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Un an plus tard, les sans-abris du camp Hope se préparent à affronter le froid

Le campement de sans-abris Hope (anciennement Camp Marjorie) dans le parc communautaire Core de Regina, en Saskatchewan, à l'automne 2021.

Le camp Hope a vu le jour après la mort d'une femme sans-abri nommée Marjorie. Elle a succombé à une surdose dans le parc Victoria en octobre 2021. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Radio-Canada

Il y a un an, le camp Hope, dans le parc Core, à Regina, a commencé à prendre forme. Cette année, sans ce campement, les personnes sans-abris de la Ville Reine doivent faire face à un autre hiver sans logement.

À son apogée, le camp Hope comptait environ 70 tentes et plus de 100 résidents, selon l'organisatrice du camp, Alysia Johnson, qui est désormais la porte-parole de l'organisation Rally Around Homelessness.

Toutes les conditions étaient réunions pour que cela tourne mal. Il y avait des changements dans les services sociaux qui avaient un impact négatif sur les gens. Il y a eu la crise de l'épidémie d'opioïdes, qui a battu des records l'année dernière, dit Alysia Johnson.

Le campement a été démantelé par la Ville l’automne dernier. Depuis, les conditions de vie actuelles des personnes sans-abris sont pires qu'au camp Hope, selon Randy, un homme qui y habitait et qui n’a pas voulu dévoiler son nom de famille.

Il souligne que le campement était chauffé et qu'il bénéficiait de nombreux dons de la communauté. Il vit présentement avec d'autres personnes sans-abri dans un autre petit campement.

Ici, c'est plus rude, dit Randy. Je veux que ces gens aient un logement, pas pour un an ou six mois, mais qu'ils trouvent un endroit à long terme.

Un homme devant un campement.

L'organisation Rally Around Homelessness encourage le public à se rendre au parc Core, le 8 octobre prochain, et à faire don pour faciliter l'hiver des sans-abris.

Photo : CBC / Laura Sciarpelletti

Un hiver au froid

La Ville de Regina a déclaré que, si un autre village de tentes comme le camp Hope apparaît cet hiver, elle le démolirait.

La réalité est qu'il y a un point de rupture lorsqu'il y a trop de [tentes] et que cela se transforme en quelque chose de différent , dit la mairesse de Regina, Sandra Masters.

Alysa Johnson affirme que, avec le froid qui s’installe, de plus en plus de gens vont tenter de s'abriter dans des hangars.

La Ville affirme qu’une initiative est en cours pour offrir du logement rapide à Regina. Un ensemble de 29 unités permanent proposant des services de soutien est en préparation par la Silver Sage Housing Corporation, la Ville et le Regina Treaty Status Indian Services.

Les unités étaient déjà censées être prêtes, mais le projet a pris du retard. La date d'achèvement prévue est maintenant août 2023 en raison de problèmes d'approvisionnement liés à la pandémie.

Malgré tout, la mairesse de Regina soutient que ces logements sont essentiels.

« Nous allons atteindre un point où la température ne permettra plus que la construction continue, et il faudra donc trouver d'autres formes d'abris. »

— Une citation de  Sandra Masters, mairesse de Regina

Ce n'est pas idéal, mais cela permet de garder les gens en vie.

Le ministère des Services sociaux de la Saskatchewan affirme qu’il s'efforçait également de lutter contre l'itinérance chronique avec des partenaires comme le Regina Treaty Status Indian Services et l'Armée du Salut pour offrir des lits d'hébergement d'urgence.

Une femme dans un parc.

Alysia Johnson affirme que, parmi les occupants du camp Hope qui n'ont pas été transférés dans des logements temporaires, près d'une personne sur cinq est morte depuis l'automne dernier.

Photo : CBC / Laura Sciarpelletti

Un problème plus vaste

Le 12 novembre 2021, la Ville a annoncé un plan visant à déplacer certains occupants du camp Hope dans un refuge d'urgence intérieur géré en collaboration avec le Regina Treaty Status Indian Services. Il comptait 40 lits, ce qui n'était pas suffisant pour loger tout le monde.

Selon Alysia Johnson, certains de ceux qui ne sont pas allés dans le refuge ont été envoyés dans des hôtels, d'autres sont restés sur place. À l'époque, ceci n'était qu'une solution temporaire.

Était-ce la solution parfaite? Je ne crois pas qu'elle l'ait été, car je ne pense pas que les ressources nécessaires sont disponibles, affirme la directrice générale du Regina Treaty Status Indian Services, Erica Beaudin.

Elle ajoute que de nombreux sans-abris dans la ville sont des Autochtones et que le manque de logements fiables n'est qu'une partie du problème.

Erica Beaudin mentionne d'autres facteurs en cause : .Le déplacement de leur terre natale, le déplacement des systèmes familiaux, des réactions et des interactions incroyablement négatives avec le gouvernement, surtout en ce qui concerne l'éducation, la santé, le système pénal, le système de protection de l'enfance...

Tant qu'il n'y aura pas de ressources, de compréhension et de soutien […] ces problèmes reviendront toujours hanter la personne, explique-t-elle.

Avec les informations de Laura Sciarpelletti

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