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Accord sur un objectif de neutralité carbone en 2050 pour l’aviation

Un avion de ligne se pose sur la piste de l'aéroport Genève-Cointrin, en Suisse, le 5 décembre 2017.

Les pays membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) se sont entendus sur un objectif commun de carboneutralité pour le transport aérien civil d'ici 2050.

Photo : Reuters / Pierre Albouy

Agence France-Presse

Les États représentés aux Nations unies ont conclu vendredi un accord pour atteindre la neutralité carbone en 2050 dans l'aviation civile mondiale, souvent montrée du doigt pour son rôle dans la crise climatique.

Les représentants des 193 États de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), une agence de l'ONU dont le siège est à Montréal, sont parvenus en assemblée à un accord historique sur un objectif collectif ambitieux à long terme de zéro émission de carbone au milieu du siècle, a tweeté l'organisation.

Cette dernière a précisé qu'elle continuait de plaider pour que les États fassent preuve de beaucoup plus d'ambition et d'investissement afin que l'aviation soit entièrement décarbonée d'ici à 2050 ou avant.

C'est un excellent résultat, a estimé auprès de l'AFP une source diplomatique européenne qui a précisé que seuls quatre pays, dont la Chine, avaient exprimé des réserves.

Mais l'accord est encore est loin de satisfaire les ONG de défense de l'environnement, qui regrettent sa faiblesse et le fait qu'il ne soit pas juridiquement contraignant.

1 % des voyageurs représentent 50 % des émissions

Aujourd'hui responsable de 2,5 à 3 % des émissions mondiales de CO2, le secteur aérien se révèle difficile à faire passer aux énergies renouvelables, même si l'industrie aéronautique et les énergéticiens y travaillent d'arrache-pied.

L'avion concentre les critiques, car il est vu comme un moyen de déplacement réservé aux plus riches. En outre, 50 % des émissions de l'aérien proviennent de 1 % des voyageurs, ceux qui se déplacent le plus.

L'Association internationale du transport aérien (IATA) s'est dite fortement encouragée par le vote à l'OACI, qui intervient un an après que ce porte-voix des compagnies a entériné le même principe en assemblée générale.

Le directeur général de l'IATA, Willie Walsh, s'attend désormais à des politiques publiques bien plus solides en faveur de la décarbonation, comme des incitations à augmenter la capacité de production des carburants d'aviation durables, d'origine non fossile, principal levier pour réduire les émissions du secteur aérien, d'après les compagnies.

Selon l'IATA, créer une aviation décarbonée représente 1550 milliards de dollars d'investissements entre 2021 et 2050.

La communauté mondiale de l'aviation salue cet accord emblématique, a déclaré pour sa part Luis Felipe de Oliveira, directeur général du Conseil international des aéroports (ACI World).

« C'est un tournant dans les efforts pour décarboner le secteur aérien, avec des gouvernements et des industriels qui se dirigent désormais dans la même direction, au sein d'un cadre réglementaire commun. »

— Une citation de  Luis Felipe de Oliveira, directeur général du Conseil international des aéroports

ACI World fédère 1950 plateformes aéroportuaires dans 185 pays.

Le ministre français chargé des Transports, Clément Beaune, s'est réjoui d'une avancée majeure, jugeant sur Twitter qu'il n'y aura pas d'avenir pour l'avion sans décarbonation et se disant fier d'avoir porté ce combat avec mes homologues européens.

Ce n'est pas le moment de l'accord de Paris pour l'aviation, a toutefois déploré Jo Dardenne, de l'ONG Transport & Environment (T&E).

« Ne prétendons pas qu'un objectif non contraignant permettra de ramener l'aviation à zéro. »

— Une citation de  Jo Dardenne, de l'ONG Transport & Environment

Même déception concernant l'ajustement de son mécanisme de compensation carbone (Corsia) qui a été revu par l'assemblée de l'OACI.

La Russie exclue du conseil de gouvernance

Lors des dix jours de son assemblée, l'OACI a également décidé d'exclure la Russie du conseil de gouvernance de l'organisation lors d'un vote sanction sans précédent.

Moscou est accusé d'avoir enfreint les règles internationales en immatriculant des centaines d'avions loués plutôt que de les rendre, comme l'exigeaient les sanctions imposées après l'invasion de l'Ukraine en février.

L'assemblée générale était la première depuis le début de la crise de la COVID-19, qui a mis l'aérien à genoux : en 2021, les compagnies n'ont retrouvé que la moitié de leurs 4,5 milliards de passagers de 2019, un léger rebond par rapport à la chute de 60 % sur un an en 2020.

Le secteur prévoit de transporter, en 2022, 83 % de ses clients d'il y a trois ans et de redevenir rentable sur le plan mondial l'année prochaine.

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