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Une vague d’infections respiratoires fait suffoquer les hôpitaux pour enfants

Une jeune fille souffle dans le mouchoir que tient son père.

Si le cap épidémique est encore loin d’être franchi, les chiffres des infections devraient s’emballer au cours des prochaines semaines, selon les médecins.

Photo : Getty Images / Suzi Media Production

Radio-Canada

« Achalandage extrême à l’urgence », « un autre long week-end qui devrait être extrêmement chargé »… Les avertissements émis par les hôpitaux pour enfants virent au rouge en pleine fin de semaine de l'Action de grâce. Alors que se dessine la huitième vague de COVID-19, les autres infections respiratoires font déjà déborder les salles d’attente des urgences, particulièrement chez les enfants malades.

En première ligne, le Dr Christos Karatzios, infectiologue pédiatrique à l’Hôpital de Montréal, constate une augmentation plus brutale que les années précédentes du nombre d'infections respiratoires en ce début d’automne, une période où la reprise scolaire et l’arrivée des frimas entraînent traditionnellement leur lot de maladies.

Nez qui coule, maux de gorge, fièvre, courbatures… Depuis la fin de l’été, ses jeunes patients présentent non seulement des symptômes d’asthme aigu et des bronchiolites mais aussi des méningites virales qu’il diagnostique un peu plus souvent que la normale ainsi que des pneumonies virales provoquées par le virus respiratoire syncytial (VRS), énumère le Dr Karatzios.

En interne, la consigne vise à désemplir les chambres pour accueillir de nouveaux patients compte tenu des très longues listes d’attente pour entrer à l’hôpital.

Dernier recours

Au CHU Sainte-Justine, les familles sont invitées à se tourner vers des ressources alternatives si l'état de santé de leur enfant n’est pas urgent. L'hôpital reçoit plus de 300 patients par jour actuellement.

La bénévole Louise Lafond traverse les portes de l'unité de néonatalogie.

Les services d'urgence étant très sollicités, le CHU Sainte-Justice rappelle qu'ils doivent être réservés aux enfants gravement malades ou blessés.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Le Dr Karatzios rappelle toutefois qu’un bébé âgé de moins d’un mois qui présente des symptômes de fièvre devrait être vu à l’urgence peu importe l’achalandage.

En outre, la pénurie d’analgésiques pour enfants complique la donne.

Sabrina Gendron, une mère d'un garçon de 15 mois, ne cache pas son inquiétude face aux rechutes – qui surviennent toutes les deux semaines – de son fils, chez qui les médecins ont diagnostiqué une bronchiolite.

Quand il est entré à la garderie, il a attrapé toutes les maladies, raconte Mme Gendron. Elle pense que l’isolement social imposé par les mesures sanitaires n’a pas contribué à renforcer le système immunitaire de son fils.

Sabrina Gendron à la sortie du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

Sabrina Gendron, mère d'un garçon de 15 mois, associe les épisodes de détresse respiratoire de son fils à un système immunitaire défaillant à cause de la raréfaction des contacts lors des restrictions sanitaires.

Photo : Radio-Canada

L’effet bébé COVID? On s’est tellement privés de les montrer à tout le monde que ç'a peut-être eu un impact sur leur système immunitaire, croit-elle.

Pénurie de médecins de famille

Selon Alex Munter, président-directeur général du Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario (CHEO), l'accès difficile à un médecin de famille contribue indubitablement à surcharger les urgences, les familles ne sachant pas vers quel autre service de santé se tourner.

La croissance de la demande et la diminution du nombre de points d’accès [à la santé] se traduisent par des urgences très occupées et par des attentes d'une longueur inacceptable, reconnaît-il.

« Il y a cinq ou dix  ans, les gens auraient pu se tourner vers un médecin de famille ou un pédiatre, [mais aujourd’hui], ils se rendent à l’urgence, car c’est la seule option. »

— Une citation de  Alex Munter, président-directeur général du Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario

Or, quand les services d’urgence sont davantage sollicités, d’autres secteurs doivent leur fournir des ressources, ce qui a pour conséquence d’entraîner l'annulation de rendez-vous médicaux ou de chirurgies jugées moins urgentes, ajoute Alex Munter.

Ce sont des rendez-vous en clinique [reportés] pour lesquels les enfants ont déjà trop attendu, ajoute-t-il en signalant tout de même un risque pour la santé et le développement des jeunes patients.

Vendredi, le taux d’occupation du CHEO était de 124 % dans les unités de soins aux patients hospitalisés. Nous sommes en train de créer d’autres ressources, assure M. Munter en évoquant l’ajout de deux cliniques ainsi que l’embauche de personnel de prétriage afin que les patients qui n’ont pas de médecin puissent en voir un.

Non seulement le taux d’achalandage est plus élevé, mais les patients admis sont plus malades, indique le CHEO.

Nous n’avons jamais connu une hausse soutenue comme celle des six derniers mois, résume le PDG de l'établissement hospitalier, toujours aux prises avec le recrutement difficile de personnel dans le domaine de la santé.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

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