé dimanche l'envoi par la communauté internationale de troupes pour soutenir Haïti, qui a appelé à l'aide pour lutter contre les bandes criminelles.

Le secrétaire général exhorte la communauté internationale, y compris les membres du Conseil de sécurité, à examiner d'urgence la demande du gouvernement haïtien de déployer sans délai une force armée spécialisée internationale pour faire face à la crise humanitaire, a écrit dans un communiqué le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric.

M. Guterres demeure extrêmement préoccupé par la situation en Haïti, qui fait face à une flambée de cas de choléra dans un contexte de détérioration dramatique de la sécurité qui a paralysé [ce] pays des Caraïbes, selon le porte-parole.

Le secrétaire général de l'ONU a remis aujourd'hui [dimanche] au Conseil de sécurité une lettre présentant des options pour un soutien renforcé à la sécurité en Haïti, conformément à la demande du Conseil dans sa résolution 2645 [2022], a indiqué la même source.

L'ONU avait déjà mis en garde jeudi contre un risque d'explosion du nombre de cas de choléra en Haïti, une nouvelle crise potentielle dans un pays ravagé par l'insécurité et dont le premier ministre Ariel Heny avait lancé un appel au secours.

Après l'introduction de la bactérie par des Casques bleus en 2010, une épidémie de choléra avait sévi jusqu'en 2019, faisant plus de 10 000 morts.

Nouveaux cas de choléra

Trois ans plus tard, l'annonce dimanche de nouveaux cas et de sept premiers morts a réveillé les craintes d'un nouveau désastre au moment où, avec la dernière poussée de violence, le pays manque de carburant pour alimenter la population en eau potable et pour faire fonctionner les hôpitaux.

Depuis la détection du bacille du choléra, qui se transmet par l'eau, 11 cas ont été confirmés et 111 sont suspectés, pour l'instant uniquement dans la capitale, Port-au-Prince, avait indiqué jeudi lors d'une conférence de presse par vidéo depuis Haïti la coordonnatrice humanitaire de l'ONU dans le pays, Ulrika Richardson.

Cependant, les chiffres pourraient être bien plus élevés, a-t-elle ajouté, précisant que des analyses étaient en cours à l'étranger pour déterminer s'il s'agissait ou non de la même souche qu'en 2010.

Depuis l'annonce, le 11 septembre par le premier ministre Henry, d'une hausse des prix du carburant, ce pays déjà en crise a été le théâtre de nouvelles violences, de pillages et de manifestations.

Et depuis la mi-septembre, le terminal pétrolier de Varreux, le plus important du pays, est bloqué par des gangs armés.

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