•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La libération et la mort d’un homme considéré comme dangereux choquent à Vancouver

Une femme se trouve sur le toit d'un immeuble à Vancouver et regarde la rue.

Quelques jours avant sa mort, Van Chung Pham a été officiellement accusé d’avoir drogué et agressé une femme dans sa chambre.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Radio-Canada

La famille d'une adolescente qui a été retrouvée morte et une femme qui dit avoir été agressée sexuellement par un homme considéré comme dangereux sont outrées d'apprendre qu'il avait été libéré malgré les craintes de certaines autorités.

Le corps de Noelle O'Soup, une adolescente autochtone de 14 ans et celui d'une autre femme ont été retrouvés dans l'appartement de Van Chung Pham à Vancouver, en mai dernier.

Van Chung Pham lui-même est mort deux mois plus tôt, mais les policiers n'avaient pas trouvé les corps des deux femmes à ce moment-là. Ce n'est qu'au mois de mai, lorsque des voisins se sont plaints d'odeurs désagréables, que les policiers ont trouvé les restes des deux femmes.

Des documents obtenus par CBC révèlent que l'homme a été libéré de la garde à vue de l'immigration alors qu'il était considéré comme dangereux pour les femmes vulnérables.

Cela me rend malade, a confié l'oncle de Noelle O'Soup, Cody Munch, à CBC. Il dit être bouleversé par ces informations et se demande si les autorités auraient pu en faire plus pour protéger sa nièce.

Dédales juridiques

L'extradition de Van Chung Pham, 46 ans, a d'abord été ordonnée en 2016 après une série de condamnations criminelles pour des entrées par effraction et du trafic de drogues.

À plusieurs reprises, l'homme a été libéré sous certaines conditions, mais il ne les a jamais respectées.

Il a été libéré pour la dernière fois à la suite d'audiences devant le Tribunal de l'immigration et des réfugiés, le 14 octobre 2020.

« Je crois que [Van Chung Pham] donne des drogues aux femmes vulnérables pour qu'elle couche avec [lui] et je crois [qu'il] est un danger pour le public. »

— Une citation de  Un membre du Tribunal de l'Immigration et des Réfugiés, lors des audiences

Le tribunal a, par contre, expliqué qu'il était impossible d'obtenir les documents de voyage nécessaires pour le renvoyer au Vietnam et qu'il n'y avait donc aucune raison liée à l'immigration de prolonger son incarcération.

Une femme de dos assise sur un lit.

Van Chung Pham donnait régulièrement des drogues à de jeunes femmes vulnérables du quartier Downtown Eastside à Vancouver, affirme une femme qui l'a connu.

Photo : Shutterstock / Yupa Watchanakit

Une victime sous le choc

Une femme qui a connu Van Chung Pham est aussi sous le choc.

Elle affirme que, à une occasion, celui-ci lui a donné des drogues puissantes et l’a agressée sexuellement.

Elle a porté plainte auprès des autorités. Quelques jours avant de mourir, Van Chung Pham a été officiellement accusé de l’avoir droguée et agressée.

CBC a recueilli son témoignage sous le couvert de l’anonymat, puisque son identité est frappée d'un interdit de publication.

Lorsque j'ai appris que deux corps avaient été retrouvés dans son appartement, cela m'a fait un choc parce que je suis allée dans cet immeuble à de multiples reprises, confie-t-elle.

La femme raconte que Van Chung Pham donnait régulièrement des drogues à de jeunes femmes vulnérables du quartier Downtown Eastside, à Vancouver.

Elle ajoute qu’elle ne serait jamais allée dans son appartement si elle avait su qu’il était en détention quelques semaines plus tôt.

Elle est hantée par l'idée que deux femmes sont mortes dans l'immeuble où elle a été agressée. C'est déchirant. J'ai de la peine pour leurs familles.

L'oncle de Noelle O'Soup, Cody Munch, est d'avis que les autorités n'ont pas agi assez rapidement et que, si Van Chung Pham n'était pas mort d'une surdose, beaucoup d'autres femmes auraient pu connaître le même sort que sa nièce.

Avec les informations de Jason Proctor et Michelle Ghoussoub

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !