•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Brossage de dents supervisé dans les écoles : irréaliste, disent les syndicats

Du dentifrice sur une brosse à dent.

Ce nouveau programme supervisé de brossage de dents est dénoncé par les syndicats des enseignants.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec s'apprête à lancer un nouveau programme supervisé de brossage de dents, à l'école primaire comme à la garderie. Une initiative dénoncée par des syndicats d'enseignants, frappés durement par les pénuries de personnel.

Le Programme québécois de brossage supervisé des dents avec un dentifrice fluoré a été mis sur pied par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en 2017, mais son déploiement a été retardé par la pandémie.

L'objectif est d'assurer que, d'ici 2025, 80 % des enfants recevront un brossage supervisé quotidien des dents dans les écoles primaires, et 65 % dans les garderies.

Le MSSS prioriserait les CPE, les garderies subventionnées et les écoles primaires qui desservent des populations défavorisées, puisque ce sont elles qui sont les plus touchées par la carie dentaire.

Des syndicats estiment néanmoins que ce n'est pas aux écoles de superviser ce genre de programme, particulièrement dans un contexte de pénurie de personnel.

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) y voit une intention louable, mais complètement irréaliste.

« Les enseignants en ont suffisamment à faire sans qu'on commence à leur imposer de superviser le brossage de dents des élèves. Commençons par régler le problème de pénurie et après on regardera qui peut remplacer la fée des dents. »

— Une citation de  Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement

Même son de cloche du côté de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement. Nous, la cour est pleine, dénonce son président Nicolas Prévost, ajoutant que les enseignants sont souvent envahis par des tâches connexes.

Richard Bergevin, président du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie, estime que l'école n'a pas à jouer un rôle de parent. On pense que ce n'est pas notre rôle de s'assurer que les enfants se brossent les dents tous les jours [...] Nous, on est spécialisés dans la lecture, l'écriture, les mathématiques, ce qui est autour de ça, a-t-il déclaré en entrevue à Radio-Canada.

Ce dernier propose d'inviter un hygiéniste dentaire pour faire une séance d'information devant les jeunes.

La prévention commence tôt

La Dre Marie-Claude Roy, présidente de l'Association des pédiatres du Québec, salue quant à elle l'initiative de prévention, mais estime elle aussi qu'il faut une concertation avec les acteurs du milieu. Selon elle, il faut élargir la prévention, mais le gouvernement ne peut mettre uniquement le fardeau sur les épaules des garderies et des écoles.

Dans une entrevue accordée à l'émission Tout un matin sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, Mme Roy rappelle que la prévention des caries se fait dès les premières années de vie, avant d'entrer à l'école.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !