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Iran : au moins 82 morts dans la répression des manifestations à Zahédan

Ce bilan a été aggravé par une pénurie de sang et de fournitures médicales, selon Amnistie internationale.

Un rang de policiers en habit antiémeute.

Les forces antiémeutes de la République islamique, à Téhéran, le 3 octobre. Des manifestations secouent tout l'Iran depuis plus de trois semaines.

Photo : via reuters / Agence Wana

Agence France-Presse

Au moins 82 personnes ont été tuées depuis vendredi dans la répression des manifestations qui ont éclaté à Zahédan, dans le sud-est de l'Iran, a affirmé jeudi l'ONG Amnistie internationale, au moment même où tout l'Iran est secoué par une importante vague de protestation.

Les forces de sécurité iraniennes ont illégalement tué au moins 66 personnes, dont des enfants, et blessé des centaines d'autres après avoir ouvert le feu à balles réelles et tiré des billes de plomb et des gaz lacrymogènes sur des manifestants, des passants et des fidèles lors des manifestations du 30 septembre dans cette ville de la province du Sistan-Baloutchistan, selon l'organisation.

Depuis lors, précise Amnistie, 16 autres personnes ont été tuées dans des incidents séparés à Zahédan dans le cadre de la répression continue de ces manifestations.

En outre, les éléments recueillis auprès de militants, de familles des victimes, de témoins oculaires et les images et vidéos des manifestations suggèrent que le nombre réel de morts à Zahédan est susceptible d'être plus élevé, poursuit l'ONG, qui ajoute qu'au moins trois enfants sont morts depuis le 30 septembre.

« La majorité des victimes ont reçu des balles dans la tête, le cœur, le cou et le torse, révélant une intention claire de tuer ou de blesser gravement. »

— Une citation de  Amnistie internationale

Toujours selon Amnistie internationale, le nombre de morts a été aggravé par une pénurie de sang, de bandages et d'autres fournitures médicales, ce qui signifie que beaucoup de blessés sont morts de leurs blessures et que le bilan pourrait encore s'alourdir.

Selon l'ONG Iran Human Rights, les manifestations ont été déclenchées par des accusations selon lesquelles un chef de police de la ville portuaire de Chabahar, également située dans la province du Sistan-Baloutchistan, aurait violé une adolescente de 15 ans appartenant à la minorité sunnite baloutche.

L'accusation avait été rendue publique en septembre par le responsable de la prière du vendredi dans la ville de Rask, au sud de Zahédan, provoquant des manifestations qui se sont ensuite propagées à la principale ville de la région.

De leur côté, les médias proches du pouvoir, qui ont décrit les affrontements de Zahédan comme un incident terroriste dirigé contre un poste de police, ont fait état d'une vingtaine de personnes tuées, dont six membres des forces de l'ordre, y compris le chef provincial des Renseignements des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Selon Abdollah Aref, directeur de l'ONG Baluch Activists Campaign, la situation à Zahédan est désormais revenue au calme, bien que de nouvelles manifestations soient possibles après la prière de ce vendredi.

De nombreuses personnes ont toutefois été arrêtées lors d'opérations de répression visant les individus ayant pris part aux manifestations, a ajouté M. Aref, tout en précisant que le nombre exact de ces arrestations n'est pas encore tiré au clair.

Ces affrontements ont éclaté dans un contexte déjà tendu. L'Iran est secoué depuis plus de deux semaines par une vague de manifestations dans tout le pays après la mort de Mahsa Amini, une Iranienne kurde de 22 ans, décédée trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique, qui oblige notamment les femmes à porter le voile dans l'espace public.

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