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Reconnaissance des partis : le PQ en appelle au « sens du devoir » des libéraux

La présence de 14 députés indépendants pourrait « paralyser » les travaux du Parlement, selon Pascal Bérubé.

Pascal Bérubé en point de presse.

Le temps presse pour reconnaître le PQ et QS en tant que groupes parlementaires, estime le député péquiste Pascal Bérubé.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le Parti québécois (PQ) demande au Parti libéral du Québec (PLQ) de jeter du lest et de lui permettre, tout comme à Québec solidaire (QS), de former un groupe parlementaire en bonne et due forme lors de la prochaine législature – ce à quoi s'est déjà montré ouverte la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

En point de presse, vendredi avant-midi, le péquiste Pascal Bérubé, réélu dans Matane-Matapédia, en a appelé au sens du devoir de la cheffe libérale Dominique Anglade. Obliger les 11 députés de QS et les 3 députés du PQ à siéger à titre d'indépendants – du jamais-vu – risquerait de paralyser l'Assemblée nationale, selon lui.

Et le temps presse, souligne M. Bérubé. La question devrait être réglée d'ici le lundi 17 octobre, date à laquelle les élus de la CAQ, qui formeront le prochain gouvernement, seront assermentés, dit-il.

Ni le PQ ni QS ne répondent à la définition de groupe parlementaire de l’Assemblée nationale, qui exige d’avoir remporté au moins 12 sièges ou 20 % du vote pour pouvoir obtenir ce statut. Le PQ a fait élire 3 députés et récolté 14,61 % des suffrages, lundi, tandis que QS a mis la main sur 11 circonscriptions avec 15,43 % des voix.

Le statut de groupe parlementaire, qui permet notamment aux partis d’avoir davantage de budget et de temps de parole au Salon bleu, peut toutefois être accordé si toutes les formations représentées au Parlement s'entendent sur la question.

Pascal Bérubé pointant un graphique.

Le PLQ a obtenu presque 10 000 voix de moins que le PQ tout en faisant élire sept fois plus de députés, a souligné Pascal Bérubé, vendredi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En points de presse, mardi, François Legault s’est montré prêt à reconnaître le PQ et QS, alors que Dominique Anglade, qui dirigera l’opposition officielle à la reprise des travaux, n’a montré aucun signe d’ouverture, rejetant la faute sur le chef de la CAQ, qui n'a pas changé le mode de scrutin comme il l'avait promis.

Or, le PLQ – qui a réussi à faire élire 21 députés malgré l'obtention de seulement 14,37 % des votes, soit le pire score de son histoire – ne peut pas moralement s'opposer à l'octroi du statut de groupe parlementaire aux deux autres partis d'opposition, d'autant que ceux-ci ont obtenu davantage de votes, souligne Pascal Bérubé.

« Compte tenu de ces résultats, nous ne pouvons accepter qu'un parti qui a obtenu moins de voix que nous [considère comme légitime de] nous empêcher de représenter plus de votes qu'eux. »

— Une citation de  Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia

M. Bérubé affirme que, selon ses indications, ce refus s'adresse d'abord à Québec solidaire, à qui les députés libéraux ne voudraient pas donner d'oxygène pour être plus visibles et pour avoir davantage de moyens. Et ils semblent sérieux, pour l'instant, dans cette volonté-là, dit-il.

Si cette objection perdure, le PQ en appellera aux citoyens, a fait savoir M. Bérubé, qui invitera les électeurs des circonscriptions libérales n'ayant pas voté pour les députés de Mme Anglade à les appeler. On trouvera leur numéro de téléphone [...], on trouvera leur courriel; il va y avoir de la pression, a-t-il prévenu.

Pas question, toutefois, d'inviter QS à former un seul et même groupe parlementaire. Ça, c'est de la politique fiction, a déclaré M. Bérubé. On ne veut pas faire ça. Il y a déjà eu des tentatives dans le passé, vous connaissez le résultat, donc non, on veut vraiment avoir notre propre groupe parlementaire.

À l'aube des élections de 2018, le PQ de Jean-François Lisée avait tenté de conclure avec QS une alliance électorale qui aurait eu pour résultat de ne présenter qu'un seul candidat des deux partis dans certaines circonscriptions. À la dernière minute, les instances solidaires en avaient toutefois décidé autrement.

Pascal Bérubé a par ailleurs fait savoir vendredi que, comme le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, le député Joël Arseneau et lui-même tenteront par tous les moyens de ne pas plaider allégeance au roi Charles III comme l'exige le protocole. La prestation de serment des parlementaires péquistes devrait avoir lieu le vendredi 21 octobre.

En 2018, les 10 députés élus de QS avaient essayé eux aussi de contourner cette obligation, mais en vain.

Enfin, M. Bérubé a déclaré vendredi qu'il était prêt à permettre au chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, de tenir des points de presse au parlement, et ce, même s'il n'a fait élire aucun député, sa formation ayant tout de même obtenu 12,91 % des votes, lundi.

Si on [veut être] conséquent, on peut trouver un aménagement pour permettre à M. Duhaime de s'exprimer, a indiqué le député de Matane-Matapédia, vendredi, à l'émission Midi info, sur ICI Première, à Montréal.

Moi, je préfère qu'il s'exprime à l'intérieur de l'Assemblée nationale [plutôt] qu'à l'extérieur, avec les débordements qu'on peut parfois observer, a-t-il confié à l'animateur Alec Castonguay.

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