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Un nouveau comité fédéral pour comprendre l’arrivée des migrants sur le chemin Roxham

Des élus fédéraux veulent en savoir davantage sur les réseaux de passeurs qui organisent l’arrivée de milliers de demandeurs d’asile au Canada.

Des migrants débarquent d'un véhicule.

Les camionnettes qui amènent chaque semaine de nombreux migrants au Canada à travers le chemin Roxham sont dans la mire d'un comité parlementaire.

Photo : Radio-Canada

Comment arrivent ces milliers de demandeurs d'asile au Canada? Qui les conduit au chemin Roxham? Dans quelles conditions? Combien payent-ils?

Le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration, à la Chambre des communes, espère obtenir des réponses claires dans les prochaines semaines.

Après les révélations de l'émission Enquête sur la multiplication des réseaux de passeurs aux États-Unis, qui organisent l'arrivée des migrants au chemin Roxham, des élus fédéraux veulent lever le voile sur cette industrie très lucrative.

Trois séances seront organisées et plusieurs témoins seront entendus pour étudier les conditions auxquelles sont exposés les demandeurs d'asile, selon la motion présentée par le Bloc québécois, qui a été adoptée vendredi à l'unanimité.

La secrétaire parlementaire libérale à l'Immigration et membre de ce comité, Marie-France Lalonde, a voté en faveur de cette proposition, après avoir pourtant esquivé, à plusieurs reprises, les questions sur ce sujet durant les derniers débats parlementaires.

Un rapport sera également produit, auquel devra répondre le gouvernement de Justin Trudeau.

Une situation indigne

La situation actuelle est indigne d'un pays du G7, clame le député bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe, à l'origine de cette motion.

« Des familles qui souhaitent faire une demande d'asile au Canada se font exploiter par un réseau de passeurs. »

— Une citation de  Alexis Brunelle-Duceppe, député du Bloc québécois

Les demandeurs d'asile doivent être accueillis humainement, par la grande porte, pas par la petite fenêtre d'en arrière, soutient-il, en entrevue avec Radio-Canada.

De son côté, le ministre de l'Immigration, Sean Fraser, a reconnu plus tôt en Chambre qu'il n'y a pas de solution magique.

Fermer le chemin Roxham, ce n'est pas une bonne solution, a-t-il ajouté, précisant que cette option ne ferait que déplacer ce problème.

À ses yeux, le Canada doit moderniser l'Entente sur les tiers pays sûrs, qui est au cœur de l'arrivée des migrants par ce passage situé entre le Québec et l'État de New York.

Nous travaillons avec les États-Unis pour une solution durable et permanente, a-t-il mentionné, alors que cet accord est actuellement examiné par la Cour suprême du Canada.

Un comité se penche sur les contrats accordés par Ottawa

Ce comité fédéral n'est pas le seul à se pencher sur la situation au chemin Roxham, alors qu'un nombre record de demandeurs d'asile arrivent au Canada par cet endroit.

Malgré les objections d'élus libéraux, le comité d'éthique a quant à lui décidé d'étudier les contrats accordés par le gouvernement Trudeau pour créer et maintenir des infrastructures sur ou autour de ce passage.

Comme l'a révélé Radio-Canada, plus d'un demi-milliard de dollars ont été dépensés depuis 2017 par Ottawa, qui maintient le flou sur les sommes globales.

Certaines ententes restent secrètes et d'autres ont été conclues sans appel d'offres.

Ces derniers jours, le gouvernement Trudeau a maintenu sa position, en assurant qu'une divulgation de ces informations irait à l'encontre des accords signés.

Plusieurs ministres, fonctionnaires, responsables des forces de l'ordre et fournisseurs devraient être appelés à témoigner.

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