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Crise des camionneurs : la perte de confiance a mené Peter Sloly à démissionner

Peter Sloly lors de sa comparution.

L'ancien chef de la police d'Ottawa Peter Sloly, lors de sa comparution devant un comité de la Chambre des communes le 2 juin.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Peter Sloly dit avoir démissionné de son poste de chef du Service de police d'Ottawa en plein convoi des camionneurs, en partie parce qu'il craignait que la confiance érodée envers son propre leadership menace la sécurité publique.

Quand la confiance commence à quitter la police, cela augmente le risque pour la sécurité publique, a-t-il déclaré devant un comité parlementaire jeudi soir.

L’ex-chef de police a démissionné au 19e jour de l’occupation du centre-ville d'Ottawa l'hiver dernier, au lendemain de l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence par le gouvernement Trudeau, alors que l'indignation publique face aux forces de l’ordre était à son apogée.

J'étais responsable de l'organisation et, ultimement, j'ai pris la décision de me retirer de l'équation pour la sécurité publique, a expliqué M. Sloly devant le comité chargé de faire la lumière sur la déclaration de crise.

Le gouvernement fédéral a invoqué, le 14 février, des pouvoirs d'urgence temporaires, mais étendus pour mettre fin aux manifestations. Ces pouvoirs comprenaient la possibilité de geler les comptes bancaires et les cartes de crédit des manifestants et d'obliger les entreprises de dépanneuses à dégager les véhicules bloquant les rues d’Ottawa. Au même moment, le mouvement a été déclaré illégal.

Selon M. Sloly, quelques jours avant, un plan du Service de police d’Ottawa (SPO) était en cours pour déployer 2000 agents provenant d’autres municipalités. Mais le contingent complet d'officiers n'est pas arrivé aussi vite qu'il l'aurait souhaité, explique l’ancien chef de police.

Le déploiement policier au coin des rues Bank et Wellington. Sept corps de police prêtent main-forte au Service de police d'Ottawa.

Le déploiement policier, composé de huit corps de police, au coin des rues Bank et Wellington le 19 février 2022.

Photo : Radio-Canada / Felix Desroches

La grande majorité d'entre eux sont arrivés après que j'ai quitté mes fonctions, a-t-il déclaré, s'appuyant sur les commentaires qu'il a faits devant une autre commission parlementaire en juin.

Pression politique

Les députés et les sénateurs du Comité spécial ont questionné M. Sloly pendant plus de deux heures jeudi.

Ils lui ont demandé s'il avait senti une pression politique pour démissionner pendant la crise.

L’ancien chef de police a répondu qu'il avait subi des pressions de la Commission des services policiers d'Ottawa et qu'il y avait un élément hautement politisé à sa sortie, mais a refusé de préciser la nature de cette pression.

« Est-ce que vous me demandez s'il y a eu ou non des signes de manque de confiance de la part de mon conseil d'administration, des conseillers municipaux et des députés? Je pense que c’est assez clair. »

— Une citation de  Peter Sloly, ancien chef du Service de police d'Ottawa

Après que le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, eut déclaré l'état d'urgence dans la province le 11 février, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a appelé le SPO à faire son travail, à appliquer et à faire respecter la loi, et à rétablir la sécurité publique à Ottawa.

En regardant la chronologie des événements pendant lesquels [M. Sloly] est resté aux commandes en tant que chef, il est devenu clair pour moi qu'il subissait une immense pression interne, a déclaré Matthew Green, député néo-démocrate et membre du comité.

CBC a contacté la Commission de services policiers d'Ottawa pour obtenir des commentaires.

Un homme porte un drapeau du Canada devant des camions stationnés.

La manifestation des camionneurs à Ottawa, le 8 février 2022

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

M. Sloly a aussi soutenu jeudi qu'il n'avait pas réclamé la Loi sur les mesures d’urgence, mais que celle-ci avait été très, très utile pour débloquer certains outils pour mettre fin à la manifestation.

La principale demande que j'ai faite régulièrement concernait des ressources, en particulier l'ajout de policiers et de personnel formé par la police. Deuxièmement, l'accès à des dépanneuses, a-t-il ajouté.

Même si le SPO avait trois à cinq dépanneuses à sa disposition au cours du premier week-end du convoi, le problème était les risques pour la sécurité publique associés à la tentative de retirer de gros camions avec un grand nombre de manifestants et de résidents, de propriétaires d'entreprises et d'autres personnes dans le centre-ville, selon l’ancien chef.

Les négociations avec certains organisateurs de manifestations pour dégager les voies d'urgence n'ont pas abouti, a-t-il ajouté.

Le bureau du maire Jim Watson a par la suite déclaré qu'il avait conclu un accord avec les manifestants pour déplacer les camions hors des zones résidentielles et limiter les camions à la rue Wellington devant la colline du Parlement.

Petre Sloly a déclaré que le SPO n'avait pas participé à ces négociations.

Je n'aurais pas appuyé l’idée de laisser entrer plus de véhicules dans les zones rouges.

Avec les informations de Guy Quenneville, de CBC News

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