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Tombeau nucléaire : un gouvernement autochtone signe une entente de 5,8 M$

Francis sourit à la caméra.

Francis Kavanaugh est à la tête du grand conseil du traité no 3, un organisme politique qui représente 25 000 Autochtones dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : Grand conseil du Traité no 3

Le grand conseil du Traité no 3 (GCT3), qui représente 28 communautés anishinaabeg dans le Nord-Ouest de l’Ontario, a signé un accord régissant ses relations avec la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN) du Canada.

Dans le cadre de cet accord, la SGDN s’engage à verser 5 895 575 $ à l’organisme politique autochtone sur deux ans. L’argent servira à payer des salaires, de l’équipement, et des frais juridiques, entre autres. 

Cet accord ne signifie pas que le Grand Conseil du Traité no 3 consent, implicitement ou explicitement, au projet d’enfouissement des déchets nucléaires en profondeur de la SGDN sur son territoire, précise le GCT3 dans un communiqué de presse.

La SGDNespère choisir l’emplacement du tombeau nucléaire canadien d’ici 2024

Ce projet d’entreposage souterrain est la solution privilégiée pour gérer les millions de grappes de combustible irradié qui se sont accumulées sur le territoire canadien au cours des dernières décennies.

Vue aérienne de la Ville.

Ignace est une ville du nord-ouest de l'Ontario qui compte un peu plus de 1000 habitants.

Photo : Société de gestion des déchets nucléaires du Canada

Deux municipalités ontariennes sont présentement en lice pour accueillir ces déchets : Ignace et South Bruce.

La mairesse d’Ignace appuie le projet, mais la communauté ojibwée avoisinante, Wabigoon Lake, qui est membre du GCT 3 et de la Nation Nishnawbe Aski (NAN), ne s’est pas encore prononcée.

En échange du 5,8 M$, le GCT 3 doit tenir une série de rencontres consultatives avec ses membres; mener un processus d’évaluation du projet; et négocier les termes d’une entente de planification et réglementation définitive.

Cet accord est instrumental au processus d'apprentissage et au dialogue qui doit être entamé dans le processus de sélection du site, indique Lise Morton, vice-présidente de la sélection de site pour la SGDN, dans un communiqué.

Un accord qui sème la controverse dans les communautés autochtones

Cet accord survient alors que le chef de la NAN, Derek Fox, a promis de tout faire en son pouvoir pour empêcher l’enfouissement des déchets nucléaires sur son territoire. 

Pour sa part, le chef du GCT3 insiste que son organisme ne s’est pas formellement engagé à appuyer le projet de la SGDN. 

« Quand le moment viendra de dire oui ou non– et présentement, tout porte à croire que ce sera un non – le GCT 3 aura été informé, et pourra refuser en toute connaissance de cause. »

— Une citation de  Francis Kavanaugh, chef du Grand conseil du traité 3

Toutefois, plusieurs chefs des Premières Nations membres du GCT 3, comme Jeff Copenace, estiment que l’accord signé vise à faire avancer le projet du tombeau nucléaire sur le territoire du traité no 3.

M. Copenace affirme que la majorité des fonds seront alloués aux salaires des avocats et consultants qui prendront part au processus d’évaluation de projet, et non aux membres des Premières Nations.

Ogichidaa (traduction libre: Grand Chef) Francis Kavanaugh affirme que cet accord pourra sauver notre langue, mais seulement 50 000 $ sont alloués à l’Anishnaabemowin dans ce budget, remarque-t-il.

Le porte-parole de la SGDN, Vince Ponka, explique que l’argent qui découle de l’accord doit servir principalement à informer les résidents du traité no 3 des modalités du projet de tombeau nucléaire, mais qu’une certaine somme est allouée aux spécificités culturelles autochtones, comme la langue et le développement de loi de gestion territoriales.

C’est un projet compliqué, il y a une courbe d’apprentissage importante, estime-t-il. Si le GCT 3 veut embaucher ses propres experts et consultants, ils ne devraient pas avoir à payer pour ça. C’est notre rôle d’aider dans ce sens.

Le budget de la SGDN en 2022 est de 158 M$. L’organisme est mandaté par le gouvernement fédéral, mais financé par les compagnies d’énergie nucléaire du Canada.

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