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Brossage de dents supervisé à l’école : pas obligatoire dans la région « pour l’instant »

Des enfants se brossent les dents sous la supervision d'un adulte.

Avec le nouveau programme, les enfants devront se brosser les dents pendant deux minutes par jour sous la supervision de leur enseignant ou de leur éducatrice en garderie.

Photo : getty images/westend61 / Westend61

Radio-Canada

Un nouveau programme du gouvernement du Québec de brossage de dents supervisé à l’école fait beaucoup réagir. Le ministère de l’Éducation souhaite que les élèves de la maternelle à la 6e année se brossent les dents pendant deux minutes sous la supervision du personnel. Les écoles de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne sont pas visées pour le moment, mais un syndicat d’enseignants reste sur ses gardes.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) explique que pour l’instant, dans notre région, le programme est présentement offert sur une base volontaire.

Le Programme québécois de brossage supervisé des dents avec un dentifrice fluoré vise à ce que, d’ici 2025, 80 % des enfants reçoivent un brossage supervisé quotidien des dents dans les écoles primaires, et 65 % dans les garderies.

Les éducateurs/intervenants/professeurs sont invités à regarder les capsules sur le site du gouvernement (en présence ou non de l’hygiéniste) et les hygiénistes de la Santé publique sont disponibles pour soutenir l’implantation graduelle du programme. Elles peuvent même se déplacer sur les lieux, ajoute le CIUSSS MCQ par courriel.

Le président du Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges (SEVF), Stéphan Béland, a dit avoir été mis au courant de ce programme lundi matin pour ce qui est des élèves de la maternelle.

Puisque personne n’est ciblé pour exécuter cette tâche, les délégués syndicaux ont été avisés qu’il ne revenait pas aux enseignants de superviser le brossage des dents, a indiqué M. Béland au micro de l’émission En direct. La cour est déjà assez pleine. On travaille justement à notre tâche annuelle présentement et les gens nous en ont parlé à nos délégués qu’ils manquent de temps. […] On en manque déjà pour faire notre premier métier qui est vraiment d'enseigner pour la réussite des élèves.

Bien qu’il ne soit pas contre la vertu, le syndicaliste estime que la réalisation de ce programme est peu réaliste dans le contexte actuel. Quand on regarde dans les établissements actuellement, il y a des écoles qui sont pleines à craquer, des services de garde sont obligés de faire dîner les élèves pendant 30 minutes seulement. Imaginez une classe de 20 élèves à deux minutes chacun, c’est 40 minutes de temps aussi. Donc, ça n’a vraiment pas de sens, a-t-il poursuivi.

Stéphan Béland debout dans les locaux du syndicat à Trois-Rivières.

Stéphan Béland est le président du Syndicat de l'enseignement des Vieilles-Forges (archives)

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

D’autres solutions?

Stéphan Béland voit d’autres façons de faire profiter les élèves du programme, notamment en organisant la visite d’hygiénistes dentaires à l’école à l’occasion d’activités avec les parents. De cette façon, croit-il, la responsabilité de superviser le brossage des dents ne revient pas aux enseignants.

Une étudiante en sciences infirmières de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a justement participé à la création d’un projet pilote qui s’intitule La santé par le jeu. Il permet d’apprendre à travers des ateliers notamment la bonne façon de se brosser les dents.

C’est intéressant, c’est pour ça que l’on a créé La santé par le jeu. Ça serait quelque chose qui pourrait inspirer d’autres personnes en sciences infirmières […], qui sait ça pourrait peut-être être une petite piste de solution que des étudiants et étudiantes soient capables de faire la promotion auprès des enfants, explique Joany Rousseau-Bédard.

Des annonces loin des besoins

Quoi qu’il en soit, la teneur des annonces du genre par rapport aux besoins sur le plancher des écoles est loin de la réalité, a ajouté le président du SEVF. On est loin du concret. On parlait des installations, on pourrait parler du fameux cours [d’éducation] à la sexualité qui est tombé dans notre cour aussi à un moment donné. C’est vraiment pas facile.

Selon lui, la priorité devrait être l’accompagnement des élèves à risque de retard scolaire en raison de la pandémie. Il va falloir y voir avant de commencer à, c’est pas perdre 20, 30, 40 minutes pour le brossage de dents, parce que ça doit se faire en effet, mais pas sur les périodes d’enseignement, s’il vous plaît, a conclu Stéphan Béland.

De son côté, le directeur général du Centre de services scolaire de la Riveraine, Pascal Blondin, dit que les établissements sur son territoire ne sont pas touchés pour le moment. Il affirme avoir appris l’existence de ce programme jeudi matin à la radio.

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