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La mairesse de Gatineau veut repositionner le projet de tramway

Le futur tramway de Gatineau

Un croquis du futur tramway de Gatineau (Archives)

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

France Bélisle est convaincue que le projet de tramway doit être façonné autrement pour débloquer, sans toutefois l'abandonner.

L'élue est témoin quotidiennement de la congestion des routes, aux heures de pointe, dans l’ouest de la municipalité ainsi qu’au centre-ville, ce qui lui démontre l’importance de revoir le dossier.

Si elle croit que le tramway correspond à la vision à long terme de la Ville pour développer la mobilité dans la région, elle souligne qu'il faut quand même une solution à court et moyen terme.

« Ça fait 8 ans qu'on travaille sur un projet qui piétine. Ça n'avance pas. Si on avait un "go" maintenant, ça prendrait entre 10 et 15 ans pour réaliser le tramway. C’est une génération. »

— Une citation de  France Bélisle, mairesse de Gatineau

On a mis tous nos œufs dans le même panier, c’est bien d’avoir une vision à long terme, mais qu’est-ce qu'on fait maintenant? lance l'élue, en répondant aux questions des journalistes.

France Bélisle, lors d'un point de presse.

La mairesse France Bélisle de Gatineau veut revoir le projet de tramway (archives).

Photo : Radio-Canada

Elle explique qu’en repositionnant le dossier du tramway, elle souhaite le faire cadrer dans les programmes existants. Elle qualifie la structure actuelle du dossier de très complexe, en raison de la multitude de partenaires impliqués : la Ville de Gatineau, le gouvernement du Québec, le gouvernement fédéral, le gouvernement de l’Ontario, la Ville d’Ottawa, et la Commission de la capitale nationale (CCN).

France Bélisle estime que le dossier n'avance pas en attendant un éventuel engagement financier du fédéral. Le montage financier du projet tracasse aussi la mairesse. Tout le monde travaille sur un projet de tramway pour lequel toutes les informations n’ont pas été présentées, insiste-t-elle.

L'élue déclare aussi que la Ville doit prendre le dossier en main et en assurer le leadership, à la place de la Société de transport de l’Outaouais (STO).

« Je ne sais pas si ça va aller plus vite, mais on va avancer. Là, on fait du surplace. Et à un moment donné, il faut avoir la lucidité de se dire qu’on fait du surplace. »

— Une citation de  France Bélisle, mairesse de Gatineau

Le président de la STO et conseiller municipal, Jocelyn Blondin, se veut rassurant. Il déclare qu' il n’est pas question de retarder le projet du tramway. Avec les élections provinciales terminées, le représentant du district du Manoir-des-Trembles–Val-Tétreau espère que le dossier pourra débloquer.

« On a besoin de 150 M$ pour faire avancer le restant du projet. C'est pressant. J'espère que d'ici janvier, on va avoir une réponse concrète. »

— Une citation de  Jocelyn Blondin, président de la Société de transport de l'Outaouais

Il répète qu'entretemps, il faut aussi trouver des solutions aux bouchons de circulation qui alourdissent le quotidien des résidents de l’ouest de Gatineau.

La mairesse de Gatineau confirme que la Ville est en réflexion à propos de l'avenir de son projet de tramway. On en discute avec un expert en planification des transports, Pierre Barrieau.

Un processus rigoureux et un consensus clair

Les propos de la mairesse Bélisle ont eu l’effet d’une douche froide sur certains conseillers, comme Bettyna Bélizaire, qui est à la fois conseillère du Plateau et vice-présidente de la STO.

Portrait de l'élue municipale.

Bettyna Bélizaire, conseillère du district du Plateau à Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

L’élue a publié jeudi un communiqué dans lequel elle exprime sa surprise et sa déception devant une telle sortie dans les médias. Elle écrit : J’aurais bien aimé que la mairesse et son équipe prennent le temps d’informer les élus et la STO avant de parler aux journalistes. Je pense que ce serait plus productif comme façon de travailler.

La conseillère Bélizaire réclame une mise au point de la mairesse. Nous avions un CA [de la STO] la semaine dernière et personne ne nous a informés de toutes ces réflexions, se désole-t-elle.

La vice-présidente de la STO affirme qu’elle n’est pas prête à abandonner le projet de tramway, sur lequel planchent, depuis des années, la société de transport et ses partenaires. Chose certaine, des sorties comme celle de ce matin, ça ne nous rapproche pas de la solution, dit Mme Bélizaire.

« Le projet a suivi une démarche sérieuse et rigoureuse. Tous les scénarios ont été étudiés et le consensus est clair, la solution, c’est un tramway dans l’ouest. »

— Une citation de  Bettyna Bélizaire, vice-présidente de la Société de transport de l'Outaouais

Elle ajoute que près de 60 % du projet est déjà financé, et qu’il faut aller chercher le reste.

La conseillère du Plateau demande qu’une présentation soit faite aux élus mardi prochain pour faire le point et rétablir le consensus.

Portrait de l'homme sur un trottoir.

Patrick Robert Meunier, directeur général de MOBI-O, un organisme sans but lucratif (OSBL) qui a pour mission de favoriser le développement, la mise en œuvre et la promotion de solutions en matière de mobilité durable (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Patrick Robert-Meunier, le directeur général de Mobi-O, dit comprendre l’impatience de la mairesse dans le dossier du tramway.

On s'entend que ce qui manque, c'est l'engagement du fédéral. Ça fait plusieurs mois, même plusieurs années qu'on le dénonce, souligne-t-il. Le spécialiste de la mobilité durable rappelle qu’après des années d'études et de consultations, il y a un consensus dans ce dossier auquel adhèrent non seulement la Ville de Gatineau, mais aussi Ottawa et la CCN.

Plutôt que d'abandonner le projet, il faut s'atteler à la tâche, mettre davantage de pression sur le fédéral, qui est le joueur qui ne bouge pas actuellement, soutient Patrick Robert-Meunier.

Avec les informations de Fiona Collienne et d'Ismaël Sy

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