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Poutine accuse Kiev de « terrorisme » après l’explosion au pont de la Crimée

Les ruines d'un bâtiment bombardé.

Les frappes russes ont touché des maisons et des immeubles d'habitation de plusieurs étages à Zaporijia.

Photo : Associated Press / Leo Correa

Agence France-Presse

Le président russe Vladimir Poutine a accusé dimanche Kiev d'avoir commis un « acte terroriste » en organisant l'explosion qui a partiellement détruit samedi le pont de Crimée reliant la Russie à la péninsule annexée, suivie dans la nuit par des frappes russes meurtrières contre une ville ukrainienne.

Les auteurs, les exécutants et les commanditaires sont les services secrets ukrainiens, a résumé M. Poutine à l'issue d'une réunion avec le chef du Comité d'enquête russe, selon une vidéo diffusée par le Kremlin.

« Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un acte terroriste visant à détruire une infrastructure civile russe d'importance critique. »

— Une citation de  Vladimir Poutine

C'était la première réaction de Vladimir Poutine à l'explosion survenue samedi au petit matin, et qui constitue un nouveau revers majeur pour la Russie, au moment où ses forces sont en difficulté en Ukraine.

Le Kremlin a indiqué que le président russe convoquait le Conseil de sécurité lundi.

L'armée ukrainienne et les services spéciaux (SBU) de Kiev n'ont ni confirmé ni démenti leur implication, et le président Volodymyr Zelensky s'est contenté d'ironiser dans une vidéo sur le temps nuageux qu'il faisait samedi en Crimée - une allusion probable à la fumée de l'incendie - bien qu'il y faisait également chaud.

Au moins 12 morts à Zaporijjia

Le président Zelensky a qualifié dimanche les militaires russes de terroristes, après des frappes sur des immeubles d'habitation de Zaporijjia, ville du sud de l'Ukraine, qui ont fait entre 12 et 17 morts selon les bilans, trois jours après de précédents bombardements qui y avaient fait 17 morts.

Un dernier bilan de l'administration régionale de Zaporijjia faisait état de 13 morts et 60 blessés, dont des femmes et des enfants.

« Aucun sens. Le mal absolu. Des terroristes et des sauvages. Depuis celui qui a donné cet ordre jusqu'à celui qui l'a exécuté. Tous ont une responsabilité. Devant la loi et devant le peuple. »

— Une citation de  le président Zelensky sur son compte Telegram

Cette frappe russe a détruit des appartements privés, où des gens vivaient, dormaient sans attaquer personne, a-t-il ajouté.

Des camions de pompiers.

Les services d'urgence sont intervenus sur les lieux d'un bombardement qui a fait plusieurs morts et de nombreux blessés.

Photo : Associated Press / Leo Correa

L'armée de l'air ukrainienne a indiqué que quatre missiles de croisière, deux missiles tirés depuis des avions de chasse et d'autres missiles de type antiaérien avaient été utilisés contre la ville.

L'armée russe a affirmé dimanche avoir mené des frappes avec des armes de haute précision contre des unités de mercenaires étrangers près de Zaporijia.

Non loin de là, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, a été reconnectée au réseau électrique dimanche.

Réouverture du pont entre la Crimée et la Russie

Au lendemain de l'énorme explosion sur le pont de Crimée, des plongeurs devaient examiner l'ouvrage dimanche pour évaluer les dégâts structurels, a annoncé le vice-premier ministre russe Marat Khousnoulline, avec de premiers résultats attendus dans la journée.

Le trafic automobile et ferroviaire avait repris partiellement dès samedi, quelques heures après la déflagration qui avait fait s'effondrer sur plusieurs travées une des voies de ce pont construit à grands frais et inauguré par Vladimir Poutine en 2018.

Les poids lourds avaient cependant été renvoyés vers des traversiers dans un premier temps.

Un convoi ferroviaire de wagons-citernes de carburant avait en outre pris feu sur le pont.

Le ministère russe des Transports a toutefois affirmé dimanche que les trains de passagers de la Crimée vers la Russie roulaient selon l'horaire habituel.

Un camion de propriété russe

Les autorités russes ont attribué l'explosion à un camion piégé dont le propriétaire est un habitant de la région russe de Krasnodar.

De la fumée noire s'échappe d'un incendie sur le pont de Crimée.

Le pont de Crimée, aussi appelé pont de Kertch, est le seul lien terrestre de la Russie avec la Crimée annexée.

Photo : Getty Images / AFP

Kiev avait toutefois menacé à plusieurs reprises de frapper ce pont, symbole de l'annexion de la Crimée en 2014, qui sert aussi à l'approvisionnement des troupes russes en Ukraine.

Des images de vidéosurveillance diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une puissante explosion au moment où plusieurs véhicules circulaient sur le pont, notamment un camion que les autorités russes soupçonnent d'être à l'origine de la déflagration.

Sur d'autres clichés, on peut voir un convoi de wagons-citernes en flammes sur la partie ferroviaire du pont ainsi que deux travées d'une des deux voies routières effondrées.

Selon les enquêteurs, l'attaque survenue samedi au petit matin a fait trois morts : le conducteur du camion ainsi qu'un homme et une femme qui circulaient en voiture à proximité de la déflagration, dont les corps ont été retirés des eaux.

Des revers pour l'armée russe

L'armée russe, en difficulté sur le front de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, a assuré samedi que l'approvisionnement de ses troupes n'était pas menacé.

Depuis le début de septembre, les forces russes ont été obligées de reculer sur de nombreux points du front. Elles ont notamment dû se retirer de la région de Kharkiv et reculer dans celle de Kherson.

Un soldat de l'armée ukrainienne passe devant un convoi russe détruit.

Un membre de l'armée ukrainienne passe devant un convoi russe dans la ville de Lyman, ville récemment reprise dans la région de Donetsk.

Photo : Getty Images / YASUYOSHI CHIBA

Face à une armée ukrainienne galvanisée et forte des approvisionnements en armes occidentales, M. Poutine a décrété, fin septembre, la mobilisation de centaines de milliers de réservistes et l'annexion de quatre régions ukrainiennes, bien que Moscou ne les contrôle que partiellement.

Les services de sécurité russes (FSB) ont par ailleurs dénoncé dimanche une augmentation considérable des tirs ukrainiens visant des territoires russes frontaliers de l'Ukraine, dans lesquels selon eux une personne a été tuée et cinq ont été blessées au cours de la semaine écoulée.

Signe du mécontentement en haut lieu quant à la conduite des opérations, Moscou a annoncé samedi avoir nommé un nouvel homme à la tête de son opération militaire spéciale en Ukraine, le général Sergueï Sourovikine, 55 ans.

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