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Archives

Faire du bon vin dans la péninsule du Niagara

Des vendangeurs cueillent des raisins au sécateur dans deux rangs de vigne.

À l'automne, les vendanges se mettent en branle dans la région de la péninsule du Niagara en Ontario.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Depuis quand produit-on du vin dans la péninsule du Niagara? Des reportages tirés de nos archives témoignent de la longue tradition vinicole ontarienne et du tournant pris dans les années 1970.

À l’émission Aujourd’hui du 1er novembre 1963, le journaliste Jean Ducharme s’intéresse à l’industrie vinicole dans la région de la péninsule du Niagara qu’il visite durant la période des vendanges.

Reportage de Jean Ducharme sur l'industrie vinicole dans la péninsule du Niagara en Ontario.

À l’époque, les vignes de cette région ontarienne produisent 40 000 à 50 000 tonnes de raisins, dont 30 000 servent à fabriquer du vin.

Nul besoin de se rendre en Europe ou en Californie pour assister à des vendanges. Dans cette région au climat tempéré propice à la viticulture, les premières vignes ont été plantées vers 1830, nous apprend Jean Ducharme.

Le journaliste offre aux téléspectateurs une visite des installations d’un vignoble de la péninsule du Niagara. La transformation du vin y est mécanisée, ce qui est peut-être moins romantique et artisanal, mais beaucoup plus rapide et efficace, souligne-t-il.

Dans le cellier aux dimensions impressionnantes, Jean Ducharme procède à une dégustation. Les plus anciennes barriques de chêne dans lesquelles le vin vieillit datent de la fondation de la maison en 1874, mais on y produit surtout du vin de table qui aura vieilli durant deux ans.

La maison produit également du sherry, un vin passe-partout qu'on peut boire comme apéritif, comme vin de dessert et même pendant le repas, un porto qui vieillit de trois à quatre ans et le roi des vins, le mousseux Président.

Un vin se démarque de cette production somme toute assez modique : un premier bourgogne canadien conçu à partir d’une variété de vigne Maréchal Foch plantée en 1949.

Je porte un toast à l'industrie vinicole canadienne qui, il faut bien le dire, fait de louables efforts pour créer des produits qui peuvent honnêtement se placer à côté des vins internationaux, déclare sans grande conviction le journaliste Jean Ducharme.

Reportage de Pierre Laporte sur le tournant pris dans la qualité des vins produits dans la péninsule du Niagara en Ontario.

Il faudra attendre les années 70 pour que l’industrie vinicole ontarienne produise des vins de plus grande qualité. C’est ce que nous expose ce reportage à l’émission Reflets d’un pays du 13 août 1985.

Les plus anciennes variétés de raisins exploitées dans la péninsule du Niagara n’étaient pas en mesure de donner un vin qui se démarque, explique le journaliste Pierre Laporte. C’est en plantant des espèces de vignes européennes, puis en créant des variétés hybrides au cours des années 1950 et 1960 que les vignerons ontariens ont pu arriver à une amélioration très nette de la qualité du vin.

Située sur le même parallèle que les grands vignobles d'Italie et d'Espagne, la région de la péninsule du Niagara offre de surcroît un climat idéal pour la culture de fruits à peau tendre. Sur les 40 000 hectares de cette étroite bande de terres agricoles qui longe le lac Ontario, 26 000 hectares sont consacrés à la viticulture en 1985.

Le lac Ontario joue aussi un rôle majeur sur le climat de la région, nous apprend le journaliste. Il absorbe et retient des quantités importantes de chaleur, qu'il libère lorsque l'air ambiant et la terre sont plus froids que l'étendue d'eau.

Puis un autre acteur participe à l’amélioration de la qualité des vins ontariens. L’Institut de recherche horticole de l'Ontario a pris le secteur de la viticulture sous sa responsabilité dans les années 1960, devenant le centre de recherche le plus sophistiqué dans ce domaine en Amérique du Nord.

Les viticulteurs de l’Institut créent de nouvelles variétés de raisins en collaboration avec les vignerons de la région. Le journaliste assiste aussi à des tests de contrôle de qualité et à des dégustations à l’aveugle qui y sont effectués afin de s’assurer que les vins ontariens vendus sur les tablettes répondent aux normes.

Portrait du vigneron Paul Bosc dont les vins ont été maintes fois primés grâce à son choix de vignes en provenance d'Europe.

Paul Bosc, propriétaire du vignoble Château des Charmes est l’un des vignerons du Niagara qui a participé à ce tournant.

Arrivé au Canada dans les années 1960, il a souhaité poursuivre une tradition familiale de culture de la vigne qui s’inscrivait dans une lignée de cinq générations en Algérie.

Nous savions planter de la vigne. Nous savions faire pousser des raisins. C'est tout ce que nous savions. C'était simplement les raisins et faire du vin, explique sa partenaire Andrée Bosc à l’émission C’est ça la vie du 24 octobre 2008.

Paul et Andrée Bosc voyaient la péninsule du Niagara comme une région très adéquate pour faire pousser des vignes européennes, qui donnent, selon eux, de meilleurs vins. Ils ont choisi d’y planter la variété Vitis vinifera.

À partir des années 1970, les vins du Château des Charmes ont commencé à faire fureur dans les expositions viticoles. Les prix et les médailles se sont accumulés. Tous les dégustateurs ne pouvaient pas croire qu'on arrivait à faire des vins comme ça dans l'est de l'Amérique du Nord, raconte Paul Bosc au journaliste Mark Chambers.

Comme les Européens diraient, on a découvert l'Amérique, conclut le vigneron ontarien. Pour nous, tout a bien marché. On espère passer ça à la génération prochaine, qui passera ça à la génération d'après.

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